Publié le 14 octobre 2025. Une chercheuse britannique d’origine pakistanaise, Najaf Amin, révèle des découvertes majeures sur la génétique de la dépression, ouvrant de nouvelles perspectives thérapeutiques et remettant en question les conceptions traditionnelles de cette maladie complexe.
- L’identification d’une mutation du gène RCL1 comme facteur clé dans la pathogenèse de la dépression.
- Une nouvelle compréhension de la dépression comme une maladie systémique impliquant plusieurs systèmes corporels, et non seulement un déséquilibre des neurotransmetteurs.
- L’identification de 124 métabolites associés à la dépression, dont 49 sont des découvertes inédites.
Les travaux de la professeure agrégée Najaf Amin, de l’Université d’Oxford, publient un véritable séisme dans le monde de la recherche sur la dépression. Ses découvertes, présentées dans une interview exclusive à Genomic Psychiatry, promettent de transformer les approches diagnostiques et thérapeutiques à l’échelle mondiale. Forte de plus de 350 publications évaluées par des pairs et d’un indice h de 125, la Dre Amin s’est imposée comme une figure de proue de l’épidémiologie moléculaire.
L’étude menée par la Dre Amin met en lumière le rôle crucial du gène RCL1 et de ses mutations dans le développement de la dépression. Cette découverte établit un lien entre les astrocytes interlaminaires spécifiques aux primates et la pathogenèse de la maladie, offrant ainsi de nouvelles cibles thérapeutiques jusqu’alors inexplorées. Elle remet en question l’idée reçue selon laquelle la dépression serait principalement due à un déséquilibre chimique dans le cerveau, la considérant plutôt comme une affection systémique touchant l’ensemble de l’organisme.
Au-delà de l’identification du gène RCL1, les recherches de la Dre Amin ont permis de cataloguer 124 métabolites associés à la dépression, dont 49 n’avaient jamais été identifiés auparavant. Ces résultats, publiés dans des revues scientifiques de premier plan telles que Nature Communications et JAMA Psychiatry, fournissent à la communauté scientifique internationale des biomarqueurs essentiels pour améliorer le diagnostic et le traitement de la maladie.
L’interview révèle également le parcours personnel de la Dre Amin, marqué par des défis et des obstacles qu’elle a su transformer en opportunités. Son expérience, d’étudiante passionnée d’électronique à généticienne de renom, illustre la persévérance nécessaire pour faire avancer la connaissance médicale. Elle évoque notamment les difficultés rencontrées en tant que femme brune issue d’un pays en développement dans le milieu universitaire britannique. Elle souligne l’importance du mentorat, en particulier celui du professeur Cornelia van Duijn, qui l’a aidée à surmonter les revers et à développer son potentiel.
La Dre Amin plaide également pour une plus grande égalité, diversité et inclusion dans le financement et la reconnaissance des chercheurs. Elle estime qu’elle doit fournir « au moins deux fois plus d’efforts » que ses collègues européens pour obtenir des résultats comparables, soulignant ainsi les inégalités persistantes qui entravent le progrès scientifique.
Pour l’avenir, la Dre Amin ambitionne de valider expérimentalement les liens de causalité entre les facteurs de risque génétiques et environnementaux de la dépression. Elle envisage de développer des modèles intégrés qui prendront en compte l’ensemble du processus, de l’exposition au risque à la perturbation moléculaire en passant par les manifestations cliniques. Elle insiste également sur la nécessité d’adapter les découvertes aux spécificités de chaque population, afin de garantir que les progrès en matière de génétique de la dépression bénéficient à tous, quel que soit leur origine géographique ou ethnique.
Enfin, la Dre Amin s’engage à diffuser ses découvertes en libre accès via Genomic Press, afin de les rendre accessibles aux chercheurs du monde entier, en particulier ceux qui travaillent dans des contextes aux ressources limitées. Cet engagement en faveur de la démocratisation scientifique amplifie l’impact de ses recherches et permet à la communauté scientifique internationale de s’appuyer sur ses travaux.
L’interview de la Dre Najaf Amin est disponible en accès libre sur Genomic Psychiatry. De plus amples informations sur la série Innovators & Ideas sont disponibles sur le site web de Genomic Press.
À propos de Genomic Psychiatry : Genomic Psychiatry: Advancing Science from Genes to Society (ISSN : 2997-2388, en ligne et 2997-254X, imprimé) est une revue qui vise à intégrer les avancées de la génomique et de la génétique avec les autres domaines de la psychiatrie contemporaine. Elle publie des articles de recherche médicale de haute qualité, évalués par des pairs, couvrant l’ensemble du continuum, des gènes et des molécules aux neurosciences, en passant par la psychiatrie clinique et la santé publique.
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