Le gouvernement suédois a annoncé une augmentation du salaire minimum requis pour l’obtention d’un permis de travail, fixant le seuil à 90 % du salaire médian. Cette décision, qui intervient après plus d’un an et demi de débats, est accueillie favorablement par le Parti libéral mais suscite des critiques de la part des organisations patronales.
À partir de juin 2026, le salaire minimum exigé passera de 29 680 couronnes suédoises (environ 2 600 euros) à 33 390 couronnes suédoises (environ 2 930 euros). Initialement, le gouvernement avait envisagé d’atteindre un seuil de 100 % du salaire médian, mais a finalement opté pour un compromis à 90 %, suite aux pressions exercées par les employeurs.
Contrairement aux recommandations d’une enquête gouvernementale, le gouvernement a renoncé à la création d’une liste de professions exemptées du nouveau seuil, gérée conjointement par l’Agence suédoise pour l’immigration et le Service public de l’emploi. « Nous avons choisi une approche plus restrictive en matière d’exemptions, tout en conservant la possibilité pour le gouvernement d’intervenir si nécessaire », a expliqué Johan Forssell, sans plus de précisions. Les exemptions seront désormais accordées par le biais de décrets gouvernementaux (Förordning), publiés en même temps que la nouvelle législation.
La Confédération de l’entreprise suédoise avait exprimé de vives inquiétudes concernant l’impact potentiel d’un seuil salarial élevé sur la compétitivité des entreprises suédoises. Elle avait critiqué à la fois la proposition initiale de fixer le seuil à 80 % du salaire médian et le projet de l’augmenter à 100 %.
Cette décision met fin à dix-huit mois de tergiversations depuis la publication, en février 2024, des recommandations de l’enquête gouvernementale. En août dernier, le ministre Johan Britz, du Parti libéral, avait publiquement appelé à un ralentissement de cette augmentation, craignant des conséquences négatives pour l’économie suédoise.
Simona Mohamsson, chef du Parti libéral, a salué l’annonce comme une victoire pour son parti, déclarant : « C’est une bonne journée pour la Suède. Passer le seuil de 100 % à 90 % fera une grande différence pour les employeurs. La Suède n’augmentera pas le sol salarial à 100 % du salaire médian. C’est bien. La Suède n’aura pas de liste avec 152 exceptions compliquées. C’est bien. La Suède aura des conditions et de l’ordre en ce qui concerne l’immigration du travail. C’est aussi bien. »
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