Publié le 16 octobre 2024 à 06h06. Le géant agroalimentaire Nestlé va supprimer 16 000 postes dans le monde, soit près de 6% de ses effectifs, dans le cadre d’un plan de restructuration visant à réduire ses coûts et à rassurer les investisseurs, a annoncé son nouveau PDG, Philipp Navratil.
- Nestlé prévoit de supprimer 12 000 postes administratifs sur les deux prochaines années, ainsi que 4 000 autres dans la production et la chaîne d’approvisionnement.
- L’entreprise a relevé son objectif d’économies à 3 milliards de francs suisses (3,77 milliards de dollars américains) d’ici à fin 2027.
- Malgré ces mesures, Nestlé maintient ses prévisions de croissance pour 2025.
L’annonce intervient après une période de turbulences internes chez Nestlé, marquée par le remplacement rapide de plusieurs dirigeants. Philipp Navratil a pris les rênes de l’entreprise en septembre, succédant à Laurent Freixe, limogé suite à une relation personnelle avec une subordonnée. Paul Bulcke, président de l’entreprise, a ensuite démissionné, laissant sa place à Pablo Isla, ancien dirigeant d’Inditex.
Selon M. Navratil, cette restructuration est essentielle pour adapter Nestlé à un environnement en mutation.
« Le monde change et Nestlé doit changer plus rapidement. »
Philipp Navratil, PDG de Nestlé
L’entreprise est confrontée à plusieurs défis, notamment les droits de douane américains sur les importations, la stagnation de la croissance des ventes et l’évolution des habitudes alimentaires des consommateurs, de plus en plus soucieux de leur santé.
Les résultats du troisième trimestre ont apporté un signal positif, avec une croissance organique des ventes de 4,3%, supérieure aux attentes des analystes (3,7%). La croissance interne réelle (RIG), une mesure des volumes de ventes, a progressé de 1,5%, dépassant également les prévisions (0,3%). Cette performance pourrait donner un peu de marge de manœuvre à M. Navratil pour mettre en œuvre sa stratégie.
Nestlé examine également la possibilité de rationaliser ses activités dans les domaines de l’eau, des boissons haut de gamme, des vitamines et des compléments alimentaires, qui affichent une croissance faible et des marges réduites. L’entreprise précise que ses prévisions pour 2025 restent inchangées, avec une croissance organique des ventes en amélioration par rapport à 2024 et une marge bénéficiaire d’exploitation commerciale sous-jacente d’au moins 16%, voire 17% à moyen terme.
Les droits de douane américains, qui ont augmenté de 39% sur les produits suisses en août, sont intégrés dans ces prévisions. Nestlé s’attend à réaliser la majeure partie des 3 milliards de francs suisses d’économies de coûts en 2026-2027, avec 700 millions de francs suisses d’économies prévues pour l’ensemble de 2025.
La directrice financière, Anna Manz, a souligné que l’entreprise avait trop mis l’accent sur la distribution en Chine, au détriment de la demande des consommateurs.
« Ce que vous voyez en Chine, c’est que nous corrigeons cela et que nous consolidons notre distribution et la rendons plus efficace, tout en développant cette demande des consommateurs. »
Anna Manz, directrice financière de Nestlé
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