Publié le 14 octobre 2024 17h48. Une nouvelle étude mondiale révèle un rebond de l’espérance de vie après les baisses liées à la pandémie de COVID-19, mais alerte sur une inquiétante augmentation des décès liés à la santé mentale, en particulier chez les jeunes.
- L’espérance de vie mondiale a retrouvé ses niveaux pré-pandémiques en 2023.
- Le COVID-19, qui était la première cause de décès en 2021, est passé au 20e rang en 2023.
- Une hausse significative des “morts de désespoir” (suicides, overdoses, alcoolisme) est observée en Amérique du Nord et en Amérique latine.
Le dernier rapport de la Charge mondiale de morbidité, publié dans la revue spécialisée The Lancet, dresse un bilan de l’état de santé mondial après la pandémie de COVID-19. Cette recherche, menée par l’Institute for Health Metrics and Evaluation de l’Université de Washington, s’appuie sur l’analyse de plus de 55 761 sources de données provenant de 204 pays.
L’étude confirme une reprise des indicateurs de longévité après la crise sanitaire. En 2023, on a enregistré 60,1 millions de décès dans le monde. L’espérance de vie atteint 76,3 ans pour les femmes et 71,5 ans pour les hommes, des chiffres qui reviennent aux niveaux observés avant la pandémie, représentant une augmentation de 51,2 et 47,9 ans respectivement depuis 1950.
Si le COVID-19 a causé la mort de 18 millions de personnes à travers le monde, il est passé de la première cause de décès en 2021 à la 20e position en 2023. Cette évolution témoigne de l’efficacité des campagnes de vaccination et des mesures de santé publique mises en place.
Cependant, le rapport souligne des tendances préoccupantes. Une augmentation notable des taux de mortalité est constatée chez les adolescents et les jeunes en Amérique du Nord et en Amérique latine. Depuis 2011, et plus particulièrement aux États-Unis, au Canada, au Mexique et au Brésil, on observe une hausse des décès de personnes âgées de 20 à 39 ans.
La raison principale de cette augmentation inquiétante est liée à une recrudescence des ce que les chercheurs appellent les « morts de désespoir ». Cette catégorie regroupe les décès causés par le suicide, les surdoses de drogues et l’alcoolisme, tous liés à des facteurs économiques, sociaux et psychologiques.
L’étude met en évidence une augmentation significative des problèmes de santé mentale. Les troubles anxieux et les troubles dépressifs sont particulièrement concernés, avec une hausse de 62,8 % et 26,3 % respectivement. Ces pathologies occupent désormais les 12e et 11e places dans le classement des principales causes d’invalidité mondiale, alors qu’il y a 15 ans, elles se situaient aux 25e et 20e positions.
Bien que la pandémie de COVID-19 ait contribué à la détérioration de la santé mentale, d’autres facteurs sont également en cause. Les experts pointent du doigt l’augmentation de l’utilisation des réseaux sociaux, le cyberharcèlement, la maltraitance infantile, le sentiment d’impuissance face au changement climatique, ainsi que l’augmentation du coût de la vie et des inégalités de revenus.
Quelles sont les principales causes de décès dans le monde ?
Le rapport a pris en compte 372 maladies et blessures, dont 292 ont été responsables des 60,1 millions de décès recensés en 2023. Les 10 principales causes de décès sont les suivantes :
- Cardiopathie ischémique
- Accident vasculaire cérébral
- Maladie pulmonaire obstructive chronique
- Infections des voies respiratoires inférieures
- Troubles néonatals
- Maladie d’Alzheimer et autres démences
- Cancer de la trachée, des bronches et du poumon
- Diabète
- Maladie rénale chronique
- Cardiopathie hypertensive
Cette liste reflète une transformation du paysage de la santé publique mondiale, avec une augmentation des maladies non transmissibles (MNT), c’est-à-dire les maladies de longue durée, non contagieuses, et liées à une combinaison de facteurs de risque génétiques et socio-environnementaux. Si ces pathologies ont diminué au cours des dernières décennies dans les pays à revenu élevé, elles sont en augmentation dans les pays à revenu intermédiaire et faible.
En Colombie, bien que des variations existent par rapport au classement mondial, les principales causes de décès restent similaires. La cardiopathie ischémique est en tête de liste et a connu la plus forte augmentation au cours de la dernière décennie, avec 13,2 décès supplémentaires pour 100 000 habitants. La BPCO, les maladies cérébrovasculaires, les violences interpersonnelles et la maladie d’Alzheimer figurent également parmi les principales causes de mortalité.
Quant aux principaux facteurs de risque de décès et d’invalidité en Colombie, l’indice de masse corporelle élevé (surpoids et obésité) était le plus important en 2023. Viennent ensuite la pression systolique élevée, l’hyperglycémie et les risques liés à l’alimentation et à la malnutrition, autant de facteurs qui peuvent être modifiés.
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