Un nouveau vaccin contre le virus respiratoire syncytial (VRS), développé par Pfizer, offre une protection inédite aux nourrissons et pourrait soulager significativement la pression sur les systèmes de santé, notamment pendant les pics épidémiques hivernaux. L’autorisation de mise sur le marché au Mexique, obtenue en décembre 2024, ouvre la voie à une vaccination des femmes enceintes pour conférer une immunité passive à leurs bébés.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le VRS est responsable d’environ 3,6 millions d’hospitalisations annuelles dans le monde et de près de 100 000 décès d’enfants de moins de cinq ans. Près de la moitié de ces décès concernent des bébés de six mois ou moins, et il est estimé que presque tous les nourrissons contracteront le VRS au cours de leur première année de vie.
« Le VRS peut entraîner des complications graves, telles que la bronchiolite – une inflammation des petites voies respiratoires – et la pneumonie, » explique Gonzalo Pérez Marc, pédiatre et spécialiste de la recherche clinique pharmacologique. « Il représente un danger particulier aux deux extrémités de la vie : chez les nouveau-nés et les nourrissons, mais aussi chez les personnes âgées, où il peut provoquer une infection aussi sévère, voire plus, que la grippe ou la Covid-19. »
La vaccination des femmes enceintes est une stratégie clé pour lutter contre le VRS. « En permettant à la mère de développer une réponse immunitaire efficace, nous pouvons transférer des anticorps protecteurs au bébé, » précise le Dr Pérez Marc. « C’est un changement historique en pédiatrie. » À ce stade, près de deux millions de femmes enceintes ont déjà été vaccinées dans le monde, avec des résultats encourageants en termes d’efficacité et de sécurité.
Au Mexique, le vaccin Abrysvo de Pfizer sera disponible dans le secteur privé à partir d’octobre. Les autorités envisagent également de l’intégrer au calendrier national de vaccination publique. Le Dr Pérez Marc souligne qu’il s’agit actuellement du seul vaccin contre le VRS approuvé pour les femmes enceintes. Dans certains pays, comme l’Argentine, il est également proposé aux personnes âgées de plus de 65 ans, mais uniquement dans le secteur privé.
« Pour la pédiatrie, c’est une étape majeure de ce siècle, » affirme le spécialiste. « Pouvoir prévenir la principale maladie respiratoire hivernale chez les enfants, grâce à la vaccination des femmes enceintes, aux nouveaux anticorps utilisables chez les nourrissons et aux recherches antivirales en cours, va changer la donne. » Chaque année, les hôpitaux sont mis à rude épreuve par l’afflux de bébés nécessitant une assistance respiratoire ou des soins intensifs en raison de la bronchiolite, une maladie très répandue et une cause majeure de pneumonie et d’hospitalisations infantiles dans de nombreuses régions du monde.
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