Publié le 8 novembre 2024 à 18h22. Une part significative des postes de spécialisation médicale en France reste inoccupée, notamment en urgence, révélant un désintérêt croissant des jeunes médecins pour ces carrières exigeantes et sous tension.
- 17 % des postes de spécialisation médicale n’ont pas trouvé preneur cette année.
- Le taux d’inoccupation atteint 45 % en médecine d’urgence, un record.
- Les jeunes médecins dénoncent des charges de travail excessives et un manque de personnel criant.
Plus de 2 500 contrats de spécialisation, sur un total de 15 283 offres régionales, sont restés vacants. Selon les associations de médecins, ce chiffre devrait encore augmenter dans les semaines à venir, à mesure que certains candidats renonceront à leur choix. La médecine d’urgence est particulièrement touchée, avec près de la moitié des postes non pourvus.
Ce désintérêt des jeunes médecins pour les services d’urgence est lié, selon eux, à des conditions de travail extrêmement difficiles. Les charges de travail sont considérées comme excessives et épuisantes, aggravées par une pénurie chronique de personnel. Cette situation ne permet pas de développer d’autres activités hospitalières et engendre un véritable épuisement professionnel, voire une blessure morale chez les soignants.
L’Association des Jeunes Médecins (AJaM) et l’Association Nationale des Internes, des Étudiants en Médecine et des Jeunes Docteurs (ANEMJ) dénoncent une situation “largement prévisible et signalée à plusieurs reprises”. L’analyse des 36 écoles de spécialisation en médecine d’urgence révèle que seulement 55 % des 976 contrats proposés ont été attribués (537 contrats).
Des difficultés similaires sont observées dans des spécialités cruciales pour le diagnostic et le traitement des maladies oncologiques, telles que l’anatomie pathologique et la radiothérapie.
« Le nombre de postes non pourvus a diminué cette année grâce à une augmentation du nombre de candidats », explique Massimo Minero, président de l’AJaM. « Nous espérons que cet équilibre se maintiendra, mais avec le nombre élevé d’étudiants en médecine actuellement, il sera difficile de le préserver. »
Les représentants des médecins insistent sur la nécessité d’une réforme en profondeur de la formation post-diplôme, avec notamment la mise en place de contrats de travail et le renforcement de l’attractivité hospitalière. “Il est également crucial de réévaluer les besoins en spécialistes en fonction des réalités du terrain et des besoins des hôpitaux”, soulignent Silverio Pire, secrétaire national d’Anaao Assomed, et Giammaria Liuzzi, directeur national d’Anaao Giovani.
« Nous sommes prêts à collaborer pour améliorer la situation des jeunes médecins », affirment les dirigeants d’Anaao Assomed et de l’AJaM. Ils appellent la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Anna Maria Bernini, à engager un dialogue constructif. Ils proposent notamment d’augmenter le nombre de vœux possibles lors de la phase d’affectation et d’accorder une flexibilité de 45 jours pour la prise de poste.
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