Publié le 16 octobre 2024 à 06h07. La Cour suprême de Corée du Sud a annulé une décision de justice ordonnant au magnat Chey Tae-won de verser plus d’un milliard de dollars à son ex-épouse, rouvrant ainsi un divorce retentissant qui avait captivé le pays.
- La Cour suprême a invalidé le versement d’1 380 milliards de wons (environ 1 milliard de dollars ; 788 millions de livres sterling) à Roh So-young, l’ex-femme de Chey Tae-won.
- La décision est motivée par une remise en question de l’évaluation d’un fonds controversé lié au père de Roh So-young, l’ancien président Roh Tae-woo.
- L’action du groupe SK, dirigé par Chey Tae-won, a chuté suite à cette annonce, signe des incertitudes persistantes autour de ce divorce.
La saga judiciaire entre Chey Tae-won, à la tête du puissant conglomérat SK Group, et son ex-épouse Roh So-young, fille de l’ancien président Roh Tae-woo, a pris un nouveau tournant. En 2024, un tribunal de Séoul avait ordonné à M. Chey de verser une somme record de 1 380 milliards de wons (environ 1 milliard de dollars) à titre de règlement de divorce, une décision qualifiée de « divorce du siècle » par les médias locaux. Cette somme était justifiée en partie par la prise en compte d’une caisse noire de 30 milliards de wons constituée par le père de Mme Roh, estimée comme contribuant aux actifs du couple.
La Cour suprême a finalement estimé que cette caisse noire, dont l’origine est suspecte, ne pouvait être intégrée à l’actif commun. Selon la Cour, il s’agissait de fonds « qui semblaient provenir de pots-de-vin reçus illégalement » par l’ancien président Roh Tae-woo. L’avocat de M. Chey, Lee Jae-geun, a salué cette décision, déclarant :
« Je pense qu’il est très significatif que la Cour suprême ait clairement déclaré qu’il était erroné de reconnaître cela comme une contribution à la propriété commune du couple. »
Lee Jae-geun, avocat de Chey Tae-won
Bien que le versement principal ait été annulé, la Cour suprême a confirmé le maintien d’une pension alimentaire de 2 milliards de wons à destination de Mme Roh. La décision a immédiatement eu un impact sur les marchés financiers, avec une chute de 5,4% de l’action du groupe SK, reflétant les craintes d’une prolongation du conflit juridique. Néanmoins, les analystes ne prévoient pas de remaniement majeur au sein du groupe SK à court terme, M. Chey contrôlant toujours des filiales clés telles que SK Telecom, SK Square et SK Innovation. Le groupe SK est un acteur majeur dans les secteurs des télécommunications, de l’énergie, de la pharmacie et des semi-conducteurs.
Ce divorce, qui a débuté en 2015 après que M. Chey ait admis avoir eu un enfant avec une autre femme, continue donc de faire l’actualité en Corée du Sud, illustrant les enjeux financiers et sociaux liés aux divorces de personnalités influentes.
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