Publié le 2 octobre 2025, 05h51. Malgré un ralentissement des ventes et la fin des subventions aux États-Unis, l’action Tesla a connu une hausse spectaculaire de 100 % depuis avril, soulevant des interrogations sur sa valorisation réelle par rapport à l’ensemble de l’industrie automobile.
- Le cours de l’action Tesla a doublé depuis avril, effaçant les pertes hivernales.
- La capitalisation boursière de Tesla dépasse désormais celle de tous les autres constructeurs automobiles réunis, atteignant 1 473 milliards de dollars (environ 1,36 milliard d’euros).
- Les ventes de Tesla sont en baisse en Suisse et en Europe, contrastant avec la flambée boursière.
Le printemps dernier, Elon Musk, PDG de Tesla, avait suscité la polémique en affichant son soutien au nouveau président américain Donald Trump et en adoptant des positions controversées. Ces prises de position avaient entraîné des manifestations devant les succursales de Tesla et des actes de vandalisme. Le cours de l’action avait alors atteint son point le plus bas. Depuis, M. Musk s’est recentré sur l’entreprise, et le marché lui en est reconnaissant.
Cette envolée du cours de l’action place Tesla en territoire inexploré. La somme de toutes les actions Tesla, sa capitalisation boursière, a atteint cette semaine le chiffre astronomique de 1 473 milliards de dollars. Une valorisation qui apparaît déconnectée de la réalité économique, certains analystes la comparant à un château de cartes bâti sur l’imagination.
Le contraste est saisissant avec les chiffres de vente réels. Les données les plus récentes révèlent que Tesla peine à maintenir sa dynamique. En Suisse, les ventes ont chuté d’environ 40 % au cours des neuf premiers mois de l’année par rapport à 2024. En Allemagne, Tesla a enregistré 4 319 immatriculations depuis le début de l’année, se classant au 14e rang des constructeurs automobiles. Même les nouveaux modèles n’ont pas réussi à relancer les ventes.
La tendance baissière se confirme également en Europe, où Tesla a enregistré une diminution de 43 % des nouvelles immatriculations au cours des huit premiers mois de l’année. En Chine, le constructeur a toutefois réussi à stabiliser ses ventes. Aux États-Unis, les chiffres sont biaisés par la suppression, à compter du 1er octobre, des subventions aux véhicules électriques. Il est possible que les ventes aient été artificiellement gonflées en amont pour profiter des crédits d’impôt.
Alors, qu’est-ce qui explique cette valorisation excessive ? Les investisseurs misent sur l’avenir de l’entreprise et sur la capacité d’Elon Musk à innover. Ils espèrent que Tesla se transformera d’un leader des véhicules électriques en un acteur majeur de l’intelligence artificielle et de la robotique. Tesla teste actuellement un service de robot-taxi entièrement automatisé dans quatre États américains. Si le projet est prometteur, la concurrence est rude, notamment de la part de Google avec Waymo et d’Amazon avec ses véhicules futuristes.
Galerie de photos de début
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Image 1 sur 3. Veuillez entrer: Self-Driving Taxi Service Zoox d’Amazon à San Francisco.
Source de l’image: zoox.com. -
Image 2 sur 3. C’est à quoi ressemble le service de taxi auto-conducteur d’Amazon de l’intérieur. Comme dans la gondole dans les Alpes suisses.
Source de l’image: zoox.com. -
Image 3 sur 3. Véhicule autonome avec des capteurs Google Waymo: Le pionnier est beaucoup plus loin que Tesla avec son service de robotaxi.
Source de l’image: Waymo.
Fin de la galerie de photos
Les analystes avertissent également que la fin des subventions aux véhicules électriques aux États-Unis pourrait peser sur les ventes de Tesla. Jusqu’à présent, les acheteurs pouvaient bénéficier d’un crédit d’impôt allant jusqu’à 7 500 dollars par véhicule. Tesla ne bénéficiera plus non plus des paiements pour les droits d’émission de CO₂, qui représentent environ trois milliards de dollars par an. Pour Garrett Nelson, analyste boursier de la société de recherche CFRA, le cours de l’action Tesla est donc surévalué. Il estime que le titre devrait valoir 300 dollars, soit 32 % de moins que son cours actuel.
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