Home AffairesLe journal de Nottingham prend une action en justice sur l’interdiction des journalistes du Conseil de réforme | Liberté de presse

Le journal de Nottingham prend une action en justice sur l’interdiction des journalistes du Conseil de réforme | Liberté de presse

by Amélie Bernard

Publié le 24 septembre 2025 18:45:00. Le journal local Nottingham Post et son site en ligne sont au cœur d’une bataille juridique avec le conseil du comté de Nottinghamshire, dirigé par le parti Réforme du Royaume-Uni, après avoir été frappés d’une interdiction de communication.

  • Le conseil du comté de Nottinghamshire a interdit au Nottingham Post et à Nottinghamshire Live d’interroger son chef, Mick Barton, et les a retirés des listes de diffusion officielles.
  • Reach Midlands Media, la société éditrice des deux titres, a engagé une action en justice, arguant d’une violation de la liberté d’expression.
  • L’affaire a dépassé les frontières du Nottinghamshire, suscitant des réactions jusqu’au Congrès américain et des critiques sur les méthodes du parti Réforme.

Une interdiction de communication sans précédent a été imposée au Nottingham Post et à Nottinghamshire Live par le conseil du comté de Nottinghamshire, dirigé par le parti Réforme du Royaume-Uni. Cette décision, jugée arbitraire par la direction des journaux, a conduit à une contestation judiciaire.

Tout a commencé suite à un article portant sur des dissensions internes au sein du groupe politique du conseil concernant des projets de réorganisation des collectivités locales. Mick Barton, le chef du conseil, a pris exception à cet article et a décidé de couper les ponts avec les journalistes du Nottingham Post et de Nottinghamshire Live. Natalie Fahy, la rédactrice en chef du site Nottinghamshire Live, avait déjà exprimé son inquiétude face à une possible dégradation de la situation si le parti Réforme venait à former le prochain gouvernement.

Reach Midlands Media, la société mère des deux publications, a réagi en lançant une procédure judiciaire contre le conseil. Les négociations informelles n’ayant pas permis de lever l’interdiction, une lettre de mise en demeure a été envoyée au conseil, lui donnant jusqu’à jeudi pour revenir sur sa décision. La lettre, rédigée en collaboration avec les avocats internes de Nottinghamshire Live, souligne l’absence de fondement juridique de cette interdiction, la qualifiant d’« irrationnelle ».

Selon Reach Midlands Media, cette mesure viole non seulement les réglementations locales, mais également l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme, qui protège la liberté d’expression et le droit d’exprimer ses opinions sans ingérence gouvernementale. L’entreprise estime également que l’interdiction contrevient au code de conduite des conseillers du comté de Nottinghamshire.

Un assouplissement partiel de l’interdiction a été observé concernant les trois journalistes de l’équipe de journalisme local financée par la BBC, qui peuvent désormais interagir avec le conseil et ses élus comme auparavant. Cependant, l’interdiction reste en vigueur pour les autres journalistes travaillant pour le Nottingham Post et Nottinghamshire Live, qui se sont vus refuser tout entretien avec Mick Barton.

Cette affaire a suscité une vive réaction au-delà du comté de Nottinghamshire. Elle a même été évoquée au Congrès américain, où Nigel Farage, le chef du parti Réforme, a été interpellé à ce sujet lors d’une audition sur la liberté d’expression au Royaume-Uni. Max Wilkinson, porte-parole des libéraux-démocrates pour les questions de médias, a dénoncé des « tactiques autoritaires » et a comparé le comportement du conseil à celui d’un régime nord-coréen. Il a notamment critiqué une approche jugée de plus en plus inspirée de Donald Trump.

Le conseil du comté de Nottinghamshire n’a pas souhaité commenter cette affaire.

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