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La vitamine B3 aurait un pouvoir protecteur contre le cancer de la peau

Publié le 15 octobre 2025 à 13h07. Une analyse menée sur plus de 33 000 anciens combattants américains suggère que la prise de nicotinamide, une forme de vitamine B3, pourrait réduire le risque de cancer de la peau,…

La vitamine B3 aurait un pouvoir protecteur contre le cancer de la peau

Publié le 15 octobre 2025 à 13h07. Une analyse menée sur plus de 33 000 anciens combattants américains suggère que la prise de nicotinamide, une forme de vitamine B3, pourrait réduire le risque de cancer de la peau, en particulier lorsqu’elle est initiée après un premier diagnostic.

  • Une étude de cohorte rétrospective portant sur 33 822 vétérans américains a révélé une réduction globale du risque de cancer de la peau de 14 % chez les personnes prenant du nicotinamide (500 milligrammes deux fois par jour pendant plus de 30 jours).
  • L’effet protecteur était particulièrement marqué chez les patients ayant déjà eu un cancer de la peau, avec une diminution du risque de 54 %.
  • Bien que prometteurs, ces résultats nécessitent des confirmations par des essais cliniques randomisés et ne peuvent être généralisés à toutes les populations.

Le cancer de la peau est l’une des formes de cancer les plus fréquentes dans le monde, et les personnes à peau claire, fortement exposées au soleil, sont particulièrement vulnérables. Des recherches antérieures avaient déjà suggéré que le nicotinamide – une forme hydrosoluble de vitamine B3 – pouvait favoriser la réparation de l’ADN dans les cellules cutanées et ainsi limiter les dommages causés par les rayons ultraviolets.

L’étude récente, menée par des chercheurs américains, visait à évaluer l’efficacité de ce supplément vitaminique à grande échelle dans la prévention du cancer de la peau. Les chercheurs se sont également intéressés à la manière dont différents groupes de patients, notamment ceux ayant reçu une greffe d’organe, pouvaient réagir au traitement.

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L’étude en détail

Les chercheurs ont analysé les données de santé électroniques de la base de données américaine des anciens combattants, couvrant la période du 1er octobre 1999 au 31 décembre 2024. Au total, 33 822 patients ont été inclus dans l’étude : 12 287 avaient pris du nicotinamide, tandis que 21 479 ont servi de groupe témoin.

Pour garantir la validité des comparaisons, les deux groupes ont été appariés avec soin en fonction de divers facteurs tels que l’âge, le sexe, les antécédents de cancer de la peau, les traitements concomitants (par exemple, l’acitrétine) et les conditions médicales préexistantes. La date de début de l’étude a été fixée à la date de la première prescription de nicotinamide. L’évolution des patients a ensuite été analysée à l’aide de modèles de Cox stratifiés, une méthode statistique permettant de calculer le temps écoulé jusqu’au diagnostic d’un nouveau cancer de la peau.

La nicotinamide réduit le risque de cancer de la peau

Les résultats ont démontré que la nicotinamide réduisait globalement le risque de cancer de la peau de 14 %. L’effet était particulièrement prononcé chez les patients ayant déjà été diagnostiqués avec un cancer de la peau, où le risque a diminué de 54 %. Cependant, l’effet protecteur diminuait lorsque le nicotinamide était pris après plusieurs diagnostics de cancer de la peau.

La réduction du risque a concerné à la fois le carcinome basocellulaire (une forme courante et généralement moins agressive de cancer de la peau) et le carcinome épidermoïde (cSCC), ce dernier bénéficiant davantage de l’effet protecteur. L’étude a également inclus 1 334 receveurs de greffe d’organe. Bien qu’aucun effet protecteur significatif n’ait été observé dans ce groupe à haut risque, ceux qui avaient commencé à prendre du nicotinamide tôt présentaient également un risque plus faible de CSCc.

Ces résultats suggèrent que les bénéfices du nicotinamide sont plus importants aux premiers stades de la maladie.

Limites de l’étude et perspectives

Malgré la taille importante de l’étude et sa rigueur statistique, il est important de noter qu’il s’agit d’une étude observationnelle rétrospective, et non d’un essai clinique randomisé. Par conséquent, il n’est pas possible d’affirmer avec certitude que le nicotinamide est directement responsable de la réduction du risque de cancer de la peau.

De plus, les données proviennent principalement d’anciens combattants blancs plus âgés (âge moyen de 77 ans). Il est donc incertain si les résultats peuvent être généralisés aux femmes ou à d’autres groupes de population.

Les chercheurs n’ont pas pu contrôler la durée réelle de la prise de nicotinamide, l’observance du traitement ou le comportement des patients en matière de santé, se basant uniquement sur les données électroniques disponibles. Cela limite la portée des conclusions pour la population générale.

Des recherches antérieures confirment le potentiel de la vitamine B3

Avant cette étude américaine, d’autres recherches avaient déjà mis en évidence un mécanisme de protection cellulaire de la vitamine B3. Une étude présentée lors du 29e congrès de l’Académie européenne de dermatologie et de vénéréologie (EADV) a montré que le prétraitement des cellules cutanées de patients atteints d’un cancer de la peau (autre que le mélanome) avec du nicotinamide (25 μM) pendant 24 heures avant l’exposition aux rayons UV réduisait considérablement le stress oxydatif et les dommages à l’ADN. FITBOOK avait déjà rapporté ces résultats.

Précautions concernant le dosage

Malgré ces résultats encourageants, il est important de ne pas prendre de nicotinamide sans avis médical. Bien qu’il soit généralement considéré comme sûr aux doses recommandées, des quantités très élevées – en particulier de niacine, une autre forme de vitamine B3 – peuvent être dangereuses. En 2019, un homme a failli perdre la vue suite à une surdose massive de vitamine B3. Si vous envisagez de prendre de la vitamine B3 pour prévenir le cancer de la peau, il est essentiel de consulter un médecin pour déterminer le dosage approprié.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.