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Un nouveau gel atteint un taux de guérison de 90% aux premiers stades du cancer de la peau non mélanome

Publié le 30 septembre 2025 à 23h01. Une nouvelle approche thérapeutique prometteuse, utilisant un radio-isotope, permet de traiter certains cancers de la peau non mélanomiques avec un taux de guérison atteignant 90%, offrant une alternative à la chirurgie…

Un nouveau gel atteint un taux de guérison de 90% aux premiers stades du cancer de la peau non mélanome

Publié le 30 septembre 2025 à 23h01. Une nouvelle approche thérapeutique prometteuse, utilisant un radio-isotope, permet de traiter certains cancers de la peau non mélanomiques avec un taux de guérison atteignant 90%, offrant une alternative à la chirurgie pour les lésions superficielles.

  • L’Hôpital del Mar de Barcelone utilise avec succès le radio-isotope RE-188 sous forme de gel pour traiter les carcinomes basocellulaires et les carcinomes en plaques de moins de 3 millimètres de profondeur.
  • Le traitement, non invasif et indolore, se déroule en ambulatoire et laisse peu de cicatrices, avec un taux de réussite élevé, entre 89 et 98% selon les centres.
  • Cette technique s’adresse particulièrement aux patients fragiles ou aux lésions situées dans des zones délicates du visage, où la chirurgie pourrait avoir un impact esthétique important.

L’Hôpital del Mar (Barcelone) a mis au point une nouvelle méthode de traitement des cancers de la peau non mélanomiques, basée sur l’application locale d’un radio-isotope, le RE-188, sous forme de gel. Cette approche innovante, qui s’inscrit dans une démarche de médecine de précision, offre une alternative intéressante à la chirurgie pour les patients atteints de carcinomes basocellulaires et de carcinomes en plaques à un stade précoce.

Selon le Dr Sònia Segura, médecin référent du service de dermatologie du centre hospitalier de Barcelone, cette thérapie est particulièrement adaptée aux « premiers stades des carcinomes basocellulaires et des carcinomes en plaques », avec une profondeur inférieure à trois millimètres (3 mm). Elle ne serait pas recommandée dans les formes plus avancées ou métastatiques de ces maladies.

Le traitement consiste à appliquer le radio-isotope RE-188 directement sur la lésion cutanée. Le service de médecine nucléaire du service de radiologie, intégré au réseau Dibi, travaille en étroite collaboration avec les unités de dermatologie et de physique et de protection radiologique pour assurer la sécurité et l’efficacité de la procédure. À ce jour, cinq patients ont bénéficié de ce traitement, certains ayant reçu deux applications pour différentes lésions. Les premiers résultats sont encourageants, avec une bonne tolérance et une absence d’effets secondaires significatifs. Un suivi régulier est mis en place pour confirmer le succès à long terme de la thérapie.

Le Dr Pedro Plaza, chef du service de médecine nucléaire, souligne les avantages de cette nouvelle approche :

« Il s’agit d’un traitement non invasif, sans chirurgie ni anesthésie, qui est appliqué en séances ambulatoires entre 30 minutes et trois heures, avec un grand avantage esthétique pour le patient. »

Les taux de réussite observés varient entre 89 et 98% après une seule séance, en fonction des centres qui utilisent cette technique. Des expériences similaires ont déjà été menées avec succès dans d’autres hôpitaux en Allemagne, en Italie, ainsi qu’aux hôpitaux 12 de Octubre et La Paz de Madrid, et à la clinique universitaire de Navarre.

Le RE-188 émet un rayonnement β, qui est libéré de manière contrôlée et localisée, minimisant ainsi l’impact sur les tissus sains environnants.

« Avec cette approche, nous pouvons traiter les lésions dans des zones compliquées pour effectuer un traitement chirurgical ou chez les patients fragiles pour lesquels l’entrée de la salle d’opération peut signifier un risque »,

explique le Dr Segura. Elle ajoute que cette technique peut également être utilisée dans des situations où la radiothérapie classique pourrait être difficile à appliquer ou présenter un risque de toxicité.

Cette nouvelle procédure vient compléter les options thérapeutiques existantes pour les cancers de la peau non mélanomiques, telles que la chirurgie, la radiothérapie (lorsque la chirurgie n’est pas possible) ou les thérapies ciblées par voie orale pour les formes avancées non opérables. L’utilisation du gel RE-188 permet de traiter des zones sensibles ou délicates, comme le visage, les lèvres, le nez ou les oreilles, où les alternatives thérapeutiques peuvent avoir un impact esthétique plus important. Dans certains cas, elle peut même éviter l’excision de la zone affectée, ce qui est bénéfique pour le bien-être émotionnel du patient, en réduisant les séquelles physiques de la maladie.

Le radio-isotope RE-188, appliqué en gel, est associé à une toxicité minimale. Il s’agit d’une procédure indolore qui laisse peu de marques ou de cicatrices sur la peau, tout en entraînant la disparition visuelle de la tumeur.

« En effet, le radio-isotope « attaque » les cellules cancéreuses de la peau non mélanomique et après plusieurs semaines (apparence antérieure d’inflammation et de croûte), la tumeur disparaît en laissant une zone d’apparence rose légèrement cicatricielle dans la zone où la tumeur était »,

précise le Dr Segura.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.