Publié le 11 octobre 2023 à 16h38. Un cerf a été abattu lors d’une chasse à courre en forêt d’Orléans, relançant le débat sur cette pratique controversée, particulièrement critiquée par les associations de défense des animaux pendant la période de reproduction.
- Un cerf a été tué le 1er octobre par un équipage de chasse à courre en forêt d’Orléans.
- L’association AVA dénonce le fait que la chasse ait eu lieu juste après la période de brame, lorsque l’animal est affaibli.
- Les veneurs se défendent en affirmant respecter des règles strictes et en soulignant que la chasse fait partie de la gestion de la faune sauvage.
La chasse à courre en forêt d’Orléans a de nouveau suscité la polémique. Mercredi 1er octobre, un cerf a été abattu par un équipage de veneurs. Si cette pratique est légale en France, elle est vivement contestée par les associations de défense des animaux, notamment par AVA (Abolissons la Vénerie Aujourd’hui), qui dénonce une chasse particulièrement cruelle en pleine période de reproduction.
Pour AVA, le timing de cette chasse est inacceptable. Keely Fischer, porte-parole du mouvement dans le Loiret, explique :
« L’animal est très faible, très vulnérable, puisqu’il passe toute la nuit à se reproduire, à se battre avec d’autres mâles et à protéger son territoire. Et au petit matin, les chiens se lancent à ses trousses. Ils profitent littéralement de la faiblesse de cet énorme animal pour l’abattre plus facilement et sélectionner les meilleurs trophées à afficher sur la cheminée. »
Elle critique également le déroulement de la chasse à courre elle-même :
« La chasse à courre en elle-même n’est pas très fair-play. On parle de 50, 60 chiens lancés derrière un cerf avec une vingtaine de suiveurs à cheval. »
Les veneurs se défendent face à ces accusations. Antoine Gallon, représentant national des veneurs, souligne que les 36 équipages qui pratiquent la chasse au cerf en France respectent des consignes strictes, notamment celle de ne pas chasser avant le 1er octobre, bien que l’ouverture générale de la chasse soit fixée au 15 septembre. Il justifie la pratique en la replaçant dans un contexte plus large :
« Depuis la nuit des temps, ils sont chassés. Pas du 15 septembre au 31 mars, mais par les loups, par les lynx, par les ours, qui ne demandaient pas si c’était la période de reproduction. Aujourd’hui, les humains, par rapport à ça, s’imposent des règles de chasse pour conserver une faune sauvage et pour la rendre compatible avec nos activités humaines. Mais c’est dans ce cadre là qu’on agit. »
Antoine Gallon comprend l’émotion que peut susciter la chasse chez les personnes qui ne la pratiquent pas, mais insiste sur la différence entre l’homme et l’animal :
« Mais il faut voir que cette émotion, elle est vécue au prisme d’un anthropomorphisme qui fausse la perspective. Quand on ne connait pas le sujet, on se dit et si c’était moi? Sauf que là, on parle d’animaux sauvages qui ont une capacité de résistance, une force et qui ont un ADN très différent du nôtre. Ce sont des proies et nous les hommes, nous sommes des prédateurs. »
Ce samedi 11 octobre, des membres d’AVA Loiret étaient présents en forêt d’Orléans pour observer les chasseurs. Le département compte quatre équipages de vénerie, mais tous ne chassent pas le cerf. L’Office Français de la Biodiversité rappelle que l’espèce est chassable, sans prendre position dans le débat.
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