Publié le 20 octobre 2023. Le cancer colorectal, l’un des cancers les plus mortels en Italie, nécessite une amélioration urgente du dépistage préventif, selon le nouveau président de la Société italienne d’endoscopie digestive (SIED). Une campagne de sensibilisation ambitieuse est prévue pour les trois prochaines années.
- Chaque 25 minutes, une personne décède d’un cancer colorectal en Italie.
- Le taux de participation au dépistage est particulièrement faible, avec de fortes disparités entre le nord et le sud du pays.
- La SIED s’engage à promouvoir la prévention et le diagnostic précoce, en ciblant notamment les jeunes générations.
Le cancer colorectal (CCR) représente une cause majeure de décès par cancer en Italie et en Europe. Il est la deuxième cause de décès par cancer chez les femmes (après le cancer du sein) et la troisième chez les hommes (après le cancer du poumon et de la prostate). Environ 500 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année en Europe, dont 50 000 en Italie. Malheureusement, près de 46 % des patients italiens atteints de CCR décèdent de la maladie, soit environ 23 000 décès par an.
« Le CCR est ce qu’on appelle un ‘grand tueur’, une cause importante de décès par maladie », a souligné le professeur Giuseppe Galloro, nouveau président de la SIED et titulaire de chirurgie générale à l’Université Federico II de Naples. Il a précisé que le dépistage, notamment par coloscopie, est crucial car un diagnostic précoce peut réduire la mortalité de 36 à 58 %, selon diverses études menées à travers le monde.
Cependant, le système de dépistage italien est actuellement marqué par des inégalités. Les régions du nord affichent un taux d’efficacité de 97 %, suivies par le centre avec 93 %, tandis que les régions du sud ne parviennent qu’à un taux de 45 %. La participation de la population au dépistage est également préoccupante : 46 % au Nord (à l’exception de la Vénétie et de la Vallée d’Aoste qui dépassent les 60 %), 30 % au Centre (avec le Latium en dessous de 20 %) et seulement 20 % au Sud (avec la Sicile et la Calabre en dessous de ce seuil).
« Ces chiffres témoignent d’une réalité grave : même si l’organisation est en place, la sensibilisation des citoyens italiens au dépistage ne l’est pas, et les conséquences en termes de mortalité sont dramatiques. »
Giuseppe Galloro, président de la SIED
Pour remédier à cette situation, la SIED entend lancer une vaste campagne de sensibilisation visant à changer la culture de la prévention, en commençant par les jeunes générations qui pourraient à leur tour sensibiliser leurs parents. La SIED, qui est la société scientifique européenne fournissant le plus grand nombre de membres et de contributions scientifiques à la Société Européenne d’Endoscopie Digestive, souhaite ainsi devenir un moteur de changement.
Les orientations de la SIED seront présentées à Palerme du 22 au 24 octobre lors du cours annuel de la société, dédié cette année à l’endoscopie opératoire et à l’importance des réseaux. Cet événement réunira des experts de renommée internationale, tels que le professeur Yutaka Saito de l’Hôpital Centre National du Cancer de Tokyo, spécialiste des techniques de diagnostic avancées et des résections de tumeurs colorectales précoces.
Par ailleurs, la SIED s’engage à renforcer les collaborations scientifiques et technologiques avec des centres d’excellence mondiale et à promouvoir l’utilisation de nouvelles technologies dans les techniques endoscopiques et les interventions chirurgicales. Le professeur Galloro a souligné que l’Italie dispose déjà d’un nombre important de centres publics bien équipés et dotés de personnel hautement qualifié, capables d’offrir des techniques de pointe pour le diagnostic et le traitement curatif des tumeurs précoces du tube digestif.