Home AffairesLes fléchettes d’Arauco pour obtenir des permis au Chili : “En 10 ans, le Brésil a réalisé 5 mégaprojets de pâte à papier” | Économie

Les fléchettes d’Arauco pour obtenir des permis au Chili : “En 10 ans, le Brésil a réalisé 5 mégaprojets de pâte à papier” | Économie

by Amélie Bernard

Publié le 21 octobre 2025 19:22:00. Arauco critique la lenteur des procédures d’approbation des investissements au Chili, pointant du doigt un contraste frappant avec la rapidité observée au Brésil, où plusieurs mégaprojets ont vu le jour en dix ans.

  • Arauco dénonce des délais d’approbation excessivement longs pour ses projets au Chili, notamment pour le projet Mapa.
  • L’entreprise souligne la compétitivité accrue du Brésil en matière d’approbation de projets d’investissement, illustrée par la réalisation de cinq usines de pâte à papier en dix ans.
  • Arauco met en avant la perte de compétitivité de la logistique chilienne et les conséquences des incendies de forêt sur l’industrie.

Le processus d’approbation des grands projets d’investissement au Chili est devenu un sujet de préoccupation majeur pour Arauco, l’un des principaux acteurs de l’industrie forestière. Iván Chamorro Lange, vice-président de l’activité Foresterie et Pâte d’Arauco, a exprimé son inquiétude face à la « permissologie », terme désignant les lourdeurs administratives et les délais excessifs rencontrés par les entreprises.

Lors de la Réunion d’Affaires Régionale (Erede) 2025, organisée par Irade dans la région de Bío Bío, M. Chamorro a souligné le contraste avec le Brésil, où cinq mégaprojets de pâte à papier ont été approuvés et réalisés au cours de la même période que celle nécessaire à l’approbation du seul projet Mapa au Chili. Il a précisé que Mapa, bien qu’étant la plus grande usine et l’investissement le plus important d’Arauco au Chili, est éclipsé par l’ampleur du projet Sucuriú.

Le projet Sucuriú, future première usine de pâte à papier d’Arauco au Brésil, représente un investissement de 4,6 milliards de dollars américains (contre 3 milliards de dollars pour Mapa) et sera construite dans l’État de Mato Grosso do Sul. Cristian Infante, PDG d’Arauco, avait déjà souligné lors de la cérémonie de pose de la première pierre que, malgré des exigences techniques et environnementales élevées, les autorités brésiliennes se caractérisent par une attitude de coopération visant à faciliter la concrétisation des projets. Cérémonie de pose de la première pierre du projet Sucuriú.

M. Chamorro a insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas pour Arauco de quitter le Chili, mais de rechercher les meilleures conditions de compétitivité. Il a déclaré :

« Il ne s’agit pas de quitter le Chili, mais de chercher des moyens d’être compétitifs. Nous sommes dans la globalité. Nous devons trouver les meilleures conditions (…) l’usine que nous construisons à Sucuriú a une capacité de 3,5 millions de tonnes. Mapa représente 1,5 million de tonnes. »

Iván Chamorro Lange, vice-président de l’activité Foresterie et Pâte d’Arauco

Au-delà des délais d’approbation, Arauco pointe également du doigt la perte de compétitivité de la logistique chilienne. Selon M. Chamorro, les camions chiliens ont une capacité de charge limitée à 45 tonnes (camion compris), contre 60 à 75 tonnes dans les pays voisins. Les incendies de forêt récents ont également eu un impact négatif sur la compétitivité du pays.

L’entreprise est également confrontée à des difficultés avec le projet éolien « Viento Sur », d’un coût d’environ 300 millions de dollars américains et comprenant 43 éoliennes dans la zone côtière de la commune d’Arauco. Après six ans de procédures et l’obtention de la résolution d’évaluation environnementale, le projet est désormais devant les tribunaux. M. Chamorro a exprimé sa frustration face à cette situation :

« Il est impossible que tous les projets au Chili aboutissent à la justice. C’est totalement insensé. Nous devons avoir confiance que le ministère de l’Environnement fait son travail (…) C’est ce qui est arrivé à Mapa, après cinq ans de phase judiciaire. »

Iván Chamorro Lange, vice-président de l’activité Foresterie et Pâte d’Arauco

Enfin, Arauco plaide pour une promotion de l’industrie forestière, en particulier des petits propriétaires fonciers, et souligne la nécessité d’augmenter la masse forestière du pays. L’entreprise a perdu 300 000 hectares de forêts au cours des cinq dernières années, ce qui a entraîné la fermeture de deux scieries et de deux usines de pâte à papier dans la région de Maule.

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