Publié le 29 septembre 2025 16:43:00. Le manque de moyens alloués aux soins liés au VIH, notamment dans les comtés de Kerry et de Cork, menace l’atteinte de l’objectif national d’éradication des nouvelles transmissions d’ici 2030, alertent des experts.
- Les cliniques de Cork et Kerry, qui partagent une même structure, sont confrontées à une demande croissante de soins pour les personnes vivant avec le VIH.
- Des patients de Cork et Kerry ne peuvent pas accéder à des traitements injectables innovants, disponibles pour les patients de Dublin.
- Un plan d’action national, avec des objectifs clairs et un suivi rigoureux, est jugé indispensable pour atteindre l’objectif de 2030.
La capacité d’accueil des services de santé dédiés au VIH est sous tension en Irlande, particulièrement dans les comtés de Cork et Kerry. Selon des témoignages recueillis lors d’une récente conférence, les ressources actuelles ne suffisent plus à répondre aux besoins croissants d’une population séropositive en augmentation. Il y a une vingtaine d’années, environ une centaine de personnes vivaient avec le VIH dans ces deux comtés. Aujourd’hui, ce chiffre a dépassé les 1 000.
Tara Russell, du Centre de santé sexuelle de Cork, explique que cette augmentation n’a pas été accompagnée d’un financement proportionnel.
« Les ressources n’ont pas été étendues proportionnellement, le traitement est devenu meilleur mais, à certains égards, plus complexe. Ce que nous disons, c’est que la clinique est étirée. »
Tara Russell, Centre de santé sexuelle de Cork
Cette situation concrète se traduit par des difficultés d’accès à des traitements de pointe. Par exemple, les patients de Dublin peuvent bénéficier d’injections tous les deux mois, une alternative plus pratique aux comprimés quotidiens. Or, cette option n’est pas disponible pour les personnes vivant à Cork ou dans le comté de Kerry.
« Ce n’est pas une option si vous vivez à Cork ou à Kerry, c’est une véritable inégalité. »
Tara Russell, Centre de santé sexuelle de Cork
Mme Russell souligne les contraintes logistiques : l’administration d’injections nécessite des locaux adaptés, qui manquent cruellement à Cork.
« Il n’y a tout simplement pas l’espace pour qu’ils fassent cela à Cork. C’est une réalité physique. »
Tara Russell, Centre de santé sexuelle de Cork
Elle plaide pour un investissement permettant d’agrandir la clinique de l’hôpital universitaire de Cork, qui est déjà « très consciente » des difficultés rencontrées. Un soutien accru aux services communautaires de Kerry est également nécessaire.
Les besoins ne se limitent pas à l’infrastructure physique. Mme Russell insiste sur la nécessité d’augmenter les ressources humaines :
« Il est nécessaire d’améliorer les infrastructures physiques pour la clinique de Cork, puis il y a un besoin de plus de ressources. »
Tara Russell, Centre de santé sexuelle de Cork
Des difficultés similaires sont également signalées à Galway et Limerick.
L’accès à la prophylaxie pré-exposition (PrEP), un médicament pris avant et après les rapports sexuels pour prévenir la transmission du VIH, pose également problème. Bien que des efforts aient été déployés pour améliorer l’accès à la PrEP, les listes d’attente à Cork restent longues. De plus, les patients de Kerry doivent se rendre à Cork pour obtenir leurs prescriptions, la clinique de Cork étant la seule à proposer à la fois des traitements et des services de prévention.
Face à cette situation, VIH Ireland appelle à l’élaboration d’un plan d’action national ambitieux. Stephen O’Hare, son directeur exécutif, estime que les connaissances nécessaires pour mettre fin aux nouvelles transmissions existent déjà.
« Ce dont nous avons besoin maintenant, c’est de la volonté politique et du leadership. »
Stephen O’Hare, directeur exécutif de VIH Ireland
L’Irlande s’est engagée, lors de l’Assemblée générale des Nations Unies sur le VIH en 2021, à atteindre l’objectif de zéro nouvelle transmission d’ici 2030. Pour y parvenir, M. O’Hare insiste sur la nécessité de définir des « cibles et une surveillance spécifiques », soulignant qu’il s’agit de « la seule façon dont l’Irlande peut répondre à son engagement envers l’ONUSIDA ».
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