Après un premier semestre difficile, le dollar américain (DXY) montre des signes de rebond, porté par des négociations commerciales en cours, une attitude plus patiente de la Réserve fédérale américaine (Fed), des données économiques encourageantes et un repositionnement des investisseurs sur les marchés boursiers.
Ce regain d’intérêt pour le dollar s’explique également par des facteurs techniques, notamment des conditions de survente, un sentiment baissier prononcé et un soutien important pour la tendance à long terme du DXY. Cependant, l’évolution du dollar est intrinsèquement liée à la performance de ses principales devises comparatives, en particulier l’euro, qui représente 58 % du panier de monnaies constituant le DXY.
À ce stade, les perspectives économiques de la zone euro semblent moins favorables que celles des États-Unis. La Banque centrale européenne (BCE) a mis en pause ses hausses de taux d’intérêt le mois dernier, après avoir réduit son taux directeur de 4 % à 2 % au cours de l’année écoulée, avec quatre baisses de 0,25 point de pourcentage en 2025 et une autre attendue d’ici décembre. Cette politique monétaire contraste fortement avec celle de la Fed, dont le taux directeur actuel se situe à 4,5 %, sans baisse à l’horizon pour le moment, et avec la possibilité de deux ou trois réductions de 0,25 point de pourcentage d’ici la fin de l’année.
La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a souligné que les risques pesant sur la croissance économique de la zone euro restent « orientés à la baisse ». Un ton différent de celui adopté par le président de la Fed, Jerome Powell, qui a déclaré la semaine dernière : « Malgré une incertitude élevée, l’économie américaine est dans une position solide. »
L’arrivée prochaine d’Adriana Kugler au sein du conseil des gouverneurs de la Fed, suite à sa démission la semaine dernière, pourrait renforcer l’orientation actuelle de la banque centrale américaine. Toutefois, les experts ne s’attendent pas à un changement majeur par rapport aux prévisions du marché concernant le début des baisses de taux en septembre.
Sur le long terme, le dollar continue de bénéficier d’une tendance haussière amorcée en 2008. La baisse actuelle de 12 % par rapport au sommet de janvier est comparable à d’autres corrections observées depuis que le dollar a dépassé les niveaux de 2009-2010. Le positionnement court des investisseurs institutionnels et des fonds spéculatifs a également atteint des niveaux extrêmes, souvent observés avant des retournements de tendance.
Le dollar devra franchir la moyenne mobile sur 50 jours, autour de 98,25, pour confirmer sa reprise et viser la partie inférieure de sa fourchette précédente, à 100,75. Il bénéficie toujours du soutien d’une tendance haussière de long terme.
Un parallèle peut être établi avec la période suivant l’élection de Donald Trump en novembre 2016. Le dollar avait alors bondi d’environ 8 % avant d’atteindre un pic en janvier 2017, suivi d’une correction de 12 % avant de se stabiliser en septembre.
L’évolution actuelle du dollar, avec un rallye en janvier suivi d’un repli de 12 % en juillet, présente des similitudes avec cette période. Bien que le contexte macroéconomique actuel soit différent de celui de 2016, l’histoire a tendance à rimer, selon les analystes.
En résumé, le dollar se trouve à un point d’inflexion. Le récent rebond pourrait se poursuivre, malgré les vents contraires potentiels liés à une attitude plus restrictive de la Fed. Sur une base comparative, l’économie américaine semble plus résiliente que celle de l’Europe et devrait éviter une récession. De plus, la domination technologique américaine pourrait continuer d’attirer les investissements étrangers, soutenant ainsi la demande de dollars et compensant l’impact d’un commerce mondial réduit.
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