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Dr Ana Maria Bîţică, MedLife: « Le test Babeş-Papanicolau et le séquençage génétique du VPH ne sont pas remplacés, mais terminés. Le virus du VPH est caméléon et reste latent dans le corps pendant de nombreuses années »

Publié le 29 septembre 2025 09:37:00. Le cancer du col de l'utérus, quatrième cancer le plus fréquent chez les femmes dans le monde, touche particulièrement la Roumanie. Un dépistage régulier et la vaccination contre le virus du papillome…

Dr Ana Maria Bîţică, MedLife: « Le test Babeş-Papanicolau et le séquençage génétique du VPH ne sont pas remplacés, mais terminés. Le virus du VPH est caméléon et reste latent dans le corps pendant de nombreuses années »

Publié le 29 septembre 2025 09:37:00. Le cancer du col de l’utérus, quatrième cancer le plus fréquent chez les femmes dans le monde, touche particulièrement la Roumanie. Un dépistage régulier et la vaccination contre le virus du papillome humain (VPH) sont essentiels pour prévenir cette maladie.

  • Plus de 90 % des cancers du col de l’utérus sont liés à une infection par le VPH.
  • Le test PAP et le test VPH sont complémentaires et permettent un dépistage efficace.
  • La vaccination contre le VPH est recommandée, même en cas d’infection préalable.

La Roumanie figure malheureusement parmi les pays européens les plus touchés par le cancer du col de l’utérus, tant en termes d’incidence que de mortalité. Pourtant, ce cancer est largement prévisible et, dans de nombreux cas, évitable grâce à des mesures de prévention simples et efficaces.

Le virus du papillome humain (VPH) est en cause dans plus de 90 % des cas de cancer du col de l’utérus. Il existe plus de 200 types de VPH, dont 15 sont associés au cancer du col de l’utérus, mais aussi à d’autres cancers tels que ceux de l’anus, de la vulve, du vagin, du pénis et de l’oropharynx. L’infection par le VPH est très courante : plus de 80 % des femmes et des hommes en seront touchés au cours de leur vie.

Dans la majorité des cas, l’infection par le VPH est transitoire et guérit spontanément. Cependant, une infection persistante peut entraîner des lésions précancéreuses, puis cancéreuses. C’est pourquoi un dépistage régulier est crucial.

« Tout au long de votre vie, vous pouvez être infecté par plusieurs souches du VPH », explique la gynécologue Ana Maria Bîţică, de l’hôpital MedLife Titan. « Généralement, lors d’une première infection, il est rare de n’être porteur que d’une seule souche. Les tests détectent souvent la présence de plusieurs souches, certaines étant latentes pendant 5 à 10 ans avant de s’activer en cas d’affaiblissement du système immunitaire. »

Le Dr Bîţică recommande donc de réaliser un test de Papanicolau (communément appelé test PAP) chaque année après le début de l’activité sexuelle, ainsi qu’un test de dépistage du VPH tous les trois à cinq ans, à condition d’avoir un partenaire unique, si le résultat du test PAP est normal et si aucun symptôme tel que des saignements intermenstruels ou des verrues n’est observé. Il est important de noter que les tests PAP et VPH sont complémentaires et peuvent être réalisés simultanément, évitant ainsi deux visites chez le médecin.

« Le test PAP détecte les anomalies cellulaires au niveau du col de l’utérus, tandis que le test VPH identifie la présence du virus et son type », précise le Dr Bîţică. « Il est possible d’avoir un test PAP normal, mais un test VPH positif, indiquant la présence de souches virales qui n’ont pas encore causé de lésions. Dans ce cas, un traitement doit être envisagé, et la vaccination contre le VPH est fortement recommandée. » Bien que le vaccin ne soit pas efficace contre les souches déjà présentes (il s’agit d’un vaccin prophylactique), il offre une protection contre d’autres souches susceptibles d’être contractées à l’avenir.

Outre la vaccination, il existe des traitements visant à stimuler le système immunitaire pour rendre le virus latent, ainsi que des traitements locaux (ovules, pommades, sprays vaginaux) et des médicaments par voie orale, administrés pendant plusieurs mois. Ces traitements peuvent être efficaces, même contre les souches à haut risque, mais nécessitent souvent une prise en charge prolongée.

« Le mode de vie joue également un rôle important », souligne le Dr Bîţică. « Une alimentation équilibrée, du repos, de l’exercice physique, l’abstinence d’alcool et de tabac sont des facteurs bénéfiques, tout comme la limitation du nombre de partenaires sexuels. »

Après un traitement réussi, avec un test VPH négatif, un suivi annuel est nécessaire pendant trois ans pour vérifier l’absence de réactivation. Ensuite, le test VPH peut être effectué tous les trois ans, ou plus fréquemment (6 à 12 mois) après une intervention chirurgicale ou un changement de partenaire sexuel. Ce délai est nécessaire pour détecter une nouvelle infection le plus tôt possible.

Il est également important que le partenaire sexuel soit testé et traité en cas d’infection par le VPH, car il s’agit d’un des rares virus sexuellement transmissibles qui peuvent être transmis même avec l’utilisation de préservatifs. De plus, il est possible que l’homme et la femme soient porteurs de souches virales différentes. Les hommes peuvent se faire tester pour le VPH auprès d’un urologue, bien que cela soit moins courant.

Le dépistage du VPH, le traitement médicamenteux et la vaccination permettent non seulement de prévenir le cancer du col de l’utérus, mais aussi d’éviter des complications graves nécessitant une intervention chirurgicale. La détection précoce et le traitement rapide sont donc essentiels.

L’intervention chirurgicale est réservée aux lésions précancéreuses ou cancéreuses avérées, par excision de la zone affectée du col de l’utérus. Cependant, cette intervention, bien qu’efficace, peut entraîner des complications immédiates ou à long terme, telles que des saignements importants, des modifications du col de l’utérus pouvant affecter la fertilité.

Le Dr Bîţică insiste sur le fait que la décision de recourir à une intervention chirurgicale doit tenir compte de l’âge de la patiente et de son désir d’avoir des enfants. Cependant, dans certains cas, elle reste la seule option thérapeutique.

Il est également possible de transmettre le VPH de la mère au fœtus pendant la grossesse. L’ampleur et la nature des dommages fœtaux dépendent du stade de la grossesse au moment de l’infection. Il est donc recommandé aux femmes de se faire dépister et de se faire traiter avant de concevoir.

Si des lésions précancéreuses sont détectées pendant la grossesse, les options thérapeutiques sont limitées. L’intervention chirurgicale est généralement évitée, sauf en cas de lésions très avancées, et le traitement est reporté après l’accouchement.

Enfin, le Dr Bîţică précise qu’il n’existe pas de prédisposition génétique à l’infection par le VPH, car il s’agit d’un virus transmis par voie sexuelle, par contact direct ou, plus rarement, par des objets contaminés.

Malgré l’existence d’un vaccin et de tests de dépistage efficaces, de nombreuses femmes attendent trop longtemps avant de consulter un médecin. « Une femme ne doit pas attendre d’avoir des saignements intermenstruels ou des verrues pour consulter », insiste le Dr Bîţică. « Si davantage de femmes se faisaient dépister, nous pourrions changer les statistiques de manière significative. Le test n’est pas douloureux, il est simplement inconfortable et peut sauver des vies. Il devrait être une priorité. »

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.