Trento, 30 septembre 2025. Après des années de procédures judiciaires et de reports, le projet du nouveau pôle hospitalo-universitaire de Trentin entre dans une phase décisive, avec des échéances clés fixées pour les prochaines années.
- Le Conseil d’État a suspendu la sentence du tribunal administratif, permettant la reprise des travaux de conception.
- Le dépôt du projet de faisabilité technico-économique est prévu pour le 5 février 2026, en amont d’une décision finale sur l’appel d’offres le 26 février 2026.
- Le chantier de construction, estimé à 800 millions d’euros, devrait débuter en 2027, avec une ouverture prévue en 2033.
L’avenir du Trentino Healthcare, longtemps incertain, semble enfin se préciser. Le projet, initialement baptisé « Pas », a finalement emprunté la voie du « Moue », un nom qui évoque les complexités et les obstacles surmontés. Ce nouveau pôle hospitalier ne se limitera pas à un simple hôpital, mais ambitionne de devenir un véritable centre intégré regroupant les fonctions de l’hôpital Santa Chiara, de Villa Igea, des cliniques Crosina Sartori et d’autres structures de la ville, tout en offrant des espaces dédiés à la recherche et à l’enseignement universitaire.
La récente suspension par le Conseil d’État de la sentence du tribunal administratif de Trento, suite à un recours déposé par le groupement d’entreprises Goudron, a levé un obstacle majeur. Cette décision, rendue le 31 juillet 2025, autorise le consortium mené par Projet ATI à reprendre les travaux de conception.
Le calendrier est désormais serré. Le 5 février 2026, soit 20 jours avant la décision finale du Conseil d’État sur l’appel d’offres, le projet de faisabilité technico-économique (PFT) devra être déposé. Selon Antonio Tita, commissaire du projet, le Conseil d’État a souligné l’importance stratégique de cette infrastructure, qui bénéficie des privilèges accordés aux travaux du commissaire, et a précisé que les raisons invoquées par les candidats pourraient être compensées.
« Le Conseil d’État a souligné certains éléments importants, tels que le fait qu’il est une œuvre stratégique qui jouit des privilèges des travaux du commissaire et que les raisons des candidats peuvent être converties en compensation, donnant ainsi un signal important sur la pertinence publique du projet. »
Antonio Tita, commissaire du projet
Les responsables de la province de Trentin ont présenté les avancées du projet à l’université et à la municipalité de Trento, soulignant l’importance d’une collaboration étroite avec toutes les parties prenantes.
« Aujourd’hui, nous avons présenté à l’université et à la municipalité de Trento les progrès du projet. C’est le résultat d’un effort commun et d’une comparaison continue avec la partie santé tout d’abord, mais aussi avec toutes les autres parties prenantes et composantes de l’itinéraire. »
Maurizio Escatti, président de la province
Le consortium ATI a intensifié ses efforts et augmenté ses ressources sur le terrain pour respecter les délais. Un concept élargi, l’étude de planification urbaine et d’infrastructure de la zone hospitalière, ainsi que le projet architectural, devraient être achevés d’ici le 11 octobre. Le projet prévoit une superficie de 15 hectares, située entre le torrent Fersina, la rocade et la voie ferrée, et offrira près de 200 000 mètres carrés de surface, 840 lits (avec une capacité maximale virtuelle de 1 145), 30 blocs opératoires et des technologies de pointe. Les chambres seront 20 % plus grandes que les normes, afin d’accueillir les étudiants et les stagiaires.
Debora Furlani, directrice du département des infrastructures de l’APSS, a souligné que le projet a évolué en raison de la création de la faculté de médecine et des nouveaux critères en matière de structures hospitalières définis après la pandémie de Covid-19. Cette réorganisation des services devrait également permettre une réduction du personnel nécessaire, grâce à une meilleure organisation des départements et à la création de plateaux fonctionnels et ambulatoires. Une bonne nouvelle, alors que l’Italie, et le Trentin en particulier, sont confrontés à des difficultés pour recruter des professionnels de santé.
Les prochaines étapes prévoient le lancement de l’appel d’offres pour la conception et la construction exécutives en 2026, le début des travaux de construction en 2027 et l’ouverture du pôle hospitalo-universitaire en 2033. Malgré les défis restants, les responsables affichent un optimisme prudent, convaincus que ce projet ambitieux redéfinira l’offre de soins dans la région.