L’OPEP+ a confirmé une nouvelle augmentation significative de sa production pétrolière pour le mois de septembre, une décision largement anticipée par les marchés. Cette hausse, combinée aux incertitudes géopolitiques concernant les approvisionnements russes, maintient une pression sur les prix et suscite une activité accrue des spéculateurs.
Le groupe OPEP+ a annoncé une augmentation de l’offre de 547 000 barils par jour (b/j) pour septembre, mettant fin aux coupes volontaires de production totalisant 2,2 millions de b/j mises en place précédemment. Les analystes estiment que l’OPEP+ pourrait en avoir terminé avec ses hausses d’offre, compte tenu de la baisse de la demande après la période estivale et de l’augmentation des stocks.
Cependant, l’évolution des flux pétroliers russes représente un facteur d’incertitude majeur. L’administration américaine menace d’imposer des sanctions à l’Inde pour ses achats de pétrole russe, ce qui pourrait potentiellement réduire l’offre mondiale de 1,7 million de b/j si les raffineries indiennes cessaient leurs achats. Un tel scénario pourrait annuler l’excédent d’offre prévu au quatrième trimestre 2025 et donner à l’OPEP+ l’opportunité de réduire davantage sa production, à hauteur de 1,66 million de b/j.
Les États-Unis n’ont pour l’instant pas ciblé les flux pétroliers russes vers la Chine. Si cette situation venait à changer, le marché pourrait se resserrer considérablement, obligeant l’OPEP+ à puiser davantage dans ses capacités de production de réserve.
Les inquiétudes concernant d’éventuelles sanctions secondaires imposées aux pays importateurs de pétrole russe ont conduit les spéculateurs à adopter une position plus optimiste. Les positions nettes longues sur le pétrole brut ont augmenté de 33 959 contrats pour atteindre 261 352 contrats, grâce à de nouveaux achats et à la couverture de positions courtes.
Les spéculateurs restent également optimistes quant aux distillats moyens, augmentant leur position nette longue sur le gasoil de 2 464 contrats pour atteindre 100 644 contrats, le niveau le plus élevé depuis mars 2022. Toutefois, une baisse de cette position pourrait être observée lors de la prochaine publication, compte tenu de la récente baisse des prix du gasoil.
Aux États-Unis, l’activité des plateformes de forage continue de diminuer, malgré la stabilisation des prix du pétrole. Le nombre de plateformes pétrolières a chuté de cinq au cours de la semaine dernière, atteignant 410, marquant la quatorzième semaine consécutive de baisse. Au total, 65 plateformes ont été mises hors service au cours de cette période. Les prix futurs du West Texas Intermediate (WTI) se négocient actuellement sous les 64 dollars le baril (environ 58 euros).
Le cuivre sous pression après les annonces de Trump
Les prix du cuivre ont également été affectés par les récentes décisions de l’administration américaine. Le London Metal Exchange (LME) a enregistré une baisse de 1,4 %, tandis que les prix sur le Comex ont chuté de plus de 20 % la semaine dernière, suite à l’exemption accordée à certaines formes raffinées de cuivre des nouveaux tarifs douaniers américains. Cette décision a entraîné l’effondrement d’un arbitrage commercial et une accumulation importante des stocks de cuivre aux États-Unis, atteignant leur plus haut niveau depuis 21 ans.
Donald Trump a imposé des tarifs de 50 % sur les produits en cuivre semi-finis, tels que les tuyaux, les tiges, les feuilles et les tubes, ainsi que sur les produits à forte intensité de cuivre. Cependant, les matières premières moins transformées, telles que le minerai, les concentrés, les cathodes et les anodes, ont été exemptées.
Baisse de la récolte de céréales en Ukraine
Les données du ministère de l’Agriculture ukrainien indiquent que la récolte de céréales et de légumineuses est plus lente qu’en 2024, atteignant environ 15,5 millions de tonnes au 1er août, contre 25,3 millions de tonnes (-39 % en glissement annuel) à la même période l’année dernière. Cette baisse est principalement due à une diminution de la superficie cultivée, qui est passée de 7,2 millions d’hectares à 4,4 millions d’hectares (soit une diminution de 39 %). La récolte de blé s’élève à 11,4 millions de tonnes, contre 19,4 millions de tonnes l’année précédente.
Les gestionnaires de fonds ont augmenté leur position nette à découvert sur le CBOT de 13 283 contrats pour atteindre 65 324 contrats au 29 juillet, principalement en augmentant leurs positions courtes. Les positions courtes nettes sur le maïs CBOT ont également augmenté, atteignant 181 185 contrats.