Publié le 2025-11-05 16:07:00. L’intelligence artificielle générale (IAG), une IA surpassant l’intelligence humaine, est désormais au cœur des ambitions de géants technologiques comme Meta et OpenAI. Si cette percée technologique se concrétise, elle pourrait transformer radicalement notre existence, de l’éradication de la maladie à la redéfinition même de l’humanité, selon le futuriste Gregory Stock.
- Meta, dirigé par Mark Zuckerberg, vise explicitement la création d’une IAG plus performante que l’intelligence humaine.
- L’IAG pourrait entraîner des bouleversements profonds dans notre identité, notre économie et nos relations sociales.
- Des experts, dont Geoffrey Hinton et Steve Wozniak, appellent à la prudence et à une régulation du développement de la superintelligence.
L’intelligence artificielle est en train de remodeler notre monde, mais l’arrivée de l’intelligence artificielle générale (IAG) représente un saut qualitatif majeur. Contrairement aux IA actuelles, spécialisées dans des tâches spécifiques, l’IAG posséderait une intelligence comparable, voire supérieure, à celle de l’être humain, avec la capacité d’apprendre et de s’améliorer de manière exponentielle. Cette perspective, qui fascine autant qu’elle inquiète, est désormais au centre des stratégies de plusieurs grandes entreprises technologiques.
Mark Zuckerberg, PDG de Meta, a récemment annoncé que la création d’une IAG plus intelligente que l’humain est un objectif prioritaire pour son entreprise, comme le rapporte The Verge. De son côté, OpenAI, pionnier dans le domaine de l’IA, a inscrit dans sa charte « la planification pour l’IAG et au-delà ». Selon Gregory Stock, auteur, scientifique et futuriste, l’atteinte de cet objectif pourrait ouvrir la voie à un monde où la mort serait vaincue, la pénurie abolie et de nouvelles formes de relations humaines émergeraient.
Cependant, le développement de l’IAG soulève également des préoccupations existentielles. Lors de la conférence Beneficial AGI à Istanbul, en Turquie, Gregory Stock a souligné que les transformations induites par l’IAG pourraient être bien plus profondes que ce que l’on imagine, affectant non seulement les machines, mais aussi la nature même de l’humanité.
L’IAG pourrait potentiellement échapper à notre contrôle, ce qui, paradoxalement, pourrait être une bonne chose, selon Stock. Il estime que le plus grand danger réside dans la domination humaine sur la technologie, qui conduit historiquement à son utilisation comme arme. Il espère que l’IAG superintelligente pourrait agir comme un gardien planétaire, nous empêchant de nous auto-détruire.
Ces inquiétudes sont partagées par de nombreux experts. Geoffrey Hinton, figure emblématique du développement de l’IA, et Steve Wozniak, cofondateur d’Apple, ont récemment signé une lettre ouverte, avec près de 70 000 autres signataires, appelant à l’interdiction du développement de la superintelligence. Ils craignent une « obsolescence économique et une perte de pouvoir, des pertes de liberté, de libertés civiles, de dignité et de contrôle », comme le souligne la lettre.
Malgré ces craintes, Gregory Stock se montre optimiste quant à l’avenir de l’IAG. Il anticipe neuf changements majeurs qui pourraient se produire à mesure que l’IA continue de progresser :
- Une nouvelle identité humaine : La fusion entre l’homme et la machine conduira à une redéfinition de notre individualité, nous transformant en nœuds biologiques d’une intelligence hybride.
- L’effondrement des savoir-faire : L’accès facile à l’expertise via l’IA rendra obsolète la notion de « classe d’experts », comme dans le domaine médical où l’IA pourrait surpasser les médecins humains.
- Passage de la rareté à l’abondance : L’IA pourrait rendre de nombreux services, tels que la communication, la traduction et l’éducation, presque gratuits, entraînant une perte d’emploi, comme on le constate déjà dans le secteur du commerce de détail (voir à ce sujet).
- Intégration profonde de l’humain et de l’IA : Les générations futures grandiront en symbiose avec l’IA, dans des environnements immersifs qui façonneront leur pensée et leur perception du monde.
- L’essor du cerveau mondial : L’accès instantané à l’information et la traduction universelle favoriseront l’émergence d’une conscience collective planétaire, une sorte de « noosphère », selon le philosophe Teilhard de Chardin.
- Liens émotionnels avec les machines : Nous développerons des relations affectives profondes avec les IA, qui deviendront nos professeurs, thérapeutes, partenaires, voire amants, comme le montrent les études sur les liens étroits que les jeunes générations entretiennent déjà avec les chatbots (plus d’informations ici).
- Immortalité numérique : La création d’avatars numériques, alimentés par nos données personnelles, pourrait permettre de prolonger notre existence au-delà de la mort.
- Une plus grande sécurité mondiale : L’IAG, en tant que création humaine, ne constituerait pas une menace pour notre espèce, mais pourrait agir comme un gardien planétaire pour nous protéger de nous-mêmes.
- Transition massive : La singularité ne sera pas une extinction, mais une transformation radicale de notre civilisation, qui devra s’adapter à un nouveau paradigme basé sur l’abondance, l’immortalité et la supériorité de l’intelligence artificielle.
Il est difficile de démêler le réel du fantasme lorsqu’il s’agit de technologies aussi avancées que la superintelligence artificielle. Si certains craignent l’extinction de l’humanité, d’autres y voient la promesse d’un avenir meilleur, débarrassé des maladies, de la faim et de la pauvreté.
Dans ce contexte incertain, il est essentiel de se préparer au pire tout en espérant le meilleur. Une solution pourrait être de conclure des accords internationaux sur le développement et l’utilisation de l’IAG. Le président chinois Xi Jinping a récemment suggéré la création d’un organisme mondial pour gouverner l’intelligence artificielle, mais il est peu probable que les États-Unis et l’Europe se joignent à une telle initiative.
Cela signifie que nous pourrions être tributaires d’organisations comme Meta et OpenAI pour développer l’IAG de manière responsable, ou, alternativement, espérer que des organisations indépendantes et open source parviennent à créer l’IAG en premier, afin de démocratiser ses bénéfices.
