Home MondeRugby et rivalité: utilisez une diplomatie sportive pour contrer la Chine dans le Pacifique Sud

Rugby et rivalité: utilisez une diplomatie sportive pour contrer la Chine dans le Pacifique Sud

by Clara Dubois

Publié le 26 mai 2024. Face à l’influence croissante de la Chine dans le Pacifique Sud, les États-Unis explorent de nouvelles voies diplomatiques, notamment par le biais du sport, pour renforcer leurs liens avec les nations insulaires de la région.

  • Les États-Unis, malgré un engagement financier important dans le développement du Pacifique Sud, voient la Chine gagner du terrain en termes d’influence régionale.
  • La marine américaine envisage d’intensifier sa diplomatie sportive, en particulier via le rugby, pour contrer l’influence chinoise et établir des relations durables.
  • Le manque d’engagement direct des présidents américains avec les dirigeants des îles du Pacifique contraste fortement avec les visites régulières de Xi Jinping dans la région.

Alors que l’aide américaine et celle de ses alliés au développement dans le Pacifique Sud dépasse les contributions de la République populaire de Chine (RPC), Pékin a réussi à accroître son influence dans cette région stratégique. Les quatorze pays insulaires du Pacifique, bien que de petite taille, contrôlent une zone économique exclusive représentant 20 % de la surface terrestre et occupent une position géographique cruciale. Cette compétition pour l’influence régionale exige une approche plus proactive de la part des États-Unis.

La marine américaine a déjà expérimenté la diplomatie sportive à travers des échanges avec les équipes de rugby de l’Académie navale américaine et des visites de navires. L’objectif est désormais de systématiser et de pérenniser ces initiatives. Investir dans des matchs de rugby réguliers dans le Pacifique Sud pourrait constituer un moyen efficace de rivaliser avec la Chine dans le cadre d’une stratégie globale.

Les nations insulaires du Pacifique aspirent à une attention que les États-Unis n’ont pas toujours su leur accorder. Aucun président américain n’a visité un pays insulaire du Pacifique à ce jour. Le président Clinton a été le dernier à recevoir un chef d’État insulaire, tandis que le président chinois Xi Jinping s’est rendu en Papouasie-Nouvelle-Guinée et aux Fidji, et a accueilli de nombreux dirigeants en Chine. Une diplomatie sportive régulière pourrait servir de tremplin pour des engagements de haut niveau, attirant l’attention de l’opinion publique du Pacifique Sud. L’Australie a récemment signé un accord avec la Papouasie-Nouvelle-Guinée, s’engageant à investir 600 millions de dollars australiens dans une équipe d’expansion de la Ligue nationale de rugby (LNR) à Port Moresby d’ici 2028. Peu de temps après, la Papouasie-Nouvelle-Guinée a conclu des accords de défense avec l’Australie, ce qui suggère une convergence d’intérêts.

La diplomatie sportive est un outil puissant pour établir des relations et favoriser la compréhension mutuelle. Le rugby, particulièrement populaire dans le Pacifique Sud, offre à la marine américaine une opportunité unique de s’engager avec les communautés locales. L’équipe de rugby de l’Académie navale américaine a effectué une tournée diplomatique de rugby dans le Pacifique en 2024, disputant des matchs aux Fidji, aux Samoa et aux Tonga. Bien qu’une tournée similaire ne soit pas prévue pour 2025, il existe un potentiel important pour rivaliser avec la Chine auprès des jeunes insulaires.

Les États-Unis pourraient également accueillir des équipes du Pacifique Sud sur leur territoire, à l’instar du week-end annuel de rugby de Las Vegas organisé par la LNR australienne. De plus, les marins américains d’origine insulaire pourraient être encouragés à assister aux matchs dans leurs pays d’origine, renforçant ainsi les liens avec les populations locales. La marine royale néo-zélandaise adopte déjà une approche similaire en envoyant des marins d’origine insulaire visiter ces îles lors de journées commémoratives militaires, comme le Jour Anzac.

L’ancien président Trump avait exprimé son intérêt pour l’organisation d’événements sportifs majeurs aux États-Unis, notamment les Jeux olympiques et la Coupe du monde. Les matchs de rugby impliquant la marine américaine et les équipes du Pacifique Sud pourraient offrir à l’administration actuelle des opportunités médiatisées pour interagir avec les dirigeants de pays stratégiques. Si la Chine peut construire des stades, elle ne dispose pas d’équipes de rugby compétitives, contrairement à la marine américaine. La diplomatie sportive permet ainsi de démontrer la présence américaine et de servir les intérêts régionaux.

Le commandant Jason Lancaster est un officier de guerre de surface. Il a servi à bord de destroyers, de navires amphibies et d’un escadron de destroyers. À terre, il a été instructeur à l’école de guerre de surface, au N5 du commandement des forces navales de Corée et à Opnav N5, et occupe actuellement le poste d’officier des opérations au Joint J-7 Joint Deployment Training Center. Il est titulaire d’un master du National War College et de l’Université de Tulsa, et a obtenu sa licence au Mary Washington College.

Joueurs de rugby de l'Académie navale américaine et joueurs samoans lors de la tournée des îles du Pacifique de l'USNA Rugby aux Samoa. (Photos de l'ambassade américaine aux Samoa)

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.