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USD / EUR: Plus dans le réservoir

by Amélie Bernard

La zone euro accuse un retard significatif par rapport aux États-Unis en matière de reprise économique, un fossé qui s’élargit en raison de la lenteur du déploiement des aides budgétaires et des disparités dans les politiques monétaires. Cette divergence pourrait entraîner une augmentation des écarts de taux d’intérêt entre les obligations américaines et allemandes.

Alors que l’économie américaine bénéficie de plans de relance successifs, notamment le récent plan d’infrastructure dévoilé par l’administration Biden, la zone euro peine à mettre en œuvre le fonds de relance « Next Generation EU » (NGEU), convenu en juillet 2020. Bien que les premières versements liés à ce fonds soient attendus au second semestre 2021, leur impact sera différé, contrairement à l’effet immédiat des mesures américaines.

Cette situation se traduit par une divergence croissante des politiques monétaires. La Banque centrale européenne (BCE) a été contrainte d’accélérer ses achats d’obligations au deuxième trimestre 2021 et envisage d’augmenter encore son programme d’assouplissement quantitatif. À l’inverse, la Réserve fédérale américaine (Fed) est confrontée à la difficulté de freiner les anticipations de hausse des taux d’intérêt, stimulées par la forte création d’emplois et le risque d’une accélération de l’inflation.

Les différences en matière de politique budgétaire se reflètent également dans l’offre nette d’obligations. Aux États-Unis, malgré les achats massifs de la Fed (80 milliards de dollars par mois), le marché du Trésor américain connaît une offre nette record, estimée à 2 250 milliards de dollars (environ 1 875 milliards d’euros) en 2021. En zone euro, la réponse budgétaire plus modeste a limité l’émission d’obligations gouvernementales. La BCE compense ce manque en augmentant ses achats d’obligations, qui pourraient dépasser l’offre nette d’obligations allemandes de plus de 100 milliards d’euros en 2021.

Selon les prévisions, l’écart de rendement entre les bons du Trésor américain et le bund allemand devrait atteindre 225 points de base d’ici la fin de l’année, contre 200 points de base actuellement. Les experts estiment que la dynamique de croissance américaine, avec une prévision de 3 % pour l’année prochaine et une inflation moyenne de 2,9 % en 2021 et 2022, est un facteur clé de cette divergence. Un pic à court terme des taux d’intérêt n’est pas à exclure, les marchés anticipant déjà une amélioration de la situation économique américaine.

L’accélération de la campagne de vaccination dans l’Union européenne et le lancement du NGEU devraient permettre d’améliorer les perspectives économiques de la zone euro au second semestre 2021, mais l’écart avec les États-Unis pourrait persister dans un premier temps.

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