Publié le 2024-02-29 10:35:00. Une position prolongée sur les toilettes, au-delà de dix minutes, peut favoriser l’apparition de problèmes hémorroïdaires. Un coloproctologue explique comment adapter ses habitudes pour prévenir ces troubles fréquents.
- Rester assis trop longtemps sur les toilettes affaiblit les tissus de soutien des hémorroïdes, pouvant entraîner douleur et saignement.
- L’idéal est d’aller aux toilettes uniquement lorsque l’envie se fait ressentie et d’évacuer en quelques minutes, sans distractions.
- Le diagnostic des hémorroïdes se fait par examen clinique, et le traitement varie de simples changements d’habitudes à une intervention chirurgicale.
L’effort prolongé lors de la défécation peut avoir des conséquences physiologiques sur la région anale. Selon un coloproctologue, une position assise trop longue sur les toilettes – plus de dix minutes – augmente considérablement la pression et l’effort d’évacuation. « Imaginez passer dix minutes dans cette position continue au fil des années. Cela provoque une chute forcée des muqueuses, qui sont les tissus qui soutiennent les hémorroïdes, et elles descendent, provoquant dilatation, douleur et saignement », explique le spécialiste.
Pour éviter ces désagréments, il est recommandé d’adopter une approche plus rapide et ciblée. « Il faut ressentir le besoin d’évacuer et d’entrer dans la salle de bain sans rien, ni téléphone portable, ni magazine, ni livre. L’idéal est d’évacuer en trois à cinq minutes. Ce n’est pas une règle absolue, car tous les intestins ne fonctionnent pas de la même manière, mais c’est considéré comme un moment sûr. Si vous ne parvenez pas à évacuer, levez-vous et partez », conseille le spécialiste.
Le diagnostic d’une maladie hémorroïdaire est posé par un coloproctologue lors d’un examen physique comprenant une évaluation externe de l’anus et un toucher rectal. Dans certains cas, notamment chez les patients de plus de 45 ans ou ayant des antécédents familiaux de cancer colorectal, une coloscopie peut être envisagée pour écarter d’autres pathologies.
Les hémorroïdes internes sont classées en quatre stades de gravité. « En 1re année, il n’y a que des saignements ; en 2e année, elles sortent lors de l’évacuation et reviennent seules ; en 3e année, elles sortent et il faut les repousser avec le doigt ; et en 4e année, elles restent dehors tout le temps », détaille le spécialiste. Les hémorroïdes externes, situées autour de l’anus, peuvent parfois former un thrombose hémorroïdaire, une masse douloureuse qui disparaît généralement d’elle-même.
Il est important de souligner que les hémorroïdes ne sont pas un facteur de risque de cancer. Cependant, elles peuvent entraîner des complications affectant la qualité de vie. « Les hémorroïdes ne provoquent rien de plus grave, elles ne se transforment pas en cancer et ne provoquent pas d’autres maladies. Mais si elles se développent beaucoup et provoquent des saignements abondants, elles peuvent conduire à l’anémie ; s’il y a des sécrétions, elles peuvent irriter la région anale et rendre l’hygiène difficile », précise le coloproctologue.
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