Publié le 15 octobre 2025 à 02:51:00. Des chercheurs ont réussi à inverser plusieurs symptômes de la maladie d’Alzheimer chez des souris en réparant une barrière naturelle du cerveau, ouvrant la voie à de nouvelles approches thérapeutiques prometteuses.
- Une équipe internationale a mis au point une méthode utilisant des nanoparticules pour restaurer la fonction de la barrière hémato-encéphalique.
- Après seulement trois injections, les souris atteintes de gènes imitant la maladie d’Alzheimer ont montré une réduction significative des plaques amyloïdes et une amélioration de leurs capacités cognitives.
- Cette approche novatrice considère la barrière hémato-encéphalique non pas comme un obstacle à franchir, mais comme un élément à réparer pour faciliter l’élimination des déchets toxiques du cerveau.
Une avancée majeure vient d’être réalisée dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer. Des scientifiques ont réussi à inverser plusieurs caractéristiques pathologiques de la maladie chez des souris en ciblant la barrière hémato-encéphalique, une structure protectrice qui sépare le cerveau du reste du corps. Cette découverte, publiée dans la revue Transduction du signal et thérapie ciblée, pourrait ouvrir de nouvelles perspectives thérapeutiques pour cette maladie neurodégénérative dévastatrice.
L’équipe de recherche, composée de scientifiques de l’Institut de bio-ingénierie de Catalogne (IBEC) et de l’Université du Sichuan, a développé une approche innovante basée sur l’utilisation de nanoparticules. Ces minuscules particules sont conçues pour réparer la barrière hémato-encéphalique, qui est souvent compromise dans la maladie d’Alzheimer, entraînant une accumulation de plaques amyloïdes, l’une des principales caractéristiques de la maladie.
Les résultats obtenus sur les souris sont encourageants. Après seulement trois injections du traitement, les animaux ont présenté une réduction d’environ 45 % des plaques amyloïdes dans leur cerveau, quelques heures après la première injection. Plus important encore, les souris qui montraient déjà des signes de déclin cognitif ont retrouvé des performances comparables à celles de leurs congénères sains dans des tests d’apprentissage spatial et de mémoire, et ce, pendant au moins six mois.
Jusqu’à présent, les recherches sur les médicaments contre la maladie d’Alzheimer se sont souvent concentrées sur la tentative de franchir la barrière hémato-encéphalique pour délivrer des médicaments directement dans le cerveau. Les chercheurs ont exploré l’utilisation de nanoparticules pour « faire passer en contrebande » les médicaments, ainsi que des ultrasons pour ouvrir temporairement la barrière. Cependant, l’équipe actuelle propose une approche différente : réparer la barrière elle-même.
« Le problème, dans la maladie d’Alzheimer, dépasse le simple accès ; le mécanisme de transport est lui-même pathologiquement biaisé. »
Junyang Chen et Pan Xiang, Université du Sichuan
Les nanoparticules agissent comme de véritables ingénieurs cellulaires, orchestrant la réparation à l’échelle moléculaire. Leur cible principale est le « LRP1 endothélial », une protéine qui joue un rôle clé dans l’élimination des plaques amyloïdes au niveau de la barrière hémato-encéphalique. Selon Giuseppe Battaglia, de l’IBEC, explique, l’effet à long terme réside dans la restauration du système vasculaire cérébral.
« Nous pensons que cela fonctionne comme une cascade : lorsque des espèces toxiques telles que la bêta-amyloïde s’accumulent, la maladie progresse. Mais une fois que le système vasculaire est à nouveau capable de fonctionner, il commence à éliminer la bêta-amyloïde et d’autres molécules nocives, permettant à l’ensemble du système de retrouver son équilibre. »
Giuseppe Battaglia, IBEC
Bien que prometteurs, ces résultats précliniques ne garantissent pas le succès chez l’homme. Julia Dudley, de Alzheimer’s Research UK, souligne qu’il est encore trop tôt pour déterminer si cette stratégie sera efficace chez les humains, car les souris et les humains ont des systèmes vasculaires cérébraux différents. dit-elle. Néanmoins, elle reconnaît que ces découvertes s’ajoutent aux preuves croissantes suggérant que la réparation de la barrière hémato-encéphalique pourrait offrir une nouvelle voie thérapeutique pour la maladie d’Alzheimer.
Les derniers médicaments approuvés pour traiter la maladie d’Alzheimer, qui ciblent les plaques et les enchevêtrements dans le cerveau, ont montré des résultats mitigés. Ces médicaments peuvent ralentir les symptômes, mais ne peuvent pas inverser la maladie ni arrêter sa progression. Certains chercheurs estiment que la recherche s’est trop concentrée sur l’élimination des plaques et des enchevêtrements à l’intérieur du cerveau, alors que la maladie d’Alzheimer pourrait en réalité commencer aux frontières du cerveau.
Cette nouvelle approche, en se concentrant sur la réparation de la barrière hémato-encéphalique, pourrait bien marquer le début d’une nouvelle ère dans la recherche de traitements efficaces contre la maladie d’Alzheimer.