L’activité physique : mieux vaut un effort intense occasionnel qu’un programme régulier modéré ?
Boston, MA – On se pose souvent la question : est-ce que l’on fait assez d’exercice ? Et si la réponse est non, comment rattraper le temps perdu ? Une nouvelle étude menée par des chercheurs de Harvard apporte des éléments de réponse surprenants, remettant en question les recommandations traditionnelles en matière d’activité physique.
Longtemps, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a préconisé 30 minutes d’activité cardio quotidienne, ou l’équivalent de 150 minutes par semaine, réparties sur au moins cinq jours. Mais l’étude, publiée récemment et basée sur l’analyse des données de plus de 52 000 personnes diabétiques, suggère que la façon dont on accumule ces minutes pourrait être plus importante que la régularité.
L’équipe de Harvard a divisé les participants en trois groupes : ceux qui faisaient moins de 150 minutes d’exercice par semaine, ceux qui atteignaient les 150 minutes en trois séances ou plus, et enfin, les “guerriers du week-end” – ceux qui concentraient leurs efforts sur deux séances intenses.
Résultat : les “guerriers du week-end” ont surpassé les autres ! Ils ont affiché un taux de mortalité précoce 21% inférieur à celui du groupe pratiquant une activité plus régulière, contre seulement 17% pour ce dernier. De plus, leur risque de décès cardiovasculaire était réduit de 33%, comparativement aux 19% observés dans le groupe à trois séances.
Ces bénéfices ne se limitent pas aux personnes diabétiques. L’étude révèle que même chez les individus en bonne santé, un effort physique, même concentré, est associé à une diminution significative des risques de maladies et de mortalité précoce – réduisant potentiellement le risque de plus de 250 affections différentes. L’exercice, comme le jeûne intermittent, est d’ailleurs l’une des rares méthodes prouvées pour améliorer la sensibilité à l’insuline.
Cependant, les chercheurs soulignent la nécessité de prudence. Certains médecins mettent en garde contre le risque accru de blessures et de problèmes articulaires chez les “guerriers du week-end”, qui s’adonnent à une activité physique intense après une période d’inactivité.
En conclusion, cette étude confirme que la quantité totale d’exercice est un facteur clé de santé, et que la flexibilité dans la manière de l’atteindre pourrait être plus importante qu’on ne le pensait. Il semblerait donc que, pour beaucoup, il soit plus bénéfique de se lancer dans un effort intense occasionnel plutôt que de se sentir coupable de ne pas respecter un programme régulier et modéré.
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