Publié le 29 novembre 2023. L’odeur corporelle, souvent perçue comme une question d’hygiène, peut en réalité signaler des problèmes de santé sous-jacents. Des médecins alertent sur sept odeurs inhabituelles qui pourraient être des indicateurs précoces de maladies.
- Une odeur de dissolvant pour vernis à ongles peut indiquer un taux élevé de cétones, potentiellement lié à un diabète non contrôlé.
- Une odeur aigre, rappelant le vinaigre, pourrait signaler une thyroïde hyperactive.
- Une odeur d’ammoniac dans la sueur peut être un signe de troubles rénaux.
La plupart d’entre nous considèrent les odeurs corporelles comme un simple problème d’hygiène personnelle. Pourtant, les professionnels de la santé soulignent que certaines fragrances inhabituelles peuvent servir de « signaux d’alarme » précoces, révélant des anomalies internes. La sueur elle-même est quasiment inodore ; c’est la modification de la chimie corporelle, des hormones ou de l’activité microbienne qui provoque les changements d’odeur.
Plusieurs études cliniques, dont des travaux publiés dans le Journal of Biochemistry, démontrent que ces variations olfactives peuvent refléter des perturbations métaboliques, des infections, voire des troubles neurologiques.
Une odeur de dissolvant pour vernis à ongles
Certaines personnes perçoivent une odeur fruitée ou d’acétone émanant de leur haleine ou de leur peau. Les médecins associent ce parfum à des niveaux élevés de cétones. Une étude du NIH explique que lorsque l’organisme ne parvient pas à utiliser correctement le sucre, il brûle les graisses plus rapidement, produisant ainsi des cétones. Ce phénomène peut survenir en cas de diabète non contrôlé, notamment lors d’une acidocétose diabétique (ACD). Cette odeur apparaît souvent avant l’apparition de symptômes plus graves, ce qui en fait un signal d’alerte précoce précieux.
Une odeur aigre, semblable à celle du vinaigre
Une odeur piquante et aigre peut signaler une thyroïde hyperactive. Une thyroïde hyperactive accélère le métabolisme, entraînant une production accrue de sueur à l’odeur acide distinctive. L’hyperthyroïdie augmente la production de chaleur et l’activité des glandes sudoripares, intensifiant ainsi les odeurs acides. Cette odeur devient plus prononcée après un effort physique léger et s’accompagne souvent d’un rythme cardiaque rapide, d’anxiété et d’une perte de poids.
Une forte odeur de type ammoniac
Une odeur d’ammoniac provenant de la sueur ne passe pas inaperçue pour les cliniciens. Les personnes souffrant d’une fonction rénale réduite peuvent excréter davantage d’urée par la sueur. La décomposition de cette urée sur la peau libère de l’ammoniac. Cette odeur peut se manifester à un stade précoce d’une maladie rénale chronique, avant l’apparition de symptômes tels que des œdèmes ou une fatigue.
Une odeur douce et de levure
Une odeur sucrée ou rappelant le pain peut indiquer une prolifération incontrôlée de levures sur la peau ou dans les plis cutanés. Les médecins observent cette odeur dans les zones humides comme les aisselles, l’aine ou sous les seins. Elle persiste généralement même après le bain.
Une odeur de poisson pourri
Bien que rare, cette odeur est particulièrement distinctive. La triméthylaminurie est un trouble métabolique dans lequel l’organisme est incapable de décomposer la triméthylamine, un composé à l’odeur de poisson pourri. Des études du NIH montrent que cette odeur peut se manifester non seulement dans la sueur, mais aussi dans l’haleine et l’urine. Les médecins associent souvent cette pathologie à des modifications génétiques ou, plus rarement, à des problèmes hépatiques affectant l’activité enzymatique.
Une odeur de moisi ou de « sous-sol humide »
Lorsque le foie a du mal à éliminer les toxines, l’organisme peut libérer une odeur de moisi et de renfermé, souvent appelée fetor hepaticus. Des recherches du NIH expliquent que les personnes atteintes d’une maladie hépatique avancée libèrent des composés soufrés par l’haleine et la peau, provoquant cette odeur caractéristique. Les médecins considèrent cela comme un signe important de la diminution de la capacité de filtration du foie.
Une odeur métallique ou âcre
Certaines infections bactériennes peuvent provoquer des odeurs piquantes, métalliques ou âcres. Des bactéries telles que Corynebacterium, Staphylococcus et Pseudomonas peuvent transformer la sueur en composés malodorants. Les médecins tiennent compte de cette odeur lors de l’évaluation d’infections cutanées, de plaies infectées ou de changements inhabituels au niveau des aisselles ou de l’aine.
Avertissement : cet article est destiné à une information générale et ne doit pas être utilisé à des fins de diagnostic. L’odeur corporelle à elle seule ne peut confirmer aucun problème médical. Toute personne constatant un changement soudain ou persistant dans son parfum naturel doit consulter un professionnel de la santé qualifié pour une évaluation appropriée.
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