Publié le 9 octobre 2025 à 10h09. Après des négociations intenses, la coalition gouvernementale allemande a annoncé un accord sur des réformes majeures touchant aux prestations sociales, aux retraites et aux infrastructures, tout en prévoyant de nouvelles incitations pour l’achat de véhicules électriques.
- La coalition s’est entendue sur la mise en place d’une nouvelle “sécurité de base” remplaçant l’allocation citoyenne, assortie de sanctions plus sévères en cas de non-respect des obligations.
- L’introduction de retraites actives, avec des avantages fiscaux pour ceux qui continuent de travailler après l’âge de la retraite, est prévue pour le 1er janvier 2026.
- Trois milliards d’euros supplémentaires seront alloués à la construction de nouvelles routes, après un débat sur le financement des infrastructures de transport.
Selon le chancelier Friedrich Merz, cet accord marque une avancée significative dans la politique gouvernementale. Les discussions, qui se sont tenues au sein du comité de coalition, ont permis de trouver un terrain d’entente sur des sujets sensibles, notamment la réforme des prestations sociales et le financement des infrastructures.
La nouvelle “sécurité de base” vise à remplacer le système actuel d’allocation citoyenne. « Il y aura une nouvelle sécurité de base, comme convenu dans l’accord de coalition », a déclaré Merz lors d’une conférence de presse. « Nous augmenterons considérablement l’obligation de coopérer et nous augmenterons également considérablement les possibilités de sanctions. »
Les sanctions prévues sont particulièrement strictes. Quiconque manquerait un rendez-vous avec Pôle emploi verrait son allocation mensuelle réduite de 30 %, puis de 60 % en cas de deuxième absence. Un troisième rendez-vous manqué entraînerait la suppression totale des prestations, y compris l’aide au logement. La ministre fédérale du Travail, Bärbel Bas (SPD), a souligné que ces mesures visent à encourager la participation active à la recherche d’emploi.
« Ceux qui ne participeront pas connaîtront des moments difficiles. »
Bärbel Bas, ministre fédérale du Travail (SPD)
Parallèlement, la coalition souhaite encourager les seniors à rester actifs sur le marché du travail. La mise en place de retraites actives, prévues pour le 1er janvier 2026, permettra aux retraités qui continuent de travailler de bénéficier d’un abattement fiscal de 2 000 euros par mois. Cette mesure, selon Merz, ne concernera que les salariés assujettis aux cotisations sociales.
Le financement des infrastructures de transport a été un point de friction important. Après des négociations, la coalition a finalement débloqué trois milliards d’euros supplémentaires pour la construction de nouvelles routes. Merz a précisé qu’il était essentiel de pouvoir lancer rapidement tous les projets prêts à être réalisés. Le ministre des Transports, Patrick Schnieder (CDU), avait initialement réclamé 15 milliards d’euros supplémentaires pour la période 2026-2029, avertissant d’un arrêt possible de projets en cours. Le ministre des Finances, Lars Klingbeil (SPD), a cependant souligné que 166 milliards d’euros seraient déjà disponibles d’ici 2029 pour l’expansion des routes, des ponts, des voies ferrées et des voies navigables.
En revanche, aucun accord n’a été trouvé concernant l’arrêt des moteurs thermiques. Merz a indiqué qu’il souhaitait en discuter avec l’industrie automobile lors d’un sommet prévu le même jour, tout en attendant les décisions de la Commission européenne concernant la révision de la réglementation sur les émissions de CO2. Il a souligné qu’il s’agissait avant tout d’un débat technique.
Le patron de la CSU, Markus Söder, a quant à lui estimé que l’interdiction stricte des moteurs à combustion après 2035 serait une erreur, et a annoncé qu’il en discuterait également avec les représentants de l’industrie automobile.
Enfin, la coalition prévoit de nouvelles incitations pour l’achat de voitures électriques, notamment pour les ménages à revenus faibles et moyens. Un programme de financement sera mis en place, utilisant les fonds du Fonds social climatique de l’UE et trois milliards d’euros du Fonds pour le climat et la transformation, afin de soutenir la transition vers une mobilité plus durable.
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