Home SantéLe chef de l’ONUSIDA appelle à une solidarité mondiale continue pour mettre fin au sida-Xinhua

Le chef de l’ONUSIDA appelle à une solidarité mondiale continue pour mettre fin au sida-Xinhua

by Sophie Martin

Publié le 15 octobre 2025 à 19h55. Malgré des avancées significatives dans la lutte contre le VIH/sida, la directrice exécutive de l’ONUSIDA, Winnie Byanyima, met en garde contre un ralentissement des progrès lié à la diminution des financements internationaux et souligne la nécessité d’une solidarité mondiale continue pour atteindre l’objectif d’éradication de la maladie d’ici 2030.

  • Les nouvelles infections au VIH ont diminué de plus de 40 % à l’échelle mondiale depuis 2010, et les décès liés à la maladie de près de 60 %.
  • La réduction des financements internationaux représente un défi majeur pour les efforts de prévention et de contrôle du VIH/sida.
  • La Chine joue un rôle important en aidant les pays à faible revenu à renforcer leurs capacités de lutte contre le VIH.

La lutte mondiale contre le VIH/sida a connu des succès notables ces dernières décennies, mais ces acquis sont fragiles, a affirmé Winnie Byanyima lors du Sommet mondial de la santé 2025 qui s’est achevé mardi à Berlin. Selon elle, la solidarité internationale et un engagement durable sont indispensables pour consolider les progrès réalisés et mettre fin à l’épidémie.

« Pour une maladie qui ne dispose ni de remède, ni de vaccin, les chiffres sont encourageants », a souligné Mme Byanyima. « Les nouvelles infections au VIH ont chuté de plus de 40 % (plus de 40 %) à l’échelle mondiale depuis 2010, et les décès ont diminué de près de 60 % (presque 60 %). » Ces résultats sont le fruit d’une mobilisation collective, a-t-elle précisé, saluant la coopération entre les pays qui se sont unis pour soutenir les populations les plus vulnérables.

En 2023, près de 31 millions de personnes recevaient un traitement antirétroviral, et la couverture thérapeutique continue de s’étendre, selon l’ONUSIDA (Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida). « L’expérience nous a appris que c’est la solidarité qui permet au monde d’avancer dans la lutte contre le sida », a insisté Winnie Byanyima.

Cependant, la directrice de l’ONUSIDA a mis en garde contre un risque de stagnation, voire de recul, en raison de la diminution des financements internationaux. Elle a souligné que ces réductions posent de nouveaux défis aux programmes de prévention et de contrôle.

« Pour mettre fin au sida en tant que menace pour la santé publique d’ici 2030, nous devons rester unis et continuer à investir dans une prévention et un traitement efficaces. »

Winnie Byanyima, directrice exécutive de l’ONUSIDA

De nombreux pays sont en transition, passant d’une dépendance à l’aide internationale à un financement national de leurs programmes de santé. Dans ce contexte, la Chine est citée comme un partenaire important, contribuant au renforcement des capacités des pays à faible revenu grâce à la coopération Sud-Sud et au partage de connaissances. Pékin s’engage également à éliminer les obstacles structurels de l’économie mondiale qui entravent la capacité des pays africains à financer leurs propres systèmes de santé.

Winnie Byanyima a également insisté sur la nécessité de lutter contre les inégalités sociales qui alimentent les nouvelles infections. « En Afrique subsaharienne, les femmes et les filles restent disproportionnellement touchées par le VIH », a-t-elle déclaré, soulignant l’importance de maintenir les filles à l’école comme l’un des moyens les plus efficaces de les protéger contre le virus. « Lorsque les filles ont accès à l’éducation et aux services de santé, elles peuvent faire des choix éclairés et construire un avenir plus sûr et plus sain. »

Les avancées scientifiques récentes offrent de nouvelles perspectives dans la lutte contre le VIH/sida. Winnie Byanyima a notamment cité le Lénacapavir, un nouveau médicament de prévention du VIH, comme un potentiel tournant. Administré par injection tous les six mois, ce médicament s’avère très efficace pour prévenir l’infection et supprimer le virus.

« Les innovations en elles-mêmes ne font pas de différence. C’est lorsqu’elles sont accessibles à tous ceux qui en ont besoin qu’elles ont un véritable impact. »

Winnie Byanyima, directrice exécutive de l’ONUSIDA

La directrice de l’ONUSIDA a appelé les gouvernements, les entreprises et les organisations internationales à collaborer pour garantir l’accès universel à ces innovations vitales. Elle a également rappelé que les défis mondiaux, tels que les pandémies, nécessitent des solutions globales, et a plaidé pour la poursuite de la lutte contre la stigmatisation et la discrimination à l’égard des personnes vivant avec le VIH, l’élargissement de l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive, et la mise en place d’une éducation sexuelle complète dans les écoles.

« La lutte contre le sida est autant une question de valeurs que de médecine », a conclu Winnie Byanyima. « Ce n’est pas seulement un comprimé qui peut stopper les nouvelles infections, c’est aussi la façon dont les gens vivent et comment l’égalité se propage dans la société. »

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