L’or et l’argent continuent sur leur lancée, atteignant de nouveaux sommets ce matin, tandis que le pétrole flanche face à une augmentation des stocks américains. Ces mouvements reflètent des inquiétudes persistantes concernant la santé de l’économie mondiale et les tensions géopolitiques.
Les prix au comptant de l’or ont grimpé jusqu’à 4 379,93 $ l’once (USD), et ceux de l’argent à 54,4 $ l’once, dépassant les records établis la veille. Ce rallye est alimenté par des doutes croissants sur la solidité du crédit économique, des anticipations de nouvelles baisses de taux d’intérêt aux États-Unis et l’escalade des tensions commerciales entre Washington et Pékin. Récemment, deux banques régionales américaines ont révélé des problèmes liés à des fraudes présumées, ce qui a exacerbé les craintes d’un resserrement du crédit et stimulé la demande d’actifs refuges.
Les marchés parient désormais massivement sur une baisse significative des taux d’intérêt américains d’ici la fin de l’année. Le président de la Réserve fédérale (Fed), Jerome Powell, a d’ailleurs laissé entendre qu’une nouvelle réduction de 0,25 point de pourcentage pourrait intervenir ce mois-ci. La fermeture temporaire du gouvernement américain a retardé la publication de données économiques cruciales, mais les investisseurs anticipent que leur publication pourrait révéler des signes de faiblesse, justifiant ainsi de nouvelles baisses de taux.
Depuis le début de l’année, l’or et l’argent sont parmi les matières premières les plus performantes, avec des gains de plus de 65 % et 80 % respectivement. Cette progression est soutenue par les achats des banques centrales, les importants afflux d’investissements dans les fonds négociés en bourse (ETF), et la recherche accrue d’actifs refuges dans un contexte géopolitique incertain et de questionnements sur l’indépendance de la Fed.
Du côté de l’énergie, le prix du pétrole est en baisse. Le West Texas Intermediate (WTI) a atteint ce matin son plus bas niveau depuis mai, suite à la publication d’un rapport indiquant une hausse des stocks de pétrole aux États-Unis. Cette baisse est également influencée par les perspectives d’une rencontre entre le président américain Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine pour discuter d’une résolution du conflit en Ukraine, ce qui a apaisé les craintes concernant de nouvelles perturbations de l’approvisionnement énergétique russe.
Les données de l’Energy Information Administration (EIA) révèlent une augmentation des stocks de pétrole brut de 3,5 millions de barils la semaine dernière, atteignant un total de 423,8 millions de barils – le niveau le plus élevé depuis début septembre, mais 4 % en dessous de la moyenne des cinq dernières années. La production a augmenté, tandis que l’utilisation des raffineries a diminué. Les stocks à Cushing, Oklahoma, ont quant à eux diminué de 703 000 barils pour la troisième semaine consécutive, atteignant 22 millions de barils, le niveau le plus bas depuis mi-juillet. Les importations de pétrole brut ont baissé de 878 000 barils par jour (b/j) à 5,5 millions de b/j, tandis que les exportations ont augmenté de 876 000 b/j à 4,5 millions de b/j.
Concernant les produits raffinés, les stocks d’essence ont légèrement diminué de 267 000 barils, tandis que les stocks de distillats ont chuté de manière plus significative, de 4,5 millions de barils. L’utilisation des raffineries a diminué de 6,7 points de pourcentage, à 85,7 %.
Les stocks de produits raffinés à Singapour ont également augmenté, de 3,14 millions de barils, atteignant 48,4 millions de barils – le niveau le plus élevé depuis le 17 septembre 2025. En Europe, dans la région ARA (Amsterdam-Rotterdam-Anvers), les stocks ont progressé de 56 000 tonnes, atteignant 6,03 millions de tonnes pour la semaine se terminant le 16 octobre 2025.
Enfin, les prix du gaz naturel aux États-Unis ont atteint leur plus bas niveau en trois semaines, les contrats à terme Henry Hub tombant à 2,9 $/MMBtu. Cette baisse est due à la poursuite des injections de gaz en stockage, qui compensent les prévisions d’un temps plus froid dans la moitié est du pays à la fin octobre. Les stocks de gaz américains ont augmenté de 80 milliards de pieds cubes la semaine dernière, conformément aux attentes du marché. Les stocks totaux s’élèvent à 3 721 milliards de pieds cubes, soit 4,3 % au-dessus de la moyenne des cinq dernières années, ce qui laisse présager un excédent pour le début de l’hiver prochain.