Home DivertissementCritique de Frankenstein de Netflix : un conte classique avec le style caractéristique de Del Toro

Critique de Frankenstein de Netflix : un conte classique avec le style caractéristique de Del Toro

by Antoine Girard

Publié le 16 octobre 2025 à 13h30. Guillermo del Toro livre sa vision sombre et personnelle de Frankenstein, explorant les thèmes de la création, de l’abandon et de la quête d’identité à travers un récit visuellement époustouflant et émotionnellement poignant.

  • Le film se concentre sur la relation complexe entre Victor Frankenstein et sa créature, mettant en lumière les conséquences de l’ambition scientifique démesurée.
  • Oscar Isaac incarne un Victor Frankenstein obsédé par la maîtrise de la mort, tandis que Jacob Elordi donne vie à une créature à la fois terrifiante et profondément touchante.
  • L’esthétique visuelle du film, caractéristique de l’univers de Del Toro, est riche en détails et en symbolisme, créant une atmosphère gothique et envoûtante.

Guillermo del Toro nourrit un intérêt de longue date pour le roman de Mary Shelley. Il a souvent décrit Frankenstein comme « le livre pour adolescents par excellence », et sa maison de Los Angeles est remplie de représentations de la créature issues de diverses adaptations cinématographiques et théâtrales. Le réalisateur a longtemps rêvé d’adapter lui-même cette œuvre emblématique.

« Je rêve de pouvoir réaliser le meilleur Frankenstein jamais, mais si vous y parvenez, vous y êtes parvenus, » déclarait-il il y a dix ans. « Que ce soit génial ou non, c’est chose faite. On ne peut plus en rêver. »

L’approche de Del Toro ne se limite pas à une simple réinvention du mythe classique. Il explore l’histoire à travers le prisme de ses préoccupations artistiques constantes : la beauté dans l’obscurité, la corruption de l’innocence et le conflit inévitable entre un parent et son enfant. Il infuse le film de son style unique et de son souci du détail, transformant un récit vieux de deux siècles en une œuvre profondément personnelle.

L’histoire suit Victor Frankenstein (Oscar Isaac), un scientifique égocentrique et obsédé par l’idée de vaincre la mort. Il présente ses découvertes à des médecins et des scientifiques, mais ses démonstrations, impliquant notamment un torse en lambeaux brièvement ramené à la vie, suscitent l’horreur et le dégoût. Victor trouve finalement un mécène en la personne d’Harlander (Christoph Waltz), un riche marchand d’armes qui finance ses recherches sur la réanimation.

Le film accorde une attention particulière aux détails de la création de la créature, ancrant ainsi l’histoire fantastique dans une réalité tangible. La créature est exceptionnellement grande, car Victor a estimé qu’il serait plus facile de travailler sur des parties du corps plus volumineuses. Le processus de création, méticuleusement reconstitué, rend la résurrection de la créature (interprétée par Jacob Elordi) d’autant plus miraculeuse.

Dès que la créature ouvre les yeux, la situation bascule. Victor, qui n’avait pas envisagé les conséquences de son acte, la maintient enchaînée dans un sous-sol, malgré quelques moments de tendresse paternelle. La créature, dotée d’une force surhumaine et de capacités de guérison (évoquant Wolverine), développe lentement sa conscience. Son premier mot est « Victor », ce qui exaspère le scientifique et le conduit à regretter sa création, tentant même de la détruire en faisant exploser son laboratoire.

Cet événement tragique propulse la créature dans un monde hostile. L’histoire prend alors une nouvelle perspective, celle de la créature, qui, malgré sa nature douce, est rejetée par tous en raison de son apparence terrifiante. Seule Elizabeth (Mia Goth), la belle-sœur de Victor, la considère comme un être humain. Incapable de trouver la paix par la mort en raison de ses pouvoirs de guérison, la créature finit par traquer Victor pour se venger.

Le film explore avec force le thème parental, dépeignant Victor comme un père indigne, préoccupé uniquement par la validation de son travail et incapable de prendre soin de sa création. La relation entre Victor et sa créature, complexe et déchirante, culmine dans une scène finale étonnamment émouvante.

Chaque aspect du film, de l’interprétation charismatique d’Oscar Isaac à la transformation physique impressionnante de Jacob Elordi, en passant par la scénographie somptueuse et les costumes élaborés, contribue à renforcer ce thème central. Image : Netflix

Frankenstein sortira dans certains cinémas le 17 octobre et sera disponible en streaming sur Netflix le 7 novembre.

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