Publié le 30 septembre 2024. Les maladies cardiovasculaires demeurent la première cause de décès au Panama, l’hypertension artérielle touchant près d’un Panamean adulte sur trois et représentant un danger silencieux pour la santé publique.
- Près de 37 % des adultes panaméens souffrent d’hypertension artérielle, souvent sans en ressentir les symptômes.
- Les maladies cardiaques ischémiques et les accidents vasculaires cérébraux (AVC) sont parmi les affections cardiovasculaires les plus fréquentes.
- Les avancées technologiques, notamment l’intelligence artificielle et la télémédecine, offrent de nouvelles perspectives pour le diagnostic et le traitement.
Les maladies cardiovasculaires continuent de représenter un défi majeur pour la santé publique au Panama. Selon l’Organisation Panaméricaine de la Santé (OPAS), l’hypertension artérielle, souvent asymptomatique, est un facteur de risque particulièrement préoccupant. En 2023, on estimait que 37 % de la population adulte panaméenne était atteinte d’hypertension, une condition qui évolue sournoisement et peut entraîner de graves complications.
Parmi les affections cardiovasculaires les plus courantes au Panama figurent les maladies cardiaques ischémiques – incluant l’infarctus du myocarde, l’angine de poitrine et la mort subite – ainsi que les accidents vasculaires cérébraux, communément appelés « déversements de cerveau ». Ces pathologies nécessitent une prise en charge rapide et spécialisée.
Le Dr Daniel Pichel, cardiologue à l’Hospital Paillilla, insiste sur l’importance de ne pas ignorer les signaux d’alerte.
« La douleur thoracique, la difficulté à respirer, l’enflure des jambes, les palpitations ou les évanouissements doivent être pris très au sérieux et nécessitent une consultation immédiate avec un spécialiste. »
Dr Daniel Pichel, cardiologue
L’hypertension artérielle est surnommée le « tueur silencieux » en raison de son absence de symptômes apparents. Une personne hypertendue peut développer des complications rénales et cardiaques sans s’en rendre compte. C’est pourquoi il est crucial de mesurer régulièrement sa pression artérielle, dans le cadre d’un examen médical général. En cas de tension élevée, un traitement adapté, qu’il s’agisse de modifications du mode de vie ou de médicaments, doit être mis en place.
Selon le Dr Pichel, l’hypertension, le diabète et l’hyperlipidémie (taux élevé de lipides dans le sang) sont trois des principaux facteurs de risque de maladies cardiovasculaires. Le contrôle de ces facteurs, par des ajustements alimentaires, une activité physique régulière ou un traitement médicamenteux, s’est avéré efficace pour réduire l’incidence des complications, telles que l’infarctus du myocarde et l’AVC.
La prévention demeure la stratégie la plus efficace. Adopter un mode de vie sain, incluant une alimentation équilibrée, pauvre en graisses saturées et en sucres, riche en fruits, légumes et protéines maigres, éviter le tabac, limiter la consommation de boissons sucrées et pratiquer une activité physique régulière sont des mesures clés pour protéger son cœur. Un sommeil de sept à neuf heures par jour est également essentiel pour la santé cardiovasculaire.
Nouvelles technologies au service de la cardiologie
Le développement de nouvelles technologies transforme le diagnostic et le traitement des maladies cardiovasculaires. La tomodensitométrie (scanner) et l’imagerie par résonance magnétique (IRM) permettent d’obtenir des images très détaillées des structures cardiaques, améliorant ainsi la précision des diagnostics précoces.
L’intelligence artificielle (IA) s’impose également comme un outil précieux pour optimiser le diagnostic et guider les décisions thérapeutiques.
« L’IA offre un potentiel prometteur, notamment dans l’interprétation des images médicales, où elle peut atteindre une sensibilité supérieure à celle de l’œil humain. »
Dr Daniel Pichel, cardiologue
Ces outils technologiques viennent compléter l’évaluation clinique des symptômes et des signes présentés par chaque patient.
Les dispositifs de surveillance continue des paramètres cardiovasculaires permettent aux patients de détecter d’éventuels changements pouvant signaler une pathologie. Cependant, le Dr Pichel souligne qu’aucun appareil ne saurait remplacer un examen médical annuel complet, incluant un bilan des antécédents médicaux, un examen physique et des analyses de laboratoire.
Enfin, la télémédecine ouvre la voie à un accès plus équitable aux soins, en permettant à des spécialistes d’évaluer des examens réalisés dans des zones éloignées, améliorant ainsi la qualité des soins prodigués.
Prendre soin de son cœur est un engagement quotidien qui combine la responsabilité individuelle, le soutien de la technologie et l’accès à des soins médicaux appropriés.