Publié le 29 septembre 2025 13:36:00. Les sociétés savantes de médecine de laboratoire espagnoles s’opposent fermement à la création d’une spécialité en génétique de laboratoire, craignant une dégradation de la qualité des soins et une mauvaise gestion des ressources humaines.
- La Société espagnole de médecine de laboratoire (Senmedlab) et neuf sociétés régionales rejettent la proposition du ministère de la Santé.
- Elles proposent une alternative : un diplôme d’accréditation avancé pour les professionnels concernés.
- Les sociétés scientifiques estiment que la génétique de laboratoire est déjà une compétence essentielle des spécialistes en médecine clinique.
Une opposition frontale se dessine dans le monde de la médecine de laboratoire espagnole. La Société espagnole de médecine de laboratoire (Senmedlab), ainsi que neuf de ses sociétés régionales – notamment la Société des Baléares de laboratoire clinique, l’Association canarienne de laboratoire clinique (ACLAC), l’Association des analystes cliniciens d’Estrémadure (Anclex), l’Association valencienne des spécialistes en laboratoire clinique (AVELAC), la Société castillane-manchéenne de laboratoire (Sanac), la Société castillane-léonaise d’analyses cliniques (SCLAC) et la Société de médecine de laboratoire de la région de Murcie (Somelmur) – ont exprimé leur « ferme et conjointe » opposition à la création d’une nouvelle spécialité médicale dédiée à la génétique de laboratoire.
Selon les signataires, cette initiative ne permettrait pas de renforcer ou d’élargir les capacités du système de santé pour répondre efficacement aux besoins de la population. Ils estiment que la génétique de laboratoire est déjà intégrée au cœur des compétences du laboratoire clinique depuis des décennies, et qu’elle est pratiquée avec un haut niveau de qualité, de responsabilité et de rigueur scientifique.
« Ce n’est pas une discipline externe ou supplémentaire, mais une compétence structurelle inhérente que les spécialistes exercent avec la solvabilité et la rigueur, soutenus par leur trajectoire et leurs résultats cliniques contrastés. »
Senmedlab et sociétés régionales
Les sociétés savantes plaident pour la mise en place d’un diplôme d’accréditation avancé comme alternative viable. Elles soulignent que toute révision de la carte des spécialités médicales doit être précédée d’une analyse « approfondie et rigoureuse » de ses conséquences sur le laboratoire clinique, afin de préserver l’excellence des soins.
Elles appellent également à la « sérénité, à la cohésion et à la clarté » parmi les professionnels, et à un dialogue constructif axé sur la formation en santé spécialisée dans la génétique diagnostique, la biologie moléculaire et la médecine de précision – des domaines considérés comme fondamentaux pour la qualité des soins et la sécurité des patients.
Les sociétés scientifiques estiment que la proposition du ministère ne répond pas à un réel besoin de formation ou à des lacunes technologiques, mais plutôt à un problème de manque de personnel dû à l’embauche de personnel non médical sans la formation spécialisée requise. Elles préconisent un renforcement et une consolidation des structures de formation existantes plutôt qu’une fragmentation des compétences.
De plus, elles avertissent que cette proposition contrevient aux principes énoncés dans le décret royal 589/2022, qui vise à garantir l’efficacité, la cohésion et la qualité des soins. Elles craignent que cette mesure n’entraîne une mauvaise gestion des ressources publiques et une fragmentation des professionnels et des soins, compromettant ainsi la continuité et l’intégration des soins.
Enfin, les entités réitèrent leur volonté de collaborer avec l’administration de la santé pour concevoir des alternatives basées sur l’efficacité, les preuves scientifiques et la cohérence structurelle. Elles sont convaincues qu’un travail conjoint permettra d’adapter l’offre de formation aux besoins réels du système de santé et de la population, en évitant les duplications contre-productives et les chevauchements.