Mis à jour le 24 septembre 2025. Des recherches récentes mettent en lumière la relation complexe entre l’allaitement maternel et la protection contre le cancer du sein, en particulier la forme triple négative, tout en soulignant que cette protection n’est pas absolue et peut même être paradoxale.
- L’allaitement de plus de six mois est associé à un effet protecteur, avec un bénéfice maximal après 12 mois.
- La grossesse tardive (après 40 ans) pourrait augmenter le risque de cancer du sein, et l’efficacité du système immunitaire peut varier.
- Comprendre le rôle du système immunitaire pourrait ouvrir la voie à de nouveaux vaccins préventifs contre le cancer du sein triple négatif.
L’impact de l’allaitement sur la protection contre le cancer du sein est un sujet de recherche en constante évolution. Selon le Dr Loi, « un peu de temps vaut mieux que rien », mais les études démontrent que les effets protecteurs significatifs se manifestent après six mois d’allaitement. Les organisations de santé à travers le monde recommandent un allaitement d’au moins 12 mois pour maximiser ces bénéfices, notamment en ce qui concerne le cancer du sein triple négatif, une forme particulièrement agressive.
L’oncologue Debora Gagliato, membre du comité scientifique de l’Instituto Vencer o Câncer, explique que cette relation est loin d’être simple. « Cela peut impliquer des problèmes immunologiques, en particulier dans les tumeurs très prolifératives, telles que les triples négatifs, et il y a un changement hormonal très soudain après qu’une femme a un enfant », a-t-elle déclaré à VivaBem. Elle souligne que le système immunitaire joue un rôle crucial, mais que son efficacité peut varier d’une femme à l’autre.
Il existe même un paradoxe : une grossesse tardive, c’est-à-dire après l’âge de 40 ans, pourrait en réalité augmenter le risque de développer un cancer du sein. De plus, certaines cellules du système immunitaire peuvent devenir moins efficaces avec l’âge, réduisant leur capacité à contrôler la croissance des cellules tumorales. Le cancer peut également apparaître pendant la grossesse ou dans les mois qui suivent l’accouchement, et dans ces cas, il tend à être plus agressif. Pendant la grossesse, le système immunitaire est naturellement moins actif pour éviter de rejeter le fœtus, ce qui peut permettre à une tumeur de proliférer sans être détectée.
L’étude publiée récemment ouvre des perspectives prometteuses en matière de prévention. En approfondissant notre compréhension du potentiel du système immunitaire, il pourrait être possible de développer des stratégies de protection pour les femmes, qu’elles aient eu ou non des enfants. « Nous disposons d’une recherche très puissante et robuste dans le développement de vaccins préventifs contre le cancer du sein, en particulier contre le triple négatif, qui est davantage associé au système immunitaire », précise Debora Gagliato, qui travaille également chez BP – A Beneficência Portuguesa de São Paulo.