Publié le 15 octobre 2024 à 07h02. Un avocat dublinois est visé par une demande d’injonction visant à l’empêcher d’exploiter un logement loué comme Airbnb, une pratique jugée en violation de son bail.
- Geoffrey Curran, avocat, est accusé d’exploiter illégalement un Airbnb dans un appartement du centre de Dublin.
- Les plaignants, représentants de la succession de Robert Ranson, demandent l’interdiction de cette activité et la communication des bénéfices réalisés.
- M. Curran n’était pas présent à l’audience initiale et semble éviter de répondre aux sollicitations du tribunal.
Une bataille juridique s’engage à Dublin concernant l’utilisation d’un appartement en location comme hébergement touristique de courte durée. Les représentants de la succession de Robert Ranson ont déposé une requête auprès du tribunal civil du circuit de Dublin pour empêcher Geoffrey Curran, un avocat, d’exploiter un Airbnb dans un appartement situé au Blind Quay, Exchange Street Lower, dans le 8e arrondissement de la capitale irlandaise.
Selon les plaignants, Robert Ranson senior avait loué l’appartement en 1998 pour une durée de 500 ans auprès de Temple Bar Properties Ltd. L’appartement a ensuite été sous-loué à M. Curran en 2020, avec des restrictions quant à son utilisation. Le bail stipulerait que l’appartement ne peut servir que de résidence principale pour un maximum de trois personnes et qu’aucune activité commerciale, y compris la location de courte durée, n’y est autorisée.
Lors de l’audience de mardi matin devant le juge John O’Connor, M. Curran n’était ni présent, ni représenté. Son absence a été qualifiée de « surprenante » et « inhabituelle » par l’avocat des plaignants, David Geoghegan, du cabinet Robert Coonan Solicitors. M. Geoghegan a précisé qu’il avait obtenu l’autorisation du tribunal le 7 octobre pour notifier la demande d’injonction à M. Curran par courrier électronique et postal, ce qui avait été fait la semaine dernière.
L’avocat a également souligné que M. Curran avait répondu « presque immédiatement » aux précédents courriels de son cabinet, mais qu’il y avait eu un « silence radio » depuis l’envoi, le 9 octobre, de la notification concernant la demande d’injonction. Un autre courriel lui avait été adressé lundi, la veille de l’audience, sans réponse.
Le juge O’Connor a tenté de contacter M. Curran par téléphone, mais sans succès. Selon M. Geoghegan, M. Curran a indiqué par téléphone qu’il travaillait dans un cabinet d’avocats international à Dublin et ne pouvait pas se rendre au tribunal. Il aurait également suggéré, de manière jugée « ridicule » par l’avocat, que M. Coonan tienne son téléphone près du juge afin qu’il puisse exposer sa position.
Le juge O’Connor, rappelant que les avocats sont des officiers de justice tenus de respecter les règles de procédure, a ajourné l’affaire à vendredi matin. Il a insisté sur le fait que le tribunal devait gérer les affaires selon son propre calendrier et non en fonction des convenances du défendeur.
Outre l’interdiction d’utiliser la propriété comme Airbnb, les plaignants demandent également un compte rendu des bénéfices tirés de cette activité illégale. Ils soulignent qu’un arbitre de la Commission de la location résidentielle a validé, en juillet dernier, un avis de résiliation signifié à M. Curran en janvier, pour des motifs différents de ceux invoqués dans la présente procédure. M. Curran a fait appel de cette décision et continue d’occuper l’appartement, dont le loyer mensuel s’élève à 3 350 € (environ 3 600 euros), en attendant l’audience en appel.