Publié le 11 octobre 2024 17h49. Le partage de serviettes, de brosses à dents ou de rasoirs, même au sein d’un couple, peut sembler anodin, mais expose à des risques sanitaires insoupçonnés. Des experts mettent en garde contre la transmission de bactéries, virus et champignons, parfois résistants aux antibiotiques.
- Le partage de serviettes augmente le risque d’infections cutanées, comme le Staphylococcus aureus résistant aux antibiotiques.
- Les brosses à dents peuvent transmettre des virus comme l’hépatite C ou l’herpès simplex.
- Les rasoirs présentent un risque de transmission de virus présents dans le sang, notamment le virus du papillome humain.
Oublier sa trousse de toilette en voyage est une source d’agacement, mais recourir aux effets personnels de quelqu’un d’autre peut avoir des conséquences bien plus graves. Des études scientifiques et des experts interrogés par The Conversation soulignent les dangers liés au partage d’articles d’hygiène personnelle.
Si la cohabitation implique un échange naturel de microbes, éviter de partager ces objets reste une mesure de précaution essentielle pour limiter l’exposition aux infections. La capacité de survie des micro-organismes sur les surfaces de salle de bain est en effet remarquable : bactéries, virus et champignons pathogènes peuvent rester actifs de quelques jours à plusieurs années sur des tissus, du plastique ou du métal.
Le champignon Aspergillus, par exemple, peut survivre plus d’un mois sur ces matériaux, tandis que certaines bactéries peuvent persister pendant des années. Les virus, quant à eux, peuvent rester infectieux de quelques heures à plusieurs mois sur la céramique, le métal, le tissu et le plastique, augmentant ainsi le risque de contamination lors du partage d’objets personnels.
Serviettes usagées : un vecteur de bactéries
Le cas des serviettes usagées illustre parfaitement ce danger. Des études montrent que le partage de serviettes augmente le risque d’infections cutanées. Aux États-Unis, un rapport a documenté une épidémie de Staphylococcus aureus résistant aux antibiotiques au sein d’une équipe de football du lycée. Les athlètes qui partageaient leurs serviettes étaient huit fois plus susceptibles d’être infectés par cette bactérie, responsable de l’impétigo, une infection cutanée pouvant, dans de rares cas, entraîner un choc septique potentiellement mortel.

Le risque est accru en présence de coupures ou d’égratignures, notamment dans les sports de contact. Une autre étude américaine, menée sur 150 foyers pendant un an, a révélé une augmentation significative de la transmission du Staphylococcus aureus lorsque les membres de la famille échangeaient leurs serviettes. Le lavage à l’eau et au savon réduit le nombre de microbes sur la peau, mais ne les élimine pas complètement. Les conditions chaudes et humides de la salle de bain favorisent leur prolifération. Même sans développer une infection, la colonisation par des agents pathogènes, en particulier résistants aux antibiotiques, est problématique, car les infections qui en découlent nécessitent généralement des traitements plus longs et plus coûteux.
Brosses à dents : un terrain fertile pour les virus
La brosse à dents représente un autre point de risque. Les germes survivent sur les surfaces dures, et le contact avec les gencives peut provoquer des saignements, facilitant la transmission de virus comme l’hépatite C. Les experts déconseillent formellement le partage des brosses à dents pour cette raison. De nombreuses personnes pourraient d’ailleurs être porteuses de l’hépatite C sans le savoir, car cette infection peut être asymptomatique.

Tout objet en contact avec la salive, comme une brosse à dents, peut également transmettre d’autres agents pathogènes, tels que le virus de l’herpès simplex de type 1 (HSV-1) ou le virus d’Epstein-Barr, responsable de la mononucléose infectieuse. Même les personnes ne présentant pas de symptômes du HSV-1 peuvent propager le virus. Une étude a révélé que les brosses à dents peuvent être contaminées par des bactéries potentiellement pathogènes comme le Staphylococcus aureus, l’Escherichia coli et le Pseudomonas, ainsi que par le HSV-1 en quantités suffisantes pour provoquer une infection. Ce dernier virus peut rester actif de deux à six jours sur des objets en plastique.
Rasoirs : un risque de transmission sanguine
Les rasoirs ne sont pas non plus exempts de danger. Les microbes survivent sur les surfaces dures, et les petites coupures occasionnées lors du rasage peuvent ouvrir la voie à la transmission de virus présents dans le sang. Ces objets peuvent également propager le virus du papillome humain, responsable de l’apparition des verrues. Les dermatologues recommandent donc à chacun d’utiliser exclusivement ses propres articles de toilette.

Certains groupes de personnes sont plus vulnérables lorsqu’ils partagent des articles de salle de bain. C’est le cas des personnes présentant des coupures ou des blessures, comme cela a été observé chez les athlètes partageant des serviettes. Les personnes dont le système immunitaire est affaibli (nourrissons, personnes âgées, personnes sous traitement immunosuppresseur ou diabétiques de type 2) sont également plus sensibles aux infections. Dans ces cas, l’exposition à des agents pathogènes peut avoir des conséquences plus graves en raison d’une capacité de défense réduite.
Contamination des pinceaux cosmétiques : ce que révèle la science
Une étude publiée dans l’International Journal of Microbiology a analysé les niveaux et les types de contamination bactérienne présents dans les pinceaux de maquillage. Les résultats ont montré que ces produits d’usage quotidien peuvent stocker un grand nombre de bactéries potentiellement pathogènes, telles que le Staphylococcus aureus, l’Escherichia coli et le Pseudomonas aeruginosa, en raison de l’accumulation de résidus, de l’humidité et du contact répété avec la peau.

La recherche a mis en évidence qu’un nettoyage peu fréquent et l’habitude de partager les pinceaux peuvent augmenter considérablement le risque de transmission microbienne. L’environnement chaud et humide contribue également à la survie prolongée de ces micro-organismes, faisant des accessoires de maquillage des vecteurs potentiels de maladies cutanées et d’infections résistantes.
Ces éléments confirment la recommandation de ne pas partager d’objets personnels et de maintenir une hygiène rigoureuse pour minimiser les risques pour la santé. Bien que la probabilité de contracter une infection en partageant des articles de toilette soit généralement faible dans la plupart des situations, notamment au sein d’un couple où un échange de microbes est déjà courant, les experts insistent sur l’importance de ne pas partager ses effets personnels par mesure de précaution.
Utiliser uniquement ses propres articles de salle de bain réduit l’exposition à des infections évitables, comme le soulignent les spécialistes : la durée de viabilité des micro-organismes, la plus grande incidence dans des contextes de blessures ou de système immunitaire affaibli, et l’importance de maintenir des habitudes d’hygiène personnalisées.
Source : Infobae