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la nouvelle vie de Julie, du marketing à la coutellerie

by Amélie Bernard

Publié le 5 octobre 2025 à 07h00. Julie Beudin a troqué le monde du marketing pour l’art de la coutellerie en Touraine. Une reconversion réussie, née d’un désir de créer des objets utiles et esthétiques, façonnés par ses propres mains.

  • Après dix ans dans le marketing, Julie a perdu son emploi, un événement déclencheur qui l’a poussée à se réinventer.
  • Elle a créé son entreprise de coutellerie artisanale en Touraine il y a 18 mois, transformant son garage en atelier.
  • Son expérience en marketing lui permet d’aborder son activité avec une approche stratégique, notamment en matière de communication et de commercialisation.

Julie Beudin, 34 ans, a fait le choix d’une vie plus authentique et créative. Lassée d’un travail qui ne lui apportait plus de satisfaction, elle a saisi l’opportunité de sa perte d’emploi pour explorer une passion de longue date : le travail manuel, allié à une dimension artistique. « J’ai beaucoup aimé ce que je faisais mais je n’y trouvais plus de sens, j’en avais fait le tour, je n’éprouvais plus aucun plaisir à aller au travail », confie-t-elle.

Passionnée de cuisine et de marchés, elle a rapidement identifié la coutellerie comme un domaine qui correspondait à ses aspirations. « Je voulais être à la table des gens mais sans cuisiner pour eux. Je voulais faire un métier manuel mais avec une dimension artistique », explique-t-elle. Elle a hésité entre la céramique et la coutellerie, optant finalement pour cette dernière, un métier moins saturé et ne nécessitant pas forcément un CAP.

En 2023, Julie a effectué un stage chez Adrien Boulmer, artisan coutelier à Vicq-sur-Gartempe (Vienne), qui est devenu son mentor. « J’ai aimé autant la personne que le métier. C’est devenu un ami, je lui demande quelquefois de l’aide », témoigne-t-elle avec gratitude.

Julie travaille l’acier inoxydable et le carbone, ainsi que divers matériaux pour les manches : bois locaux (marronnier, noyer, hêtre), bois exotiques, fibre de verre, lin ou coton compressé. Elle crée des couteaux d’office, de cuisine, de table, pour enfants, pliants, adaptés à toutes les mains et à tous les usages.

« Je voulais absolument créer un objet utile. J’adore les couteaux, je m’en sers quotidiennement. Le couteau, c’est intime, on le tient en main. Certains préfèrent le côté lisse, d’autres recherchent la texture, c’est une expérience tactile, on découpe des choses que l’on va manger », précise-t-elle.

Moi ce qui m’anime, c’est la transformation de la matière, c’est toujours un peu magique. En plus là j’en transforme deux, l’acier et le bois, donc c’est une réelle satisfaction

Julie Beudin, coutelière

Son expérience en marketing lui a permis de structurer son projet avec rigueur, en réalisant une étude de marché, en développant une stratégie de communication et en mettant en place une boutique en ligne. Depuis la création d’Omma Coutellerie, Julie conçoit et fabrique des couteaux du quotidien, alliant fonctionnalité et esthétisme.

Du dessin à la lame affûtée

Le processus de création commence par un dessin ou une maquette. La forme du couteau est ensuite reportée sur l’acier et découpée à l’aide d’une meuleuse, puis affinée avec des bandes abrasives de différents grains. C’est également à ce stade que sont percés les trous pour les rivets du manche.

Les traitements thermiques de trempe et de revenu sont ensuite essentiels pour solidifier et rigidifier l’acier. Julie utilise un four pour chauffer les lames à 1 030 degrés, puis les refroidir rapidement avant de les remettre au four à 180 degrés.

Elle procède ensuite à l’émouture, qui définit le tranchant du couteau, puis à l’affûtage. Enfin, elle travaille les manches, en utilisant des chutes de bois récupérées ou achetées à des ébénistes et tourneurs.

Pour illustrer l’utilisation de ses créations, Julie réalise des vidéos mettant en scène ses couteaux lors de la préparation de recettes. Elle les partage sur ses réseaux sociaux. « Les personnes ne veulent pas voir un couteau tout seul, elles préfèrent voir la recette avec les différentes utilisations de l’objet », explique-t-elle.

Le nom de son entreprise, Omma, signifie « maman » en coréen. Un choix symbolique pour Julie, qui est à la fois maman et coutelière, et qui vouait une affection particulière à la culture culinaire coréenne.

Récemment, Julie a eu l’opportunité d’exposer ses créations à la Paris Design Week, du 4 au 13 septembre, un événement qui lui a permis de sortir de son atelier et de présenter son travail à un public plus large. Elle a notamment créé un couteau en bambou, inspiré des colliers de bonbons de son enfance.

Esquisses et dessins de couteaux réalisés par Julie Beudin.

© Julie Beudin- Omma coutellerie

Un couteau en bambou du jardin, création d'Omma coutellerie exposé à la  Paris Design Week.

Un couteau en bambou du jardin, création d’Omma coutellerie exposé à la Paris Design Week.

© Julie Beudin- Omma coutellerie

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