Publié le 13 octobre 2025 à 14h58. Une frappe israélienne audacieuse sur Doha, capitale du Qatar, a mis à mal les relations avec Washington et pourrait ouvrir la voie à un plan de paix inattendu pour Gaza, malgré l’opposition persistante du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
- Benjamin Netanyahu a ordonné une frappe aérienne sur Doha, capitale du Qatar, visant des dirigeants du Hamas.
- Cette action a irrité l’administration américaine, qui n’avait pas été pleinement informée et qui maintenait le Qatar comme médiateur clé.
- L’incident a créé une opportunité pour l’administration Trump de faire pression sur Israël et de relancer un plan de paix pour Gaza.
L’opération, menée le 9 septembre, visait à « éliminer » des figures clés du Hamas réunies pour une rencontre à Doha. Le Mossad avait initialement déconseillé cette action, privilégiant l’utilisation d’agents secrets, en raison du rôle crucial du Qatar dans les négociations. Malgré cet avertissement, Netanyahu a donné l’ordre d’attaquer, une décision qui s’est rapidement transformée en un revers diplomatique.
Si la frappe a initialement suscité des réactions positives en Israël, notamment de la part du chef de l’opposition Yaïr Lapid, la situation a rapidement évolué. Les dirigeants du Hamas ont survécu, mais un garde de sécurité qatari a été tué. Plus grave encore, Netanyahu a mis en péril son alliance avec les États-Unis, et plus particulièrement avec le président Donald Trump.
Selon plusieurs sources, l’administration américaine n’a été informée de l’attaque qu’au dernier moment, voire pendant son déroulement. L’envoyé spécial Steve Witkoff aurait contacté les autorités qataries alors que les explosions étaient déjà audibles . Trump lui-même a exprimé son mécontentement, qualifiant l’attaque de « très décevante » et promettant aux Qataris une protection militaire américaine accrue.
Cette tension s’est manifestée de manière spectaculaire lors d’une récente visite de Netanyahu à Washington. Le Qatar, en plus de son rôle de médiateur, entretient des liens économiques importants avec les États-Unis. Lors d’une visite en mai, le Qatar avait offert à Trump un Boeing 747 de luxe d’une valeur de 400 millions de dollars pour remplacer l’Air Force One . En comparaison, Netanyahu s’était contenté de proposer à Trump une nomination pour le prix Nobel de la paix .
L’attaque du Qatar est considérée comme un « tournant » par certains observateurs. Une source proche de la Maison Blanche a déclaré à Politico que cet incident a donné à Trump un « levier » pour influencer la situation. Lors d’une réunion avec des représentants arabes en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, Trump a assuré qu’il ne permettrait pas une annexion de la Cisjordanie par Israël et a réaffirmé son soutien à un plan de paix en 20 points, élaboré en collaboration avec son gendre Jared Kushner .
Une photographie de la Maison Blanche illustre la tension : Netanyahu, visiblement contrit, s’excuse par téléphone auprès du Premier ministre qatari Mohammed bin Abdulrahman al Thani, tandis que Trump, le regard sévère, surveille la scène. Un haut représentant qatari était présent dans le bureau ovale pour s’assurer que Netanyahu respecte le scénario convenu .
Malgré l’accord apparent, Netanyahu a continué à exprimer son scepticisme. Après que le Hamas ait soutenu le plan de paix, il l’a qualifié de « dénué de sens » lors d’un appel téléphonique avec Trump, qui lui a répondu avec colère : « Je ne sais pas pourquoi tu es toujours aussi négatif. C’est une réussite. »
Netanyahu tente désormais d’utiliser la libération des derniers otages à son avantage, affirmant, via CNN, qu’il était impliqué dans l’élaboration du plan de paix en 20 points . Cependant, des questions inconfortables persistent, notamment concernant le manque d’enquête indépendante sur les événements du 7 octobre 2023 et les allégations de transferts de fonds du Qatar au Hamas .
Lors d’un rassemblement à Tel Aviv, en présence de Steve Witkoff, de la fille de Trump, Ivanka, et de son mari Jared Kushner, l’évocation du nom de Trump a été accueillie par des applaudissements enthousiastes, tandis que celui de Netanyahu a été accueilli par des huées et des sifflets . L’avenir politique de Netanyahu, autrefois considéré comme un survivant, semble plus incertain que jamais.
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