Publié le 14 octobre 2024 14:23:00. Le cancer du foie, qui tue chaque année environ 1 200 personnes au Portugal, représente un fardeau économique croissant estimé à 77 millions d’euros d’ici 2027. Des experts soulignent l’urgence d’améliorer la prévention et le dépistage précoce de cette maladie.
- Le cancer du foie est responsable du décès d’environ 1 200 personnes chaque année au Portugal.
- Le coût économique annuel de la maladie devrait atteindre 77 millions d’euros en 2027.
- Plus de la moitié des diagnostics sont posés à un stade avancé, ce qui complique les traitements et augmente les dépenses.
Une étude récente, menée par des chercheurs portugais et soutenue par Roche, révèle une augmentation inquiétante de la prévalence du carcinome hépatocellulaire – la forme la plus courante de cancer du foie – passant de 4 151 cas en 2023 à 4 851 prévus en 2027. Ce constat souligne la nécessité d’« interventions sanitaires globales et efficaces » pour contrer cette tendance.
Les coûts associés à cette maladie devraient également progresser, passant d’environ 70 millions d’euros en 2023 à plus de 77 millions en 2027, pour un total estimé à 370 millions d’euros sur cinq ans. L’étude précise que 44,3 % de ces coûts sont liés aux traitements systémiques et 29 % aux transplantations hépatiques.
Selon le Dr José Presa Ramos, co-auteur de l’étude et ancien président de l’Association portugaise pour l’étude du foie (APEF), qui a réalisé ce travail en collaboration avec la Société Portugaise de Gastroentérologie, 90 % des tumeurs malignes du foie se développent sur un foie déjà fragilisé, généralement atteint de cirrhose.
« Au Portugal, la cause principale de la cirrhose est une consommation excessive et nocive d’alcool. »
José Presa Ramos, co-auteur de l’étude
Le Dr Ramos insiste sur l’importance d’une approche collective pour lutter contre ce problème, impliquant non seulement les professionnels de la santé, mais également des politiques publiques visant à limiter l’accès à l’alcool et à encourager une consommation responsable. Cette position est corroborée par les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) Europe et du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), qui plaident pour des mesures strictes telles que des taxes élevées et des restrictions de vente afin de réduire la consommation d’alcool et de prévenir les cancers associés. Site web de l’OMS Europe
L’étude met également en évidence des difficultés d’accès au dépistage. Le Dr Ramos souligne que de nombreux patients se présentent à un stade très avancé de la maladie, ce qui rend les traitements plus coûteux et moins efficaces. Il déplore notamment les délais d’attente pour réaliser une échographie chez les personnes atteintes de cirrhose, un examen qui devrait être effectué tous les six mois.
« Ces patients, en grande majorité, sont orientés vers les hôpitaux publics du Service national de santé (SNS), qui ont souvent du mal à répondre dans les délais à ce besoin de dépistage semestriel. »
José Presa Ramos, co-auteur de l’étude
Selon le spécialiste, 40 % des dépistages ne sont pas réalisés dans les délais impartis en raison d’un manque de capacité. Il ajoute qu’un pourcentage significatif de patients ne passent pas l’examen, souvent par manque de compréhension de la maladie, qui est généralement asymptomatique. D’où la nécessité d’améliorer l’éducation et la sensibilisation de la population.