Publié le 15 octobre 2024 à 15h25. Le Parti populaire (PP) propose un durcissement des conditions d’accès à la nationalité espagnole, une initiative qui intervient au cœur d’un débat politique sur l’immigration et dans un contexte de montée des tensions liées à la présence étrangère.
- Le PP souhaite exiger un niveau de maîtrise de l’espagnol supérieur au niveau actuel et des examens de culture générale plus approfondis.
- En 2024, l’Espagne a accordé 221 805 nationalités, principalement à des ressortissants d’Amérique latine.
- L’obtention de la nationalité espagnole repose sur des critères de bonne conduite civique, d’intégration et de résidence légale.
Dans le cadre du débat national sur l’immigration, le Parti populaire a dévoilé des propositions visant à renforcer les critères d’accès à la nationalité espagnole. L’objectif affiché est de mieux contrôler les flux migratoires, une position qui contraste avec celle du gouvernement actuel, qui souligne l’importance de l’immigration pour la croissance économique du pays.
Selon les propositions du PP, les futurs candidats à la nationalité devraient démontrer un niveau d’espagnol plus élevé que celui actuellement requis et réussir un examen de culture générale sur l’Espagne plus rigoureux. Ces mesures s’inscrivent dans une volonté de garantir une intégration plus complète des nouveaux arrivants.
Les chiffres récents de l’Observatoire Permanent de l’Immigration, relevant du Ministère de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, révèlent une tendance à la hausse des naturalisations, malgré une légère baisse en 2024. Avec 221 805 nationalités accordées, le chiffre est en recul de 8,9 % par rapport à 2023, mais reste supérieur à celui de 2017 (25 924).
La majorité des personnes ayant obtenu la nationalité espagnole en 2024 sont originaires d’Amérique latine (136 210), suivies des personnes nées en Espagne après un an de résidence (32 572), des migrants d’autres pays résidant en Espagne depuis dix ans (29 169) et des conjoints d’Espagnols (20 185). Les nationalités les plus représentées sont vénézuélienne (33 021), marocaine (29 033) et colombienne (27 946). Seize des quinze pays comptant le plus grand nombre de naturalisations sont latino-américains, à l’exception du Maroc et de la Roumanie.
La législation espagnole établit plusieurs conditions pour l’acquisition de la nationalité par résidence. Outre une bonne conduite civique, attestée par un extrait de casier judiciaire, et une période de résidence légale et continue, les candidats doivent prouver leur intégration dans la société espagnole.
Les délais de résidence varient en fonction de la situation de chaque demandeur. Ils sont d’un an pour les personnes nées en Espagne, les conjoints d’Espagnols, les descendants d’Espagnols d’origine ou les veufs d’Espagnols, de deux ans pour les ressortissants des pays ibéro-américains, d’Andorre, des Philippines, de la Guinée équatoriale, du Portugal et les Séfarades, de cinq ans pour les réfugiés et de dix ans pour les autres nationalités.
Depuis 2015, l’intégration est évaluée à travers deux tests organisés par l’Institut Cervantes. Le premier vérifie le niveau de maîtrise de l’espagnol (A2 ou supérieur pour les non-natifs), tandis que le second évalue les connaissances sur la Constitution et la réalité sociale et culturelle espagnole. Ce dernier examen, composé de 25 questions à choix multiples, exige au moins quinze bonnes réponses. Des questions portant sur l’approbation de la Constitution, le patrimoine historique (comme les aqueducs romains) ou les numéros d’urgence sont posées. Plus d’un million de personnes ont passé ce test depuis sa création, avec un taux de réussite compris entre 95 et 96 %, selon l’Institut Cervantes.
Ces propositions interviennent dans un contexte de montée des discours anti-migrants, notamment de la part de partis d’extrême droite comme Vox, et de quelques incidents isolés de violence xénophobe en Espagne.
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