Home AffairesLes créanciers de la Tamise Water offrent une radiation de 25% pour des objectifs plus indulgents

Les créanciers de la Tamise Water offrent une radiation de 25% pour des objectifs plus indulgents

by Amélie Bernard

Publié le 26 octobre 2023 10:42:00. Les créanciers de Thames Water, la plus grande entreprise de distribution d’eau du Royaume-Uni, ont présenté un plan de sauvetage prévoyant une réduction de dette significative et une injection de capitaux de plus de 5 milliards de livres sterling (environ 5,8 milliards d’euros), dans l’espoir d’éviter une éventuelle renationalisation.

  • Les créanciers proposent d’effacer 25 % de la dette de Thames Water, soit environ 4 milliards de livres sterling (4,6 milliards d’euros).
  • Un investissement de 3,15 milliards de livres sterling (3,7 milliards d’euros) en fonds propres et de 2,25 milliards de livres sterling (2,6 milliards d’euros) en nouvelle dette est prévu.
  • Le plan est conditionné à une clémence des régulateurs concernant les amendes liées aux déversements d’eaux usées et aux fuites.

Les créanciers de Thames Water, regroupés au sein du consortium London & Valley, ont dévoilé cette proposition ambitieuse jeudi, dans l’espoir d’obtenir l’approbation de l’organisme de régulation de l’eau, Ofwat. Cette initiative intervient après plus d’un an de lutte pour éviter une prise de contrôle publique de l’entreprise, qui fournit de l’eau et des services d’assainissement à 16 millions de personnes à Londres et dans les environs.

Le plan prévoit également une possible introduction en bourse de Thames Water d’ici 2030. En échange de cette restructuration financière, les créanciers obtiendraient une participation d’au moins 10 % dans l’entreprise. Ils se sont engagés à ne pas verser de dividendes aux actionnaires avant mars 2030 et à ne pas vendre l’entreprise avant cette date.

Thames Water a souligné que l’offre du consortium de créanciers était la seule solution viable sur la table, après le retrait de la société de capital-investissement KKR, en partie en raison des craintes liées à une intervention gouvernementale.

Le gouvernement britannique, qui devra valider le plan, a déclaré privilégier une solution « pilotée par le marché ». Si l’accord échoue, Thames Water pourrait devenir la première compagnie des eaux en Angleterre à être placée sous administration spéciale.

L’ancien secrétaire d’État à l’Environnement, Steve Reed, avait précédemment averti que le gouvernement ne ferait preuve d’aucune indulgence envers Thames Water en matière de respect des objectifs environnementaux et d’amendes.

« Il est juste que l’entreprise soit soumise aux mêmes conséquences que toute autre compagnie d’eau. »

Steve Reed, ancien secrétaire d’État à l’Environnement

Les créanciers se sont engagés à réduire les rejets d’eaux usées de 30 % d’ici 2030, un objectif inférieur à celui de 50 % fixé par Steve Reed. Charles Maynard, député libéral-démocrate, a appelé à une prise de contrôle de l’entreprise par l’État.

« Le gouvernement doit mettre fin à cette mascarade, placer l’entreprise en administration spéciale, réduire considérablement sa dette et la confier rapidement à une entreprise détenue collectivement par ses 16 millions de clients. »

Charles Maynard, député libéral-démocrate

Thames Water a reconnu que son infrastructure vieillissante représente un « risque pour la sécurité publique » et que ses performances en matière de rejets d’eaux usées ont suscité une vive indignation et entraîné des amendes importantes de la part d’Ofwat. Les créanciers ont également souligné la vulnérabilité de certaines installations, telles que les usines de traitement de l’eau, face à des pannes d’électricité.

Le plan de restructuration vise à réduire l’endettement de l’entreprise, qui atteint actuellement 84,4 %, à 53 % et à lui permettre de retrouver une notation de crédit de qualité investissement dans un délai de 18 mois. Malgré la réduction de dette proposée, Thames Water restera confrontée à une montagne de dettes de 14 milliards de livres sterling (16,4 milliards d’euros).

Les créanciers espèrent obtenir l’approbation d’Ofwat avant le 22 octobre, date limite pour les entreprises souhaitant contester les augmentations de tarifs. Thames Water avait retardé sa demande d’augmentation de tarifs en raison de ses difficultés financières.

Le consortium London & Valley a déjà prêté plus de 3 milliards de livres sterling (3,5 milliards d’euros) à Thames Water à un taux d’intérêt de 9,75 %. Dans le cadre de cet accord, les dirigeants de l’entreprise, à l’exception du directeur général Chris Weston, se sont vus proposer des primes de rétention de plusieurs millions de livres sterling. Certains créanciers ont acquis les obligations de Thames Water à un prix réduit, ce qui leur permettra de réaliser des bénéfices même après l’effacement de la dette.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.