L’escalade récente entre l’Inde et le Pakistan, débutée en mai, a pris une tournure inquiétante avec l’utilisation par l’Inde de missiles de croisière contre des bases aériennes pakistanaises, marquant une rupture avec les affrontements précédents et augmentant le risque d’un conflit aux conséquences potentiellement désastreuses.
Les événements se sont enracinés dans l’attaque terroriste du 22 avril à Pahalgam, qui a visé des touristes. Le Front de la Résistance (TRF), groupe ayant revendiqué l’attentat, est lié à Lashkar-e-Tayyiba (LET) et Jaish-ul-Mohammed (JUM), des organisations régulièrement accusées d’être soutenues par le Pakistan. Islamabad a par le passé promis aux États-Unis de démanteler ces groupes, sans succès apparent.
Cet attentat de Pahalgam serait une riposte à une attaque de l’Armée de Libération du Baloutchistan (BLA) sur le train Jaffar Express le 11 mars, qui transportait environ 400 passagers. L’armée pakistanaise soupçonne l’Inde de soutenir secrètement la BLA et les talibans pakistanais (TTP) depuis des bases en Afghanistan, une allégation qu’elle ne peut prouver sans s’auto-incriminer dans l’attaque de Pahalgam.
La réponse initiale de l’Inde, après l’attaque de Pahalgam, a suivi un schéma progressif similaire à celui observé après l’attaque d’Uri en 2016 et de Pulwama en 2019. Après Uri, l’Inde avait mené des « frappes chirurgicales » contre des sites présumés de lancement de terroristes. Après Pulwama, des jets indiens avaient bombardé un camp terroriste près de Balakot, au Pakistan. Lors de cet incident, un avion indien avait été abattu et son pilote renvoyé en Inde.
Le 7 mai, l’Inde a lancé une attaque contre neuf cibles liées au terrorisme. Cependant, en limitant ses actions pour éviter des pertes civiles et souligner que sa cible était le terrorisme et non le Pakistan, l’Inde a involontairement offert à Islamabad et à Pékin une victoire en matière de relations publiques. Les performances des avions J-10C construits conjointement et des missiles PL-15 chinois ont été largement débattues.
Le Pakistan, confronté à la nécessité de riposter, a opté pour une stratégie visant à éviter les victimes civiles en ciblant les bases de l’Indian Air Force. Utilisant des drones pour minimiser les risques, une guerre de drones chaotique s’est ensuivie les 8 et 9 mai, accompagnée de revendications contradictoires.
La phase décisive du conflit a été déclenchée par la décision de l’Inde de lancer des missiles de croisière contre onze bases aériennes pakistanaises clés dans la nuit du 9 au 10 mai. Cette action, sans précédent, a démontré une volonté indienne de domination et a révélé la vulnérabilité du Pakistan. Le chef de l’Indian Air Force a affirmé qu’aucune restriction politique n’avait été imposée, et le choix des cibles visait à minimiser les risques pour les civils, tout en frappant des actifs militaires précieux.
L’attaque a pris le Pakistan par surprise. Le Premier ministre Shehbaz Sharif a été réveillé en pleine nuit par le chef de l’armée Asim Munir et a été contraint d’accepter un cessez-le-feu proposé par Washington. Islamabad a tenté de minimiser l’impact de l’attaque, promouvant Munir au grade de maréchal de terrain et présentant les quatre jours de conflit comme un succès. La Chine et le Pakistan ont exagéré les performances de leurs armes, et Islamabad a même suggéré que l’ancien président américain Donald Trump devrait recevoir le prix Nobel de la paix.
L’Inde, quant à elle, a été prise au dépourvu sur le plan diplomatique. Une délégation envoyée à Londres pour dénoncer les liens du Pakistan avec le terrorisme a été éclipsée par une équipe pakistanaise plus préparée, dirigée par l’ancien ministre des Affaires étrangères Bilawal Bhutto Zardari. New Delhi a également tardé à publier des détails sur les frappes de missiles réussies, avant que le chef de la défense indienne, le général Chauhan, ne révèle l’étendue des opérations du 10 mai.
Malgré les succès diplomatiques et militaires du Pakistan, l’attaque indienne du 10 mai a fondamentalement modifié la nature du conflit entre les deux pays. Les manœuvres prudentes et progressives ont été remplacées par une démonstration de force indienne, soulignant la vulnérabilité géographique du Pakistan. La suspension par l’Inde du Traité de l’eau de l’Indus de 1960, tant que le Pakistan ne renoncera pas à son soutien au terrorisme, est une autre mesure significative.
Dans le cadre de sa réévaluation de sa défense, le Pakistan pourrait reconsidérer sa doctrine nucléaire. La question de savoir si l’un des missiles lancés par l’Inde le 10 mai était équipé d’une ogive nucléaire soulève la possibilité que l’Islamabad explore des mécanismes de riposte autonomes basés sur l’intelligence artificielle. Si le 10 mai devient un précédent, le monde aura de sérieuses raisons de s’inquiéter.
La communauté internationale devrait rétablir un canal de communication politique discret, comme celui qui a joué un rôle crucial dans la résolution de la crise Pulwama/Balakot en 2019. Un canal militaire direct ne saurait suffire.
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