Publié le 16 octobre 2024 09h30. L’Argentine fait face à des prévisions économiques revues à la baisse par le FMI, tandis que la consommation intérieure continue de chuter, malgré un rebond des marchés financiers suite à des annonces de soutien américain.
- Le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour l’Argentine, anticipant une augmentation de l’inflation.
- La consommation de masse a enregistré une baisse significative en septembre, signalant des difficultés croissantes pour les ménages.
- Les marchés financiers ont réagi positivement aux promesses d’aide financière américaine, mais des incertitudes persistent quant à la conditionnalité de ce soutien.
Le Fonds monétaire international (FMI) a assombri ses perspectives pour l’économie argentine, prévoyant une croissance plus modérée et une inflation plus élevée que prévu initialement. Selon les dernières estimations, l’activité économique devrait augmenter de 4,5 % cette année (contre 5,5 % prévu en juillet). Parallèlement, l’inflation devrait atteindre 41,3 % (contre 35,9 % précédemment), et le taux de chômage devrait grimper à 7,5 % (contre 6,3 % anticipé). Ces révisions reflètent les défis persistants auxquels le pays est confronté pour stabiliser son économie.
La situation économique intérieure se dégrade également, comme en témoigne la chute continue de la consommation. Les données de l’enquête menée par Scanntech, qui analyse plus de 3 millions de tickets de caisse par mois, révèlent une baisse de 7,9 % de la consommation en septembre par rapport au mois précédent. Cette baisse s’élève à 6,3 % par rapport à septembre de l’année dernière. La tendance est observée tant dans les zones urbaines que dans les régions métropolitaines, avec une amplitude plus importante dans cette dernière.
Malgré ce contexte difficile, les marchés financiers ont affiché un certain optimisme. Les obligations souveraines en dollars et les actions argentines cotées à Wall Street ont progressé ce mercredi 15 octobre, après une journée de baisse la veille. Cette reprise fait suite aux déclarations des États-Unis, qui ont conditionné leur soutien financier à l’Argentine à une victoire du parti au pouvoir aux élections du 26 octobre. Les actions de Central Puerto ont enregistré la plus forte hausse (+8,3 %), suivies par Edenor (+7,3 %), Banco Supervielle (+4,2 %) et BBVA (+3,4 %). L’essor de Central Puerto est notamment lié à un contrat pour fournir de l’énergie au nouveau centre de données d’OpenAI en Patagonie, un projet ambitieux avec une capacité initiale de 100 MW, extensible jusqu’à 500 MW.
Les obligations en dollars ont rebondi jusqu’à 1,6 %, malgré un niveau de risque pays toujours supérieur à 1000 points de base. Sur le marché local, l’indice S&P Merval a progressé de 1,8 % à 1 918 215,22 points, tandis que le Merval en dollars a augmenté de 2,1 % à 1 304,07 points. Les mêmes actions – Central Puerto (+6,8 %), Edenor (+3,1 %) et Supervielle (+2,2 %) – ont tiré la croissance du marché.
Les déclarations du président américain Donald Trump, qui a conditionné l’aide économique à l’Argentine à une victoire de Javier Milei, ont suscité des réactions à Buenos Aires. La Casa Rosada a tenté de minimiser l’impact de ces propos, affirmant que Trump avait été mal compris et qu’il faisait en réalité référence aux élections présidentielles de 2027. Patricia Bullrich a également cherché à nuancer les propos de Trump, évoquant un « changement de philosophie ». Cependant, Trump a ensuite publié un message sur les réseaux sociaux confirmant qu’il faisait bien référence aux élections de « mi-mandat » et exprimant son soutien à Milei.
Par ailleurs, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a annoncé qu’il travaillait à un accord supplémentaire de 20 milliards de dollars avec le secteur privé pour soutenir l’Argentine, ce qui porterait l’aide totale à 40 milliards de dollars. Il a également précisé que le Trésor américain avait continué à acheter des pesos sur le marché argentin.
Enfin, les chiffres de la pauvreté révèlent la difficulté croissante pour les Argentins de couvrir leurs besoins essentiels. Selon l’Institut national des statistiques et des recensements, une famille type avait besoin de 1 176 852 pesos en septembre pour ne pas être considérée comme pauvre, tandis que le panier alimentaire de base, qui définit le seuil d’indigence, s’élevait à 527 736 pesos.
Des objections à ce « sauvetage historique » ont été soulevées, notamment par Barclays, qui met en garde contre le risque que cette intervention ne soit qu’une « astuce de campagne » si elle n’est pas soutenue dans le temps. Lire l’analyse complète.
Une autre source de préoccupation concerne la transparence dans la gestion des réserves d’or de la Banque centrale. Le président de l’Auditeur général de la nation (AGN) a dénoncé le refus de l’institution monétaire de fournir des informations sur la destination et la performance des 37 tonnes d’or envoyées à Londres il y a plus d’un an. Plus d’informations sur cette affaire.
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