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Oeufs fertilisés avec des matériaux des cellules de la peau humaine pour la première fois | Actualités des sciences, du climat et de la technologie

Publié le 30 septembre 2023 18:12:00. Des scientifiques ont franchi une étape importante dans la recherche sur l'infertilité en parvenant à fertiliser des ovules créés à partir de cellules de la peau humaine. Cette avancée pourrait un jour…

Oeufs fertilisés avec des matériaux des cellules de la peau humaine pour la première fois | Actualités des sciences, du climat et de la technologie

Publié le 30 septembre 2023 18:12:00. Des scientifiques ont franchi une étape importante dans la recherche sur l’infertilité en parvenant à fertiliser des ovules créés à partir de cellules de la peau humaine. Cette avancée pourrait un jour offrir une solution aux personnes confrontées à des difficultés de reproduction.

  • Une nouvelle technique, la gamétogenèse in vitro (IVG), permet de reprogrammer des cellules cutanées en cellules souches pouvant potentiellement donner naissance à des ovules ou des spermatozoïdes.
  • Les chercheurs ont développé une méthode, appelée mitomeiose, pour corriger un déséquilibre chromosomique qui se produisait lors de ce processus.
  • Sur 82 ovules ainsi créés et fécondés en laboratoire, 10 % ont atteint le stade du blastocyste, celui généralement transféré dans l’utérus lors d’une fécondation in vitro (FIV).

Cette percée scientifique, menée par une équipe américaine, ouvre des perspectives prometteuses pour le traitement de l’infertilité. Le processus repose sur le transfert nucléaire de cellules somatiques : le noyau – contenant le matériel génétique – de cellules cutanées est implanté dans un ovule dont le noyau a été retiré. Le défi majeur résidait jusqu’à présent dans la correction du nombre de chromosomes, car cette manipulation aboutissait à un surplus. Les chercheurs ont donc mis au point la mitomeiose, un processus qui imite la division cellulaire naturelle et permet d’éliminer cet ensemble chromosomique supplémentaire.

Les résultats, publiés récemment, montrent qu’il est possible de créer des cellules reproductrices viables à partir de cellules non reproductrices. Sur les 82 ovules en développement ainsi manipulés, 8 ont atteint le stade blastocyste, un stade crucial du développement embryonnaire où les cellules se divisent rapidement. C’est à ce moment que les embryons sont habituellement transférés dans l’utérus lors d’une FIV.

Des experts britanniques saluent cette avancée, tout en soulignant la nécessité de poursuivre les recherches. Ying Cheong, professeure de médecine reproductive à l’Université de Southampton, la qualifie de « preuve de concept passionnante ».

« Pour la première fois, les scientifiques ont démontré qu’il est possible d’introduire l’ADN de cellules corporelles ordinaires dans un ovule, de l’activer et de le programmer pour qu’il se débarrasse de la moitié de ses chromosomes, imitant ainsi les étapes spécifiques qui créent normalement les ovules et les spermatozoïdes. »

Ying Cheong, professeure de médecine reproductive, Université de Southampton

Selon la professeure Cheong, cette découverte pourrait transformer notre compréhension de l’infertilité et des fausses couches, et « ouvrir la voie à la création de cellules ressemblant à des ovules ou à des spermatozoïdes pour ceux qui n’ont pas d’autres options ». Richard Anderson, professeur de sciences de la reproduction clinique à l’Université d’Édimbourg, confirme que cette recherche démontre que « le matériel génétique des cellules cutanées peut être utilisé pour générer une cellule ressemblant à un ovule avec le bon nombre de chromosomes, capable d’être fécondée et de se transformer en un embryon précoce ».

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.