Home AffairesLes Long Islandais dont l’assurance maladie augmente sont au cœur du débat sur la fermeture

Les Long Islandais dont l’assurance maladie augmente sont au cœur du débat sur la fermeture

by Amélie Bernard

Publié le 18 octobre 2025 20:50:00. La fermeture partielle du gouvernement fédéral américain est en grande partie due à un désaccord sur le financement des aides à l’assurance maladie, menaçant de faire grimper les coûts pour des millions de personnes, dont près de 100 000 habitants de Long Island.

  • Les Républicains souhaitent dissocier le renouvellement des subventions de l’Affordable Care Act (ACA), également connue sous le nom d’Obamacare, du maintien du gouvernement en activité.
  • Les Démocrates refusent de voter pour un projet de loi budgétaire sans la pérennisation des aides financières et l’annulation des réductions de Medicaid.
  • Plusieurs habitants de Long Island témoignent de l’impact potentiel d’une fin des subventions sur leur accès aux soins de santé.

La confrontation politique à Washington met en péril l’accès à l’assurance maladie pour des millions d’Américains bénéficiant actuellement de subventions plus importantes mises en place en 2021. Ces aides, qui doivent expirer le 31 décembre, concernent notamment les travailleurs indépendants, les entrepreneurs, les travailleurs à la demande et les employés d’entreprises ne proposant pas de couverture santé.

Les Républicains estiment que la question de l’extension de ces aides doit être traitée séparément de la nécessité de maintenir le gouvernement opérationnel. Ils soulignent le coût total de ces subventions, estimé à 335 milliards de dollars sur dix ans, selon les projections du Bureau du budget du Congrès (CBO), un organisme non partisan.

Les Démocrates, de leur côté, bloquent le vote du projet de loi de financement du gouvernement tant que les aides financières ne sont pas pérennisées et que les réductions de Medicaid ne sont pas annulées. Ils insistent sur le rôle crucial de ces subventions pour permettre aux personnes à revenus modestes, qui dépassent les seuils d’éligibilité à Medicaid, de bénéficier d’une assurance maladie.

Newsday a recueilli les témoignages de trois habitants de Long Island qui pourraient voir leurs primes d’assurance augmenter considérablement si les subventions améliorées ne sont pas prolongées.

Krystal Wolfe

Krystal Wolfe passerait de ne rien payer en primes à...

Krystal Wolfe passerait de rien à payer en primes à des centaines de dollars par mois. Crédit : Howard Simmons

Krystal Wolfe, 36 ans, de Seaford, gagne moins de 40 000 dollars par an en tant que tutrice et vendeuse. Elle craint de devoir renoncer à son assurance si les subventions améliorées de l’ACA venaient à disparaître, passant de zéro prime mensuelle à potentiellement plusieurs centaines de dollars.

« Je vais devoir abandonner mon assurance », même si j’ai besoin d’un traitement pour une maladie auto-immune. Je ne peux pas me permettre de le payer. Je vis actuellement d’un chèque de paie à l’autre avec ce revenu tel qu’il est. Cet argent ne viendrait de nulle part. »

Krystal Wolfe, tutrice et vendeuse

Actuellement bénéficiaire du plan Essential de l’État, qui offre une assurance sans prime aux personnes à faibles revenus dépassant les seuils d’éligibilité à Medicaid, Mme Wolfe pourrait voir cette option disparaître. L’État a annoncé qu’à partir du 1er juillet 2026, il ne pourra plus proposer de primes nulles aux personnes gagnant entre 200 % et 250 % du seuil de pauvreté fédéral (soit jusqu’à 39 125 dollars pour une personne seule). Mme Wolfe se situe à la limite supérieure de cette fourchette.

Elle pourrait toujours bénéficier de crédits d’impôt dans le cadre de l’ACA, mais ceux-ci seraient considérablement réduits sans les subventions améliorées, estimées à environ 100 dollars par mois. Elle envisage de demander de l’aide à sa mère et à ses grands-parents, avec qui elle vit, pour réduire sa contribution aux charges.

Selon un calculateur en ligne de l’organisation KFF, une personne à Seaford gagnant 250 % du seuil de pauvreté paierait en moyenne 126 dollars par mois avec les subventions actuelles, contre 778 dollars sans elles pour un plan intermédiaire. Même sans les subventions améliorées, Mme Wolfe paierait moins que le coût du marché, mais ses primes augmenteraient significativement.

Atteinte de thyroïdite de Hashimoto, elle doit prendre quotidiennement un médicament pour la thyroïde et consulter un médecin deux fois par an pour des analyses sanguines. Sans traitement, son système immunitaire serait perturbé.

« Sans subventions suffisantes, je ne sais pas comment je pourrais me passer d’une assurance maladie, et je ne sais pas comment je pourrais me le permettre », a-t-elle déclaré.

Chris Rinaman

Chris Rinaman paie actuellement environ 350 $ par mois via le...

Chris Rinaman paie actuellement environ 350 $ par mois sur le marché de l’ACA, mais il paierait 600 $ sans les subventions améliorées. Crédit : Debbie Egan-Chin

Chris Rinaman, 51 ans, trombone freelance travaillant sur des mariages, des concerts et des spectacles de Broadway, paie actuellement environ 350 dollars par mois pour une assurance maladie partiellement subventionnée via le marché de l’ACA. Sans les subventions, son coût mensuel s’élèverait à environ 600 dollars, selon ses estimations.

« L’imprévisibilité est très angoissante. Cela rend difficile la planification. »

Chris Rinaman, musicien freelance

M. Rinaman suit de près les discussions à Washington concernant la pérennisation des subventions de l’ACA. Il doit chaque année estimer ses revenus fluctuants et peut parfois être amené à rembourser une partie de ses subventions si ses revenus sont plus élevés que prévu.

Il a étudié les options non subventionnées et non ACA, mais elles sont beaucoup trop chères (environ 650 dollars par mois).

M. Rinaman estime que le crédit d’impôt l’aide à faire face au coût de la vie élevé à Long Island. « Surtout à New York, cela aide simplement à survivre », a-t-il déclaré.

Il bénéficie d’une assurance via l’ACA depuis 2014 et se souvient que ses primes ont considérablement diminué après l’augmentation des subventions en 2021. Il craint une forte augmentation des primes si les subventions améliorées ne sont pas prolongées. « Je devrais réduire mes dépenses. Je ne sais pas sur quoi. Ça doit venir de quelque part », a-t-il déclaré.

Linda McIver

Linda McIver paie environ 120 $ par mois pour son assurance maladie.

Linda McIver paie environ 120 $ par mois pour son assurance maladie. Crédit : Debbie Egan-Chin

Linda McIver, 63 ans, femme de ménage atteinte de fibromyalgie et de polyarthrite rhumatoïde, souligne l’importance des subventions améliorées de l’ACA pour maintenir son budget.

« Parler de réduire les subventions me rend nerveux. Cela changerait radicalement mes finances. »

Linda McIver, femme de ménage

Mme McIver, ancienne habitante de Hempstead Town, vit désormais à Spring Hill, en Floride, et paie 120 dollars par mois pour son assurance, une couverture qu’elle juge « assez bonne ». Une assurance similaire coûterait environ 500 dollars par mois en dehors du marché de l’ACA. Si elle devait payer ce montant, « je ne pourrais pas me permettre une assurance maladie », a-t-elle déclaré, gagnant environ 50 000 dollars par an.

Elle estime qu’une assurance est indispensable en raison de son état de santé. « Si j’étais hospitalisée ou si j’avais un accident de voiture, je ne sais pas comment je pourrais payer la facture », a-t-elle ajouté.

Bien qu’elle se considère comme Républicaine, elle critique la résistance des Républicains à l’extension des subventions. Un membre de sa famille, selon elle, lui a affirmé qu’elle ne pensait pas que le gouvernement devrait l’aider à payer son assurance maladie. Elle estime que le coût de l’assurance devrait être basé sur le revenu. « Je ne devrais pas payer le même prix pour l’assurance maladie que quelqu’un qui gagne le double de mon salaire », a-t-elle conclu.

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