Une étude rétrospective suédoise publiée dans JAMA Network Open révèle que les personnes vivant avec le VIH ont plus de quatre fois plus de risques de développer un cancer lié au HPV que la population générale. Les receveurs de greffes d’organes solides présentent un risque plus que doublé, soulignant l’urgence de stratégies de prévention ciblées pour ces populations immunodéprimées.
L’affaiblissement prolongé des fonctions immunitaires réduit la capacité de l’organisme à éliminer les infections persistantes par le papillomavirus humain (HPV) et empêche les lésions précancéreuses de rester stables. Ce mécanisme place les patients immunodéprimés dans une position de vulnérabilité critique face aux oncogenèses virales.
Risques multipliés pour les patients VIH et les transplantés
L’étude menée par Christina Carlander et ses collègues du Karolinska Institutet a analysé des données suédoises s’étendant de 1983 à 2024, portant sur 32 093 individus atteints de cancers liés au HPV et 320 930 témoins. Selon MedPage Today, les résultats montrent un risque accru significatif pour quatre types de cancers spécifiques : anal, pénien, vulvaire et cervical.

| Population | Risque Global (aOR) | Cancers les plus impactés (aOR) |
|---|---|---|
| Personnes avec VIH | 4,50 | Anal (58,79), Pénien (8,05), Vulvaire (7,76), Cervical (2,55) |
| Receveurs de greffes | 2,23 | Vulvaire (7,07), Pénien (6,01), Anal (2,70), Cervical (1,87) |
Pour les patients vivant avec le VIH, le risque est exacerbé par des taux de CD4 bas, marqueurs d’un stade avancé ou d’un contrôle insuffisant de la maladie. Chez les transplantés, le risque varie selon l’organe greffé, avec des probabilités accrues après une transplantation cardiaque (aOR 2,91), pulmonaire (aOR 2,71), rénale (aOR 2,17) et hépatique (aOR 1,89).
L’urgence de la vaccination pédiatrique pour les transplantations rénales
Le risque de cancer est particulièrement alarmant pour les receveurs de transplantations rénales (RTR). Une analyse publiée par Frontiers in Pediatrics indique que les cancers figurent parmi les trois premières causes de mortalité chez ces patients. Pour ceux ayant été transplantés durant l’enfance, 26%–41% pourraient développer une tumeur maligne dans les 30 ans suivant l’intervention.

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Le risque relatif est massif : les femmes transplantées présentent un risque 14 fois plus élevé de cancer du col de l’utérus et 50 fois plus élevé de cancer vulvaire. Pour les deux sexes, le risque de cancer anal est multiplié par 100 par rapport à la population générale.
Parallèlement, une étude sur des receveurs de greffes rénales en Chine, publiée par Frontiers in Oncology, a révélé que 23,5 % des patientes présentaient une infection par un HPV à haut risque. L’étude souligne que la durée de l’immunosuppression est le seul facteur de risque identifié, augmentant la probabilité d’infection avec le temps.
L’émergence inquiétante du virus KSHV et le rôle des opioïdes
Au-delà du HPV, d’autres virus opportunistes profitent de l’immunodépression. Un rapport du CDC a documenté une hausse brutale des complications liées au virus herpès associé au sarcome de Kaposi (KSHV). Entre janvier 2021 et septembre 2025, 46 cas suspects de complications dérivées de donneurs ont été signalés, contre neuf cas entre 2016 et 2020.
Sur 74 individus identifiés comme infectés par le KSHV, 61 % ont développé un sarcome de Kaposi. Le rapport souligne un lien potentiel avec l’épidémie d’opioïdes aux États-Unis.
Lacunes du dépistage et obstacles cliniques
Malgré la gravité des risques, le dépistage systématique fait défaut. Pour le KSHV, il n’existe pas d’essai sérologique approuvé par la FDA pour cribler les donneurs et les receveurs. L’essai actuel est dépendant de l’opérateur et difficile à déployer à grande échelle. Un test PCR pourrait surveiller les patients, mais la communauté médicale ignore encore qui surveiller, à quelle fréquence et quelle action entreprendre face à un test positif.

Concernant le HPV, les disparités sont également marquées.
- Cancers HPV : Nécessité d’une vaccination précoce (enfance/adolescence) et d’un dépistage accru pour les RTR.
- KSHV : Vigilance accrue requise pour les greffes de poumon et de foie, avec suspicion de symptômes similaires à un sepsis.
- Facteurs sociaux : L’accès aux soins reste un obstacle majeur pour les populations marginalisées vivant avec le VIH.
L’enjeu immédiat pour les cliniciens est l’optimisation des régimes immunosuppresseurs et l’amélioration de l’accès aux stratégies de détection précoce pour limiter la progression des lésions précancéreuses en tumeurs malignes. Consultez votre professionnel de santé pour tout conseil médical personnalisé.
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