Barcelone, le 8 octobre 2025. Des chercheurs de l’Université de Barcelone ont identifié une combinaison médicamenteuse prometteuse pour lutter contre la stéatose hépatique associée au dysfonctionnement métabolique (MASLD), une maladie du foie en forte progression, et réduire les risques cardiovasculaires qui lui sont liés.
- Une association de deux médicaments déjà approuvés, le pemafibrate et le telmisartan, réduit significativement l’accumulation de graisses dans le foie.
- Cette combinaison s’est avérée aussi efficace à moitié dose que les traitements individuels, suggérant un potentiel de réduction des effets secondaires.
- Les recherches, menées sur des modèles animaux, ouvrent la voie à des essais cliniques pour confirmer l’efficacité chez l’homme.
La stéatose hépatique associée au dysfonctionnement métabolique (MASLD), anciennement appelée maladie hépatique non alcoolique, touche environ un tiers de la population adulte dans le monde. Cette affection, caractérisée par une accumulation excessive de graisses dans les cellules du foie, est devenue la maladie hépatique la plus courante à l’échelle mondiale et constitue un facteur de risque majeur de complications cardiovasculaires et de mortalité.
Jusqu’à présent, le développement de nouveaux traitements spécifiques à la MASLD a été freiné par des problèmes de sécurité rencontrés lors des essais cliniques. Face à ce défi, les chercheurs se tournent vers le repositionnement de médicaments existants, une stratégie plus rapide et potentiellement moins coûteuse. L’idée est d’exploiter des molécules déjà validées pour d’autres indications, réduisant ainsi les risques liés à la toxicité et à la phase de développement.
L’équipe de la Faculté de pharmacie et des sciences alimentaires de l’Université de Barcelone a étudié les effets du pemafibrate, un médicament hypolipémiant autorisé au Japon pour traiter l’hypercholestérolémie, et du telmisartan, un antihypertenseur largement prescrit, administrés seuls ou en association. Les résultats, publiés dans la revue Pharmacological Research, démontrent que la combinaison des deux médicaments réduit efficacement l’accumulation de graisses dans le foie, diminue la pression artérielle et abaisse le taux de cholestérol.
Les expériences ont été menées sur deux modèles animaux : des rats et des larves de zèbres, un organisme fréquemment utilisé en recherche pour étudier le métabolisme et les maladies hépatiques. Les chercheurs ont constaté que l’administration de la combinaison à moitié dose était aussi performante que l’utilisation de chaque médicament à dose complète, tout en suggérant un potentiel de réduction des effets indésirables.
L’étude a également permis de mieux comprendre les mécanismes d’action de chaque médicament. Le telmisartan agirait notamment sur la protéine PCK1, impliquée dans la régulation du métabolisme des glucides et des lipides. En restaurant des niveaux normaux de cette protéine, le médicament réduirait la synthèse des graisses hépatiques sans augmenter le risque d’hyperglycémie.
Bien que ces résultats soient encourageants, les chercheurs insistent sur le fait que l’efficacité de cette combinaison thérapeutique doit être confirmée par des essais cliniques chez l’homme. L’équipe de l’Université de Barcelone poursuit ses recherches en étudiant les effets de ces médicaments sur des modèles de fibrose hépatique et d’athérosclérose, afin d’évaluer leur bénéfice potentiel à des stades plus avancés de la maladie.
Cette découverte représente une avancée significative dans la recherche de traitements sûrs et accessibles pour les maladies hépatiques, souvent silencieuses mais aux conséquences potentiellement graves pour la santé cardiovasculaire.
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