Le gouvernement chinois a exprimé son mécontentement face à l’annonce de la nationalisation de British Steel par le Royaume-Uni, selon un communiqué publié le 17 juillet 2026.
Le ministère chinois des Affaires étrangères a dénoncé la décision du gouvernement britannique de nationaliser British Steel, une entreprise sidérurgique historique, lors d’une conférence de presse tenue le 17 juillet 2026. Cette réaction intervient après l’annonce officielle par le Premier ministre britannique Keir Starmer, le 15 juillet, de la mise sous contrôle public de l’entreprise, un projet visant à sécuriser la supply chain de l’acier pour les industries stratégiques.
Contexte de la nationalisation
British Steel, filiale du groupe Tata Steel, a été rachetée par le gouvernement britannique pour 1,5 milliard de livres sterling, selon un communiqué du ministère de l’Économie publié le 15 juillet. Cette opération, présentée comme une mesure de sécurité nationale
, vise à préserver l’industrie sidérurgique britannique face aux fluctuations des marchés mondiaux. Le gouvernement a précisé que la nationalisation serait temporaire, avec un plan de revente à des investisseurs privés d’ici 2028.
Le Premier ministre Keir Starmer a justifié cette décision lors d’un discours à Sheffield, ville historique de l’industrie sidérurgique : L'acier est la base de notre infrastructure et de notre défense. Nous ne pouvons plus laisser cette industrie être soumise aux caprices du marché.
Cette déclaration a été relayée par le quotidien *The Guardian*, qui cite des experts économiques soulignant les enjeux géopolitiques de la mesure.
Réaction chinoise
La Chine a réagi rapidement, qualifiant la nationalisation de mesure protectionniste inutile
dans un communiqué publié par l’agence de presse Xinhua le 17 juillet. Cette décision met en danger la concurrence équitable et risque d'entraîner des tensions commerciales
, a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, sans préciser de nom. L’ambassade chinoise au Royaume-Uni a également envoyé une note de protestation au Foreign Office, selon *Le Monde*.
Les critiques chinoises s’inscrivent dans un contexte plus large de tensions commerciales entre les deux pays. En 2025, le gouvernement chinois avait déjà exprimé des préoccupations sur les restrictions britanniques sur les investissements dans les technologies critiques. Un rapport du think tank Chatham House, publié le 12 juillet, souligne que la Chine voit dans ces mesures une tentative de réduction de son influence sur les chaînes d'approvisionnement mondiales.
Implications économiques
Les conséquences de la nationalisation sur l’économie britannique restent incertaines. Le secteur sidérurgique, déjà en difficulté depuis les années 2010, a vu sa production baisser de 18 % entre 2020 et 2025, selon l’Office national des statistiques. Le gouvernement britannique prévoit d’investir 300 millions de livres sterling dans l’upgrading des usines de British Steel, mais des syndicats comme Usdaw ont mis en garde contre des risques de chômage.
Sur le plan international, l’Union européenne a appelé à une approche équilibrée
pour éviter les distorsions du marché. Le commissaire européen à la Concurrence, Valdis Dombrovskis, a déclaré le 16 juillet : Les mesures de nationalisation doivent respecter les règles de l'OMC et ne pas créer de précédents dangereux.
Cette position a été reprise par *Reuters*, qui cite des analystes estiment que le modèle britannique pourrait inspirer d’autres pays.
Perspectives futures
Le sort de British Steel restera sous le feu des critiques. Le ministère chinois des Affaires étrangères a annoncé qu’il surveillerait de près les développements
et pourrait envisager des mesures compensatoires, selon Xinhua. Parallèlement, des groupes écologistes britanniques, comme Extinction Rebellion, ont demandé une réforme plus ambitieuse de l’industrie, en exigeant des investissements dans les énergies renouvelables.

Le prochain défi pour le gouvernement britannique sera de concilier la sécurité industrielle et les impératifs de marché. Un rapport publié par l’Institut économique de Londres le 14 juillet prévoit que la nationalisation pourrait entraîner une hausse des coûts de l’acier de 10 à 15 %, affectant les constructions et l’industrie automobile. Les prochaines semaines devraient voir des négociations avec des partenaires commerciaux, notamment en Asie, pour atténuer les tensions.
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