Home Santé900 femmes meurent en couches en 2025 – Le ministère du Genre prévient que le Ghana n’est pas sur la bonne voie en matière de santé maternelle

900 femmes meurent en couches en 2025 – Le ministère du Genre prévient que le Ghana n’est pas sur la bonne voie en matière de santé maternelle

by Sophie Martin

Publié le 24 décembre 2025 17:22:00. L’inquiétude monte au Ghana face à une stagnation, voire une légère augmentation, de la mortalité maternelle. Près de 900 femmes sont décédées en 2025 des suites de complications liées à la grossesse et à l’accouchement, menaçant les objectifs de développement durable du pays.

  • Le Ghana risque de ne pas atteindre l’objectif de développement durable (ODD) visant à réduire la mortalité maternelle à 70 décès pour 100 000 naissances vivantes d’ici 2030.
  • Les principaux facteurs contribuant à cette situation sont la faiblesse des systèmes de santé, les retards dans les soins prénatals et les difficultés d’accès aux transports d’urgence.
  • Le gouvernement ghanéen s’engage à intensifier ses interventions, notamment en élargissant la couverture de l’assurance maladie et des programmes de protection sociale.

La situation de la santé maternelle au Ghana est jugée préoccupante par le ministère du Genre, de l’Enfance et de la Protection sociale. Lors d’un forum de haut niveau organisé à Accra, la ministre Agnes Naa Momo Lartey a exprimé son inquiétude face à un nombre de décès maternels qui reste inacceptable malgré des investissements considérables dans le secteur de la santé.

Les chiffres sont alarmants : environ 900 femmes ont perdu la vie en 2025 à cause de complications liées à la grossesse et à l’accouchement. Oye Bampo, chef de cabinet adjoint du cabinet du président, a même averti que ce nombre pourrait dépasser les 1 000 avant la fin de l’année si des mesures urgentes ne sont pas prises.

L’amélioration du taux de mortalité maternelle au cours de la dernière décennie a été marginale. Il est passé de 316 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2010 à 301 en 2020. Plus récemment, les données des services de santé ghanéens révèlent une légère augmentation, passant de 100 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2023 à 102 en 2024. Ces chiffres mettent en évidence un point mort dans les progrès réalisés.

Selon le Dr Hafez Adam Taher, directeur de la coordination technique et de la planification sanitaire au ministère de la Santé, le Ghana est actuellement en retard sur ses objectifs de mortalité maternelle dans le cadre de la feuille de route pour la couverture sanitaire universelle. Il a souligné les lacunes persistantes en matière de transport d’urgence, de disponibilité du sang et des systèmes de transfusion, ainsi que les faiblesses des chaînes d’approvisionnement en produits essentiels de santé maternelle et le manque de cohérence dans la mise en œuvre des mécanismes de surveillance des décès maternels et néonatals.

La ministre du Genre a insisté sur le fait que la mortalité maternelle ne se limite pas à un problème de santé publique, mais constitue également une crise du développement national et une violation des droits de l’homme. Elle a même révélé que le ministère du Genre lui-même a enregistré un décès maternel parmi les près de 900 cas recensés cette année.

Pour inverser cette tendance, le gouvernement ghanéen prévoit d’intensifier ses interventions, notamment en élargissant la couverture du régime national d’assurance maladie (NHIS) et en renforçant les programmes de protection sociale dans le cadre de l’initiative Mahama Cares. L’objectif est de réduire les obstacles financiers et logistiques à l’accès aux soins maternels d’urgence.

Mme Lartey a lancé un appel à une réponse collective, impliquant les chefs traditionnels et religieux, les familles, les autorités locales, la société civile, les médias et le secteur privé.

« Sauver la vie des femmes n’est pas de la charité ; c’est de la justice »

Agnes Naa Momo Lartey, Ministre du Genre, de l’Enfance et de la Protection sociale

Elle a averti que sans une action urgente et coordonnée, l’accouchement continuera de coûter la vie à des femmes ghanéennes.

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