Home SantéAucune demande officielle déposée auprès des autorités de FIV dans l’affaire Erin Tanti, selon le tribunal

Aucune demande officielle déposée auprès des autorités de FIV dans l’affaire Erin Tanti, selon le tribunal

by Sophie Martin

Publié le 9 octobre 2024 12:22:00. Le procès d’Erin Tanti, condamné pour meurtre, et de ses coaccusés, une médecin et sa partenaire, se poursuit pour pratique illégale de fécondation in vitro (FIV) en prison. Aucune demande officielle n’avait été déposée pour obtenir l’autorisation de cette procédure.

  • Erin Tanti, sa partenaire Marisa Gallo et le Dr Josie Muscat sont accusés d’avoir contourné la législation sur la procréation médicalement assistée (PMA).
  • L’Autorité de protection des embryons n’a reçu aucune demande formelle pour que Marisa Gallo bénéficie d’une FIV.
  • La directrice de l’Autorité a témoigné sur les procédures strictes encadrant la PMA à Malte.

La procédure pénale contre Erin Tanti, sa partenaire Marisa Gallo et Josie Muscat, propriétaire de l’hôpital St James, a repris jeudi. Le trio est accusé d’avoir pratiqué une procréation médicalement assistée non autorisée, après que Tanti ait eu un enfant avec sa partenaire alors qu’il était incarcéré. Ils plaident non coupables d’avoir transféré des cellules sans autorisation.

Erin Tanti, un ancien professeur d’art dramatique, purge actuellement une peine de 20 ans de prison pour le meurtre de Lisa Maria Zahra, une adolescente de 15 ans décédée après une chute de falaises à Dingli en mars 2014.

Simone Attard, directrice générale de l’Autorité de protection des embryons, a expliqué devant le tribunal le rôle de l’organisme, qui est le seul régulateur de toutes les technologies de procréation assistée (ART) pratiquées dans les cliniques et hôpitaux publics et privés agréés de Malte. Elle a précisé que l’accès à la PMA est conditionné par des problèmes d’infertilité. Selon la loi, les futurs parents doivent tenter de concevoir naturellement pendant au moins 12 mois avant de pouvoir prétendre à un traitement. Chaque étape du processus nécessite l’approbation de l’Autorité.

Attard a également décrit le processus d’octroi de licences et l’obligation pour les titulaires de licence de tenir un registre précis. Elle a souligné que la loi autorise la fécondation d’un maximum de deux gamètes (cellules reproductrices) et que toute fécondation supplémentaire doit être expressément autorisée par l’Autorité de protection des embryons.

Selon son témoignage, Marisa Gallo n’était pas enregistrée comme bénéficiaire d’un traitement et n’avait donc aucune autorisation pour subir une FIV ou une insémination intra-utérine (IIU). Attard a déclaré :

« Nous n’avons reçu aucune demande en ce sens pour elle [Gallo] afin qu’elle puisse bénéficier de la procédure. »

Simone Attard, directrice générale de l’Autorité de protection des embryons

Elle a précisé que Gallo avait envoyé un courriel à l’adresse électronique générale de l’Autorité pour se renseigner sur la légalité des procédures à Malte, et avait posé des questions spécifiques sur la FIV, notamment dans le contexte de l’incarcération de son partenaire.

Cette demande a été transmise au conseil d’administration de l’Autorité, qui a délégué le cas à Attard, lui demandant de rencontrer Gallo et de recueillir des informations complémentaires. Un rendez-vous a été fixé le 27 juin 2024, comme l’a confirmé Moira Gialanze, secrétaire du conseil d’administration.

Lors de cette rencontre, Attard a expliqué à Gallo que pour être éligible à une FIV, une personne doit avoir eu des rapports sexuels non protégés. Elle a également abordé le protocole de protection de l’enfance. Attard a insisté sur les réglementations concernant la procédure, notamment la nécessité pour la clinique ou l’hôpital de mettre en place des mesures garantissant le bien-être de l’enfant né de cette procédure. Ces mêmes informations ont été communiquées au commissaire au bien-être et au développement des prisonniers, Steve Libreri.

Gallo a été informée qu’elle n’était pas éligible au traitement en raison de l’absence de justification médicale, et qu’une évaluation serait nécessaire même si une telle justification existait. Cette évaluation a été confirmée par écrit à Gallo en septembre dernier.

En conclusion de son témoignage, Attard a indiqué que Josie Muscat avait jusqu’à présent demandé l’autorisation de 659 FIV et 26 IIU.

Par ailleurs, le tribunal a examiné les arguments de la défense concernant une demande de la famille Zahra d’être admise dans la procédure en tant que partie lésée. Le tribunal se prononcera ultérieurement sur cette demande.

L’affaire est présidée par le magistrat Leonard Caruana. Les inspecteurs de police Lydon Zammit et Stephen Gulia ont engagé les poursuites. Les avocats Jason Azzopardi, Joseph Bugeja et Nicolai Bugeja assistent le Dr Muscat, tandis que Franco Debono et Matthew Xuereb représentent Tanti et Gallo.

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