Publié le 12 octobre 2025 09:22. L’échange imminent de prisonniers palestiniens contre des otages israéliens ravit les familles, mais rouvre des blessures profondes pour les victimes du terrorisme, dont certains des criminels libérés ont commis des actes d’une extrême violence.
- Des procédures de transfert sont en cours pour la libération de 250 prisonniers palestiniens, dont des individus condamnés pour des meurtres et des attentats.
- Parmi les prisonniers libérés figurent des personnes impliquées dans le lynchage de deux réservistes israéliens à Ramallah en 2000.
- L’échange intervient dans le cadre d’un accord négocié avec le Hamas pour la libération de 48 otages israéliens.
L’annonce imminente de la libération de prisonniers palestiniens, en échange d’otages détenus par le Hamas, suscite un mélange d’espoir et d’indignation. Les transferts ont commencé et les détenus transiteront par les prisons israéliennes de Ketziot avant de rejoindre Jérusalem-Est, la Cisjordanie ou d’être expulsés vers d’autres pays ayant accepté de les accueillir. Au total, 250 prisonniers à perpétuité seront libérés : 63 membres du Hamas, 159 du Fatah et d’autres individus impliqués dans des actes terroristes.
Le cas de Raed Cheikh, l’un des participants au lynchage de Yossi Avrahami, 38 ans, vendeur de jouets, et de Vadim Norzhitz, 33 ans, chauffeur de camion, à Ramallah le 12 octobre 2000, est particulièrement poignant. Ces deux réservistes israéliens avaient accidentellement franchi un checkpoint palestinien au plus fort de la seconde Intifada. Rapidement arrêtés et emmenés au commissariat de Ramallah, ils ont été livrés à la foule en furie. Plus d’un millier de personnes se sont rassemblées devant le commissariat, protestant contre leur « intrusion ». Les plus violents ont pénétré dans le bâtiment et ont littéralement mis en pièces les deux hommes, leurs corps mutilés devenant des trophées exposés dans les rues. Aziz Salha, un jeune homme qui observait la scène depuis une fenêtre du commissariat, affichait fièrement ses mains ensanglantées.
Parmi les autres prisonniers dont la libération est prévue, on retrouve Baher Badr, condamné à 11 peines de prison à perpétuité pour avoir planifié un attentat à la bombe contre une gare routière près d’une base militaire, faisant huit morts. Nabil Abou Khdir, accusé d’avoir assassiné sa sœur pour avoir collaboré avec le Shin Bet, les services secrets intérieurs israéliens, sera également libéré. De même que Mohammed Daoud, qui a brûlé vif une femme enceinte et son fils de cinq ans, et Ahmed Cabna, qui a poignardé à mort deux adolescents en 1997. Mahmoud Moussa Issa, kidnappeur et assassin de l’agent de patrouille frontalière Nissim Toledano en 1992, et Ahmad Jamal Ahmad Qanba, auteur de l’assassinat du rabbin Raziel Shevach lors d’une attaque terroriste en 2018, retrouveront également leur liberté. Iyad al-Rub, haut dirigeant du Jihad islamique, instigateur d’un attentat suicide à Hadera (six morts), et Mahmoud Atallah, accusé de viols sur deux gardiennes de prison, sont également inclus dans la liste.
Les noms de Marwan et Abdallah Barghouti, ainsi qu’Ahmed, figures emblématiques du mouvement national palestinien, ne figurent pas sur la liste des prisonniers libérés, Israël ayant refusé de négocier leur libération. Les corps de Yahya et Mohammad Sinwar, les frères dirigeants du Hamas, tués entre octobre 2024 et mai 2025, ne feront pas non plus partie de l’échange. Cependant, de nouveaux noms, impliqués dans des « programmes » terroristes, ont été ajoutés à la liste. C’est le cas de Murad Badr Abdallah Dais, qui s’est introduit en 2016 au domicile de Dafna Meir, 38 ans, et l’a poignardée devant sa fille adolescente. Dafna Meir était une infirmière israélienne et mère de six enfants, originaire de la colonie d’Othniel en Cisjordanie.
Les familles des victimes, brisées par la brutalité de ces futurs hommes libres, ne commentent pas. Seul Michael, le frère du réserviste Vadim lynché à Ramallah, s’est exprimé auprès des journalistes de Ynet :
« Le terroriste qui l’a tué est de nouveau libre et pour moi la douleur et les larmes reviennent. »
Michael, frère de Vadim Norzhitz
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